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20/02/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (16)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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Si ce point-là est très clair, on commence alors à se demander s'il existe un autre instrument qui soit capable d'affranchir l'esprit de tous les problèmes,

de sorte qu'il puisse les affronter.

Vous saisissez la différence ?


Seul un cerveau libre et exempt de problèmes, peut faire face aux problèmes et les résoudre immédiatement.

Mais un cerveau qui est entraîné à les résoudre sera toujours en conflit.

D'où la question suivante : comment est-il possible de s'affranchir de tout conflit, alors que l'instrument responsable de nos problèmes, c'est précisément la pensée,

ainsi que nous l'avons dit ?

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17/02/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (15)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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Mais l'observation de cette crise, et cette crise elle-même,

qui sévit dans votre esprit, votre coeur et votre conscience, sont une source perpétuelle de conflits,

car jamais nous ne parvenons à résoudre complètement le moindre problème sans en voir surgir de nouveaux.

Regardez donc ce qui nous échoit : une cascade de problèmes, de crises, d'incertitudes.

Le cerveau, l'esprit, peut-il jamais être libre de tout problème ?

Posez-vous la question.

C'est une question fondamentale, et c'est à soi-même qu'il faut la poser.

Mais le cerveau est tellement rodé à résoudre des problèmes,

qu'il est incapable de comprendre ce que signifie le fait d'être libéré de tout problème.

C'est en étant libre qu'il peut résoudre les problèmes, et pas l'inverse...

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15/02/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (14)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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Si vous êtes attentif à vous-même,

vous verrez que cet attachement à une croyance fait partie intégrante du désir que l'on a de se sentir en sécurité,

et que le désir, le besoin de securité psychologique, sous quelque forme que ce soit,

provoque cette atrophie du cerveau, qui est à l'origine de toutes sortes de comportements névrotiques.

En général, nous préférons nier les faits, car le constat est trop effrayant.

Un tel déni est le propre de la médiocrité.

Lorsque vous allez voir un gourou, un prêtre, ou que vous allez à l'église,

que vous répétez, répétez sans cesse des formules, et que votre méditation prend cette forme répétitive,

cela vous procure un sentiment de sécurité, cela vous rassure,

et petit à petit votre cerveau s'atrophie, se ratatine, se rétrécit.

Faites-en vous-même le constat.

Je ne vous apprend rien : il vous suffit d'observer ce qui se passe dans votre vie.

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10/02/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (13)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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Faites-en le constat, observez le phénomène.

Le fait d'affirmer sempiternellement :

"je crois en Dieu", "Je crois en ceci", "Je crois en cela",

la répétition de ces formules, qui est pratique courante dans les églises, les temples, les mosquées,

atrophie progressivement le cerveau, le privant de sa vraie nourriture.

Lorsqu'on est attaché à une croyance, à une personne ou à une idée, il entre dans cet attachement du conflit, de la peur, de la jalousie, de l'angoisse :

tout cela, constamment répété, contribue à l'atrophie du cerveau.


"Je suis américain", "je suis britannique"... ou hindou, ou que sais-je encore :

la répétition de toutes ces inepties nationalistes maintient le cerveau en état de sous-alimentation et ses capacités déclinent peu à peu,

ainsi que vous l'aurez forcément constaté chez ceux qui ne cessent de répéter qu'il n'y a qu'un seul et unique sauveur,

que seul compte Bouddha, ou le Christ,

ou que sais-je encore ?

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05/02/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (12)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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La crise
, je crois que c'est là qu'elle se situe.

Et nous voulons la fuir,

nous refusons de nous regarder en face, en toute lucidité.

Pourtant s'éduquer soi-même est le commencement de la sagesse

- qui, elle, ne se trouve ni dans les livres, ni dans le recours à un tiers,

mais dans la compréhension de notre propre activité - égoïste, étroite et bancale -

qui se poursuit imperturbablement, jour après jour.

La crise, elle est au fond de notre coeur, de notre esprit, de notre cerveau.

Le savoir étant toujours limité, et notre champ d'action toujours circonscrit à celui du savoir,

le conflit est sans fin.

Ce point doit être clairement compris.

Nous essayons de résoudre des problèmes - politique, religieux, personnels, relationnels, etc.

- et pourtant ces problèmes ne sont jamais résolus.

Vous vous efforcez de résoudre un problème, et sa solution même crée de nouveaux problèmes - ainsi qu'on le constate dans le monde politique.

C'est pourquoi on se tourne vers la foi, vers une croyance.

Or - je ne sais si vous l'avez remarqué

- croire entraîne une atrophie du cerveau.


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01/02/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (11)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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Examinons une autre question : celle de la beauté.

Qu'est-ce que la beauté ?

Elle est si rare dans le monde.

En dehors de la beauté de la nature, des collines, des bosquets, des rivières, des oiseaux, et de tout ce qui touche à la terre,

pourquoi la beauté est-elle si rare dans notre vie ?


Nous allons dans les musées pour y admirer des peintures, des sculptures, et toutes les merveilles que l'homme a su façonner...

nous admirons les poèmes, la littérature, les splendeurs de l'architecture,

mais quand nous regardons en nous-mêmes, nous y voyons si peu de beauté.


Nous aimons les beaux visages, que nous peignons sur la toile,

mais à l'intérieur de nous-mêmes,


- là encore, ce n'est qu'un constat, ni indulgent, ni critique -

cette qualité de beauté, de tranquillité, de dignité est si peu présente.


Pourquoi ?

Pourquoi les êtres humains, si intelligents, si érudits dans bien des domaines,

et qui sont capables d'aller sur la lune pour y planter un pauvre petit bout de chiffon,

qui sont capables de créer de merveilleuses machines,

pourquoi sont-ils - pourquoi sommes-nous - devenus ce que nous sommes :

vulgaires, bruyants, médiocres, prompts à nous vanter d'une minable petite carrière, à nous targuer d'un modeste savoir,

- pourquoi ?

Qu'est-il donc arrivé à l'humanité ?


Que vous est-il arrivé ?

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29/01/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (10)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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La nature même de la pensée,

- là est donc le noeud du problème.

Vous allez me dire : "Mais privé de savoir, ou sans la pensée, comment peut-on agir ?".

La question n'est pas là.

Examinez d'abord la nature de la pensée, observez les choses de manière très lucide, sans aucun préjugé, aucun à priori : voyez simplement les faits.

Notre cerveau - soumis à ce cycle de l'expérience transformée en savoir, puis en action, puis en mémoire,

avec à la suite toujours plus de savoir,

- a des problèmes en raison du caractère toujours limité du savoir.

Notre cerveau est donc entraîné à résoudre des problèmes.

.../...

Le cerveau est rodé à cela, il n'est jamais libre, mais sans cesse assailli de problèmes.

Espérons que vous faites bien la distinction.

Notre cerveau a été rodé à résoudre des problèmes à la fois dans le domaine scientifique et dans le domaine psychologique - celui des relations.

Les problèmes surgissent : nous nous efforçons de les résoudre.

La solution, c'est toujours du côté du savoir que nous la cherchons.

Comme nous le disions, le savoir est toujours incomplet.

C'est un fait.

C'est un point essentiel - il mérite une observation attentive et sensible, qui permet de constater qu'aucun savoir n'est jamais absolu, quelles que soient les circonstances.

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26/01/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (9)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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Constatez le fait par vous-même,

je n'ai rien à vous apprendre ni à vous expliquer :

l'orateur ne fait rien d'autre que mettre en mots le fruit de ses observations afin de vous les faire partager.

Ensemble, nous observons la nature et la structure de la pensée,

- autrement dit les réactions sensorielles
: de la confrontation à une circonstance donnée naît l'expérience, qui s'enregistre sous forme de savoir, qui à son tour devient mémoire, souvenir,

- et le souvenir est mis en acte sous forme de pensée.

Cet acte vous incite à apprendre encore plus, à accumuler encore plus de savoir.

Cela fait des millénaires que l'homme s'est enfermé dans ce processus où s'enchaînent l'expérience, le savoir, la mémoire, la pensée.

Je me demande si nous en avons une claire conscience.

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22/01/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (8)

 

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"

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Ces symboles que vous vénérez, et que la pensée a créés, ne sont pas sacrés :

- ils sont le fruit de la pensée.

Les rituels et toutes les divisions religieuses et nationales résultent de la pensée.

 

Examinez les choses de très près,

nous ne cherchons ni à persuader, ni à condamner, ni à encourager, nous sommes en train d'observer.

Les faits sont là.

La crise tient donc à la nature même de la pensée.

Et comme nous l'avons dit,

la pensée vient en droite ligne de la source originelle que sont nos sens, de nos réactions sensorielles, de notre expérience, de nos rencontres avec des choses diverses,

qui s'enregistrent sous forme de savoir, de souvenir, et c'est du souvenir, de la mémoire que naît la pensée.

Tel est donc le processus de la pensée, telle en est la nature, depuis des temps immémoriaux.

Toutes les cultures, depuis l'Egypte ancienne, et même bien avant elle, se sont fondées sur la pensée.

Or c'est d'elle que vient la confusion, en nous comme au dehors.

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20/01/2018

KRISHNAMURTI - "LA CRISE" (7)

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J.K - extraits : "l'éducation authentique"


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La beauté en question n'est pas simplement celle d'un tableau, d'un poème, ou d'un visage harmonieux, il s'agit d'une autre merveille :

"nous sommes le monde, et le monde, c'est vous, c'est moi..."

Dans la partie du monde où nous nous trouvons, la liberté est utilisée à mauvais escient, comme le reste de l'univers, car chaque individu veut se réaliser, être, devenir.

Il en résulte que le contenu de notre conscience se résume à une lutte perpétuelle pour parvenir à être, à devenir, à réussir, à avoir le pouvoir, la notoriété, un statut social.

Et ces choses-là ne s'obtiennent qu'en ayant de l'argent, du talent, ou des capacités dans un domaine donné.

Et les capacités, le talent ne font que renforcer l'individualité.

Mais l'observation montre que l'individualité n'est qu'une élaboration de la pensée.

En observant tout cela, on voit que c'est au niveau de la nature même de la pensée que se situe la crise.

L'univers extérieur et l'univers intérieur sont des émanations de la pensée.

Or la pensée est un processus matériel.

C'est elle qui a conçu et réalisé la bombe atomique, la navette spatiale, l'ordinateur, le robot et tous les instruments de guerre.

La pensée a aussi bâti de magnifiques cathédrales, de splendides églises, et tout ce qu'elles contiennent.

Pourtant il n'y a absolument rien de sacré dans ce mouvement de la pensée.

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31/10/2017

KRISHNAMURTI "LA CRISE" - (6)

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photo : Alain Bordeau

 J.K - extraits : "l'éducation authentique"  

 

Il faut que vous saisissiez bien la signification de tout cela.

Cette compréhension est essentielle,

car nous nous sommes dissociés les uns des autres en tant qu'individus,

alors que nous n'avons pas d'individualité distincte.

Nous sommes le résultat de ces millions d'années

au cours desquelles on n'a cessé de nous instiller cette notion d'individu

- qui n'est en fait qu'une idée.

Mais à y regarder de plus près, vous n'êtes pas un individu :

psychologiquement parlant, vous êtes identique à tous les autres hommes.

C'est une chose très difficile à percevoir,

car en général nous nous accrochons à cette idée

- or ce n'est qu'une idée -

que nous sommes tous des individus distincts ayant chacun des ambitions personnelles,

une forme de cupidité, d'envie, de souffrance, de solitude qui lui est propre.

Mais l'observation montre que nous agissons tous de la même manière.

Ce concept d'individualité nous rend beaucoup plus égoïstes, nombrilistes, névrosés, compétitifs;

et la compétition détruit l'humanité.

Donc, le monde, c'est vous, et vous êtes le monde.

C'est un sentiment merveilleux

- si l'on comprend vraiment cette situation,

qui recèle des trésors de vitalité, de sensitivité, de beauté.

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25/10/2017

KRISHNAMURTI "LA CRISE" - (5)

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photo : Alain Bordeau

 

 J.K - extraits : "l'éducation authentique"  

 

Comme nous l'avons dit, la crise se situe dans notre conscience,

et cette conscience est le fonds commun de toute l'humanité.

Ce n'est pas une conscience individuelle, ce n'est pas votre conscience individuelle,

ce n 'est pas votre conscience en particulier, mais la conscience de l'être humain,

de l'homme,

car où qu'on aille, en Extrême-Orient, au Proche-Orient, ou en Occident,

en tous lieux l'humanité souffre, l'homme vit dans la douleur,

dans une incertitude et une solitude profondes, dans le désespoir le plus total,

et il est esclave d'une multitude de concepts religieux extravagants

et dépourvus de toute signification authentique.

Tel est donc le lot commun de toute l'humanité.

Cela, il faut que vous le perceviez de façon très claire.

Il ne s'agit pas de votre conscience,

mais d'une conscience commune à l'ensemble des êtres humains,

qui subissent tant d'épreuves, de malheurs et de conflits,

à force de vouloir s'identifier à quelque chose,

que ce soit à la nation, à une figure religieuse, ou à un concept.

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20/10/2017

KRISHNAMURTI "LA CRISE" - (4)

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 photo : Alain Bordeau

 

 J.K - extraits : "l'éducation authentique" -

 

Lorsque nous observons ce qui se passe effectivement dans le monde

et dans le tréfonds de notre conscience,

cette observation peut demeurer pure, claire et directe,

à condition de ne pas faire de ce que l'on observe une abstraction, une idée.

Nous baignons tous plus ou moins dans l'abstraction, dans les idées

- qui n'ont rien d'authentiquement réel.

C'est aux idées - et non à ce qui est - que la priorité est alors donnée.

Les philosophes se servent des idées dans des sens divers,

mais ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les idées,

mais uniquement l'observation de ce qui se passe dans les faits

- cette observation n'étant soumise à aucune théorie ou ligne de pensée particulière,

mais ayant pour seul objet ce qui est..

Et il faut garder cela clairement à l'esprit au cours de cette observation de ce qui est..

Faire de ce qui est une abstraction, une idée, ne peut qu'engendrer un surcroît de confusion.

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16/10/2017

KRISHNAMURTI "LA CRISE" - (3)

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photo : Alain Bordeau

 

J.K - extraits : "l'éducation authentique" -

 

Alors qu'ici, nous ne dépendons de personne,

- et surtout pas de l'orateur,

car toute intention de vous inciter à penser selon une ligne donnée,

ou de vous abreuver de paroles et de théories fantaisistes, est exclue.

Observez plutôt ce qui se passe effectivement dans le monde,

et toute cette confusion qui règne en vous,

mais tout en observant de la sorte, ne transformez pas en idées, en abstractions,

le fruit de cette observation.

Soyons très clairs sur ce point.

Lorsque nous observons un arbre, le mot arbre est une notion abstraite

- et non pas la réalité de l'arbre.

J'espère que c'est clair.

Le mot - l'explication, la description -

n'est pas la réalité factuelle, n'est pas ce qui est..

Il faut que ce soit très clair dès le départ.

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13/10/2017

KRISHNAMURTI "LA CRISE" - (2)

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J.K - Extraits : "l'éducation authentique"

 

Nous sommes donc ici en train d'apprendre, d'observer l'état de notre propre esprit.

Car c'est par là que commence l'éducation authentique

- qui consiste à s'éduquer soi-même.-

Tant de choses qui nous concernent nous ont été apprises par d'autres que nous,

nous ne cessons de recourir aux autres, censés nous guider non seulement sur le plan extérieur,

mais surtout dans le domaine psychologique, intérieur.

Au moindre problème, à la moindre perturbation,

nous nous tournons immédiatement vers quelqu'un d'autre pour nous aider à les régler.

Nous sommes les otages volontaires d'institutions et d'organisations diverses,

qui nous l'espérons, vont nous aider à résoudre nos problèmes, à clarifier notre esprit.

Nous sommes donc toujours dépendants d'autrui,

et cette dépendance engendre inévitablement une forme de corruption.

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09/10/2017

KRISHNAMURTI "LA CRISE" - (1)- déjà publié le 28 avril 2007 -

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J.K - Extraits : "La crise..."

La crise,

ce n'est ni du côté de la politique ou des gouvernements,

qu'ils soient totalitaires ou soi-disant démocratiques,

ni chez les scientifiques,

ni dans les religions respectablement établies,

qu'elle se trouve,

mais au sein même de notre conscience,

c'est à dire dans nos esprits et nos coeurs,

dans notre comportement,

dans nos relations.

Et cette crise ne peut être pleinement comprise,

et sans doute pleinement affrontée,

si nous ne comprenons pas la nature et la structure mêmes de la conscience

- qui n'est autre qu'une élaboration de la pensée.

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17/06/2017

S'affranchir de la douleur (8)

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Je crois que cela n'est possible que si l'on ne fait pas intervenir la notion du temps, l'idée d'un demain.

Nos esprits sont paresseux et c'est pourquoi nous demandons du temps :

du temps pour surmonter notre douleur, du temps pour acquérir des qualités.

Le temps n'efface pas la douleur, il peut nous permettre d'oublier une souffrance particulière,

mais la douleur est toujours là, dans les profondeurs.

Et je pense qu'il est possible de balayer la douleur dans sa totalité,

non pas demain, non pas au cours du temps, mais de voir la réalité dans le présent et d'aller au-delà.

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16/06/2017

S'affranchir de la douleur (7)

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Nous savons ce qu'est la mort, ainsi que la peur extraordinaire qu'elle suscite.

C'est un fait que nous mourrons tous, que cela nous plaise ou non.

Alors nous rationalisons la mort ou nous nous évadons dans des croyances

- karma, réincarnation, résurrection ou autre chose -

qui ne font qu'alimenter la peur au cours de notre fuite.

Et la question est de savoir si nous sommes résolus à aller jusqu'au bout et à voir s'il est possible d'être complètement libre de la douleur, non pas dans l'avenir, mais maintenant, dans le présent.

 

Pouvons-nous, chacun de nous, voir la réalité en face, d'une façon intelligente et saine ?

Puis-je voir en face le fait que mon fils est mort

(ou mon frère, ma soeur, mon mari, ma femme, un ami)

et que je suis dans la solitude ?

Puis-je voi ma solitude face à face et ne pas fuir, au moyen d'explications, de croyances, de théories ?

Puis-je regarder un fait, quel qu'il soit ?

Voir que je n'ai aucun talent, que je suis obtus, inintelligent, que je souffre de ma solitude,

et que mes croyances, mes structures religieuses, mes valeurs spirituelles,

sont autant de systèmes de protection ?

Puis-je voir en réalité et ne pas chercher des voies et des moyens d'évasion ? Est-ce possible ?

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15/06/2017

S'affranchir de la douleur (6)

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La douleur psychique naît de la même façon : mon frère, mon fils est mort, il n'est plus.

Aucune somme de théories, d'explications, de croyances, d'espoirs ne le ramènera jamais.

Le fait cruel, l'irrémédiable réalité est qu'il m'a quitté.

Un autre fait est la solitude où je me trouve parce qu'il m'a quitté.

Nous étions amis,nous conversions ensemble, nous riions ensemble, nous étions heureux

et maintenant je suis seul.

La solitude est un fait et la mort est un fait.

Je suis bien obligé d'accepter la mort, mais je refuse d'être seul en ce monde.

Alors j'invente des théories, des espérances, des explications, afin de m'évader de la réalité.

Ce sont ces évasions qui engendrent la douleur, non le fait que je suis seul,

ou celui que mon frère est mort, car un fait ne peut jamais être douloureux,

c'est très important de le comprendre

si l'on veut réellement, totalement, complètement s'affranchir de la douleur.

Et je pense qu'une telle libération est possible,

si l'on ne cherche plus d'explications ni d'évasions, si l'on affronte le fait.

Je ne sais pas si vous avez jamais essayé de le faire.

 

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14/06/2017

S'affranchir de la douleur. (5)

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...

Il peut arriver qu'on perde un bras, par exemple,

et que surgisse alors le problème total de la douleur ;  

on repense au passé, on se souvient de tout ce qu'on a fait et qu'on ne peut plus faire,

on compare, et ce faisant on engendre de la douleur.

Ce processus nous est familier.

Le fait est que j'ai perdu un bras et qu'aucune somme de théories,

d'explications, de comparaisons,

aucune pitié que je déverserais sur moi même ne me le rendraient,

mais on se complaît à se prendre en pitié, à se remémorer le passé,

et la réalité du présent étant en contradiction avec ce qui a été,

la comparaison engendre immanquablement un conflit douloureux.

Voilà comment naît un certain type de douleur.

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08/06/2017

S'affranchir de la douleur. (4)

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... 

Je pense que la simplicité d'esprit et la douleur sont reliées entre elles.

Vivre dans la douleur tout au long de notre existence est assurément,

pour employer un euphémisme, une sottise.

Vivre en conflit, vivre en état de frustration,

être toujours pris par le désir de se réaliser,de parvenir à être un personnage,

vivre toute une existence dans cet état est futile et inutile.

Pour etre libre de la douleur,

je pense qu'il faut aborder ce problème complexe très simplement.

Il y a des douleurs de différentes sortes.

Il y a la douleur physique - une maladie, un mal de dents, l'amputation d'un membre, la perte de la vue

- et la douleur psychique -

la perte d'un être aimé,

se sentir médiocre et sans talent alors que tans de personnes sont douées ou ont de la fortune,

une situation, du prestige, du pouvoir, aspirer à une réalisation de soi,

et, à l'ombre de cette réalisation,

sentir toujours une frustration, accompagnée de douleur.

Voila deux types de douleur : la physique et la psychique.

.../...

07/06/2017

S'affranchir de la douleur. (3)

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Tout d'abord, je pense que, pour découvrir par soi même comment penser d'une façon simple et directe,

les définitions et les explications sont des obstacles.

Les mots, les définitions ne rendent pas l'esprit simple et les explications n'engendrent aucune clarté de perception.

Nous devons donc, il me semble, être très conscients de l'action des mots sur nous,

bien que conscients aussi de leur nécessité en tant qu'instruments de communication.

Mais ce qui est communiqué dépasse le mot :

on transmet une perception, une vision qui ne peut être mise en paroles.

Un esprit réellement simple n'est pas un esprit ignorant.

C'est un esprit qui est libre de suivre toutes les subtilités, les nuances, les mouvements d'un fait donné....

.../...

31/05/2017

S'affranchir de la douleur. (2)

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Il est très difficile de penser d'une façon directe,

de voir les choses clairement et de poursuivre jusqu'au bout,

logiquement, raisonnablement, sainement, ce qu'on observe.

Il est très difficile d'être clair et simple.

Je ne parle pas de la simplicité de nos vêtements,

ni de celle qui consiste à n'avoir que peu de possessions,

mais de la simplicité intérieure.

Je pense qu'un simplicité d'approche est essentielle

lorsqu'il s'agit d'un problème aussi complexe que celui de la douleur.

Il nous faut donc, avant d'aborder ce problème là,

savoir clairement ce que nous entendons par le mot "simple".

Notre esprit, tel que nous le connaissons, est si complexe,

si infiniment rusé, si subtil, il est passé par tant d'expériences !

Il contient toutes les influences du passé, de la race, le résidu de toute la durée.

Réduire cette vaste complexité à une simplicité est très difficile ;

mais je pense que cela doit être fait,

sans quoi nous ne pourrons pas aller au-delà de la douleur et de l'état de conflits.

La question est donc :

étant donné toute cette complexité faite de connaissances, d'expériences, de mémoire,

est-il possible de regarder la douleur face à face et d'en être libéré ?

.../...

27/05/2017

S'affranchir de la douleur. (1)

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(photo Alain Bordeau)

Extraits de conférences données à Saanen et Paris

1961 & 1962

Nous avons vu combien il est nécessaire de voir les faits tels qu'ils sont,

de les observer sans condamnations ni justifications, de les aborder sans opinions.

En ce qui concerne, en particulier, les faits psychologiques, nous sommes enclins à introduire dans notre observation.

nos préjugés, nos désirs, nos impulsions, qui déforment "ce qui est" et engendrent un certain sens de

culpabilité, une contradiction, un refus d'admettre ce qui est.

Nous avons dit combien est importante la complète destruction de tout ce que nous avons construit comme refuges,

comme systèmes de protection.

La vie nous paraît trop vaste, trop rapide pour nous.

Nos esprits indolents, la lenteur de notre pensée, nos habitudes coutumières créent invariablement des contradictions en nous.

Nous essayons de dicter à la vie nos conditions,

mais graduellement, au fur et à mesure que s'intensifient nos contradictions et nos conflits intérieurs,

nos esprits deviennent de plus en plus obtus.

Je voudrais donc, ce matin, si vous le permettez, parler de l'austérité,

de la simplicité d'esprit et de la douleur.

 .../...

 

Retrouvez l'intégralité des échanges dans le livre :

"Briller de sa propre Lumière"

Vers une mutation de l'esprit

Editions du Châtelet (2013)

12/05/2017

J.K - (8) méditation

 

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L’on peut alors suivre,

sans condamnation ou justification chaque mouvement de la pensée et de l’émotion ;

et en suivant chaque pensée et chaque sentiment à mesure qu’ils surgissent,

on donne lieu à une tranquillité qui n’est pas imposée,

qui n’est pas enrégimentée,

mais qui provient de ce que l’on n’a pas de problèmes,

pas de contradiction.

C’est comme l’étang qui devient paisible,

tranquille,

un soir où il n’y a pas de vent.

Et lorsque l’esprit est immobile,

ce qui est immesurable entre en être.

 

Ce texte est extrait du livre intitulé « De la connaissance de soi »- Editions Le Courrier du Livre.

05/05/2017

J.K - (7) méditation

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Ce qui engendre la compréhension est la connaissance de soi,

et il n’est pas très difficile d’être lucide si l’on en a réellement l’intention.

Si cela vous intéresse de découvrir le processus total de vous-même

- non simplement la partie superficielle,

mais le processus total de votre être entier -

c’est relativement facile.

Si vous voulez réellement vous connaître,

vous sonderez votre coeur et votre esprit afin de connaître tout leur contenu ;

et lorsqu’il y a l’intention de savoir,

on sait.

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28/04/2017

J.K - (6) méditation

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Par la prière, par l’enrégimentement, par la répétition, par des japam et tout le reste,

vous pouvez amener une certaine tranquillité ;

mais ce n’est qu’un abrutissement qui réduit l’esprit et le coeur à un état de lassitude.

C’est droguer l’esprit ; et l’exclusion, que vous appelez concentration, ne mène pas à la réalité

- aucune exclusion ne peut jamais le faire.

 

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21/04/2017

J.K - (5) méditation

 

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Donc, la méditation est la connaissance de soi, et sans connaissance de soi il n’y a pas de méditation.

Si vous n’êtes pas averti de toutes vos réactions tout le temps, si vous n’êtes pas pleinement conscient,

pleinement informé de vos activités quotidiennes,

vous enfermer dans une chambre et vous asseoir devant le portrait de votre gourou,

de votre maître, faire puja, méditer, est une évasion.

Sans connaissance de soi il n’y a pas de pensée correcte, et ce que vous faites n’a pas de sens,

quelle que soit la noblesse de vos intentions.

La prière n’a aucun sens sans connaissance de soi ;

mais lorsqu’il y a connaissance de soi, on pense juste, donc l’action est correcte.

Et lorsque l’action est correcte, il n’y a pas de confusion, donc pas de supplication pour que l’on vienne vous tirer d’affaire.

Un homme pleinement lucide est en état de méditation ;

il ne prie pas,

parce qu’il ne veut rien.

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14/04/2017

J.K - (4) méditation

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Cet esprit superficiel doit comprendre la vraie signification de ses activités et, ce faisant, introduire une tranquillité en lui-même.
 
Il ne peut pas provoquer une tranquillité, une immobilité, par un enregistrement, par une contrainte, par une discipline.
 
Il ne peut engendrer la tranquillité, la paix, le calme, qu’en comprenant ses propres activités,
en les observant, en en étant conscient,
en voyant sa dureté, la façon dont il parle à son domestique, à sa femme, à sa fille, à sa mère, etc.
 
Lorsque l’esprit conscient superficiel est ainsi éclairé sur toutes ses activités,
par cette compréhension, il devient spontanément calme
(non drogué par des contraintes ou des désirs enrégimentés)
et alors, il est dans une situation où il peut recevoir les émissions,
les suggestions de l’inconscient,
de ces nombreuses couches de l’esprit que sont les instincts raciaux,
les souvenirs enterrés, les poursuites cachées, les blessures profondes et encore ouvertes.
 
Ce n’est que lorsque la conscience entière est déchargée, débarrassée de toute mémoire,
quelle qu’elle soit,
qu’elle est en état de recevoir l’éternel.
 
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07/04/2017

J.K - (3) méditation

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Mais pour connaître les activités profondément cachées,

les mobiles secrets,

les réponses, les pensées et les sentiments,

il faut qu’il y ait de la tranquillité dans l’esprit conscient ;

c’est-à-dire que l’esprit conscient doit être immobile afin de recevoir les projections de l’inconscient.

L’esprit superficiel, conscient, est absorbé par ses activités quotidiennes :

gagner de l’argent, tromper les gens, exploiter, s’évader des problèmes -

toutes les activités quotidiennes de notre existence.

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