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20/07/2007

(8) - J. Krishnamurti & C. Suares

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.Krishnamurti : Oui. Le souvenir de l’émotion intense, du choc, de l’extase engendre une aspiration vers la répétition de l’expérience, et le symbole devient la suprême autorité intérieure, l’idéal vers lequel se tendent tous les efforts.
Capter la vision devient un but ; y penser sans cesse et se discipliner , un moyen.
Mais la pensée est cela même qui crée une distance entre l’individu tel qu’il est et le symbole ou l’idéal.

Il n’y a de mutation possible que si l’on meurt à cette distance.
La mutation n’est possible que lorsque toute expérience cesse totalement.

L’homme qui ne vit plus aucune expérience est un homme éveillé.
Mais voyez ce qui se passe partout : on recherche toujours des expériences plus profondes et plus vastes.
On est persuadé que vivre des expériences, c’est vivre réellement.
En fait, ce que l’on vit n’est pas la réalité, mais le symbole, le concept, l’idéal, le mot.

Nous vivons de mots.

Si la vie dite spirituelle est un perpétuel conflit, c’est parce qu’on y émet la prétention de se nourrir de concepts comme si, ayant faim, on pouvait se nourrir du mot « pain ».
Nous vivons de mots et non de faits. Dans tous les phénomènes de la vie, qu’il s’agisse de la vie spirituelle, de la vie sexuelle, de l’organisation matérielle de nos affaires ou de nos loisirs, nous nous stimulons au moyen de mots.

Les mots s’organisent en idées, en pensées et, sur ces stimulants, nous croyons vivre d’autant plus intensément que nous avons mieux su, grâce à eux, créer des distances entre la réalité (nous, tels que nous sommes) et un idéal (la projection du contraire de ce que nous sommes). Ainsi, nous tournons le dos à la mutation.

Mourez au temps, aux systèmes, aux mots


.../... à suivre

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