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30.11.2007

J.K - "écouter sans effort..."

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photo suna : "abbaye de sénanque - vaucluse"

J.K - extraits entretiens


Vous est-il déjà arrivé de rester là,

assis dans le plus grand silence, sans que votre attention soit fixée sur rien,

sans faire aucun effort de concentration,

mais en ayant l'esprit très calme, vraiment silencieux ?

Alors, on entend tout, n'est-ce pas ?

Ce qui signifie que l'on est vraiment attentif à tout.

29.11.2007

J.K - ... obéir !

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photo suna : abbaye de Sénanque (vaucluse)

Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti


"La peur nous pousse à obéir" -

Pourquoi ne faisons-nous qu'obéir,
suivre,
imiter ?
pourquoi ?

...Parce qu'à l'intérieur de nous-mêmes, nous redoutons l'incertitude.


Nous voulons des certitudes, financières, morales...

Nous voulons être approuvés,
être en position de sécurité,
éviter à tout prix d'être confrontés aux problèmes,
à la douleur,
à la souffrance,

Nous voulons être en lieu sûr. Donc,

consciemment ou inconsciemment, la peur nous pousse à obéir au maître, au leader, au prêtre, au gouvernement...

28.11.2007

J.K - 17/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Cette vision n’est pas le souvenir du passé, elle consiste en une perception directe, pure, que rien ne dirige.

En ce regard, en cette perception coïncident l’action totale et la vision pénétrante absolue.

Pouvez-vous donc regarder de cette manière-là le mouvement de la pensée,
c’est-à-dire le contenu de notre conscience ;
autrement dit :

notre cupidité,
notre envie,
notre ambition,
notre nationalisme,
nos croyances,
nos expériences,
nos plaisirs,
notre foi en Dieu,
ou notre absence de foi en Dieu –

cette conscience qu’a élaborée la pensée au travers de l’expérience ?

Regarder,
observer cette conscience dans sa globalité,

c’est observer une action attentivement, complètement.

C’est saisir dans un éclair de vision pénétrante le mouvement de l’action.




Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

27.11.2007

J.K - 16b/17 - "une manière d'agir totalement différente"

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Pouvez-vous donc écouter cette question en mettant en jeu tout votre être, toutes vos aptitudes, toute votre attention ?

Lorsque vous accordez cette attention totale, c’est comme d’éclairer une chose demeurée jusqu’alors obscure, c’est comme de l’inonder de lumière.

Lorsque vous mettez en jeu cette attention, la question est alors en pleine lumière.

Et la question révèle alors sa propre réponse.


Lorsque vous voyez clairement quelque chose, cette clarté est la réponse.

Il existe donc une action,

– mais je vous en prie, n’acquiescez pas,
ne vous laissez pas mystifier,
ne dites pas oui elle existe ou non elle n’existe pas,
mais trouvez par vous-même –,

il existe une action qui naît d’une vision lucide et immédiate.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

26.11.2007

J.K - 16a/17 "une manière d'agir totalement différente."

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Je répète la question : existe-t-il une action juste,
qui ne soit pas issue du temps,
c’est-à-dire de la pensée,
c’est-à-dire du savoir ?

Peut-être qu’une action de ce type existe, ou peut-être pas.

Notre esprit, notre cerveau a donc toute liberté de regard.

Notre cerveau, étant sensible, attentif, en éveil, est à l’écoute, il prête une attention extrême à la question, il n’essaie pas de la résoudre.

Donc, lorsque vous agissez ainsi, en accordant votre pleine attention, en étant pleinement en éveil, alors, au sein de cette action-là, il n’est nullement question de temps.

Mais si vous dites : « Il me faut du temps pour être attentif », c’est-à-dire pour apprendre à être attentif, alors vous agissez sur la base du savoir, qui consiste à apprendre à être attentif.

Alors, vous n’êtes pas attentif.

Je vous en prie, voyez-le.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

25.11.2007

J.K - 15/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Comment faut-il donc aborder la question ?

Est-ce que vous l’abordez avec un esprit, un cerveau qui dit :

« C’est une question que je ne comprends pas tout à fait. Je vais d’abord l’observer, l’entendre, sans chercher de réponse. Voyons quel est le contenu de ces mots ».

C’est-à-dire : y-a-t-il une action qui ne soit pas issue de la mémoire, donc du temps ?

Je sais que le temps est nécessaire, que le savoir est nécessaire, pour conduire une voiture, ou devenir charpentier, chirurgien ; quoiqu’on veuille devenir, le savoir est nécessaire.

Mais est-il possible de répondre à cette question à l’aide de la pensée, qui est le mouvement de la mémoire ?

Si vous cherchez à répondre en termes de vrai ou faux, de possible ou d’impossible, vous dépendez de la mémoire.

C’est donc la pensée qui vous dicte la réponse.

Et la pensée étant limitée, votre réponse sera invariablement limitée, et donc source de conflit.

Si tout cela est bien clair, voulez-vous donc, s’il vous plaît, être ouverts à la question, l’écouter, l’observer sans le moindre mouvement de la pensée ?

.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

24.11.2007

J.K - 14/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Ensemble, nous essayons ici de découvrir s’il existe une action qui soit entière, holistique.

Ce mot « holistique » signifie sensé, sain, rationnel,
et le mot « entier, total » signifie aussi saint.

C’est tout cela qu’implique l’expression « holistique ».

Existe-t-elle, cette action, qui ne serait source d’aucun conflit, ne serait pas source perpétuelle de problèmes ?

Comment allons-nous le découvrir ensemble ?

Comment aborde-t-on une question comme celle-ci ?

Comment regarder, ou écouter une question pareille posée en votre présence ?

Soit vous dites qu’une action de ce type n’existe pas, et vous vous bloquez,
soit vous dites qu’elle est éventuellement possible.

Mais encore une fois, la possibilité, l’éventualité, ce n’est pas la réalité.

Donc, pour savoir si cette action existe, il est très important de découvrir comment vous entendez,
comment vous écoutez le contenu de la question, et,
lorsque la question est posée, de savoir si votre esprit, votre cerveau s’efforce de trouver une réponse,
ou bien s’il est vraiment à l’écoute, attentif à la signification des mots.

Le mot n’est qu’un moyen de communication : le mot n’est pas la chose, jamais il n’y a identité entre les deux ;
le symbole n’est pas le réel.

La façon dont vous entendez ce défi est donc capitale – ce défi dont la solution passe éventuellement par des voies intellectuelles, rationnelles, raisonnables.

Si vous avez recours pour le résoudre à des méthodes de l’ordre de la raison, vous arriverez inévitablement à la conclusion que c’est impossible.

Le processus logique est une activité de la pensée, toujours limitée,
par conséquent votre réponse au défi sera limitée,
et vous ne trouverez pas de réponse à la question.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

23.11.2007

J.K - 13/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Le temps est donc le facteur-clé de la connaissance et de l’accomplissement personnels, du progrès individuel.

Le temps est utilisé en termes de : « Je suis seul, mais je vais échapper à la solitude », ou : « Je vais la comprendre », ou : « Je vais faire en sorte que les choses changent ».

Tout cela implique le temps.

Et nous disons qu’après avoir accumulé des connaissances, nous agirons avec compétence.

Je veux être un bon charpentier, donc je deviens l’apprenti d’un maître charpentier, et j’apprends, grâce à des années d’apprentissage, tout comme le chirurgien, l’homme d’affaires, le prêtre, etc.

Le temps, c’est le savoir.

C’est sur la base de ce savoir que nous agissons.

Ou bien nous agissons, puis nous tirons ensuite les leçons de cette action – ce qui, là encore, se transforme en savoir.

Il y a deux façons d’agir : soit en accumulant le savoir au préalable – comme le chirurgien...


.../...


Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

22.11.2007

J.K - 12/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Notre question, c’est donc de savoir s’il existe une action juste.

Pas quelque chose de superficiel, qui apporte une satisfaction immédiate, mais une action qui ne soit pas issue du temps.

Il faut comprendre ce qu’est le temps.

Pour la plupart d’entre nous, le temps a beaucoup d’importance – et pas seulement le lever et le coucher du soleil, ou la transition d’hier à aujourd’hui puis à demain, le temps des horloges, le temps solaire, mais aussi tout le concept du temps psychologique.

Notre cerveau a évolué au fil du temps – depuis la cellule unique des origines jusqu’à ce jour.

Ce cerveau fonctionne dans le temps, il est conditionné par le temps. C’est clair.

Et nous nous servons du temps comme d’un moyen d’accomplissement personnel, moyen d’apprendre une langue, moyen d’accumuler des connaissances en vue d’agir avec compétence – ou sans.

Le temps est donc dans notre vie un facteur de conditionnement fondamental.

Il y a l’espoir, il y a l’avenir – qui est lui-même espoir ; et le temps sous forme de passé, avec ses souvenirs, ses expériences.

Et le savoir procède du temps. Qu’il s’agisse de connaissances scientifiques, psychologiques, ou de la connaissance de soi, tout ce savoir est inclus dans le cadre du temps.

Lorsqu’on dit : « Je vais devenir meilleur », « Je ne vais plus être comme ceci, mais comme cela », tout cela implique le temps.

Je vous en prie, pensons et observons ensemble.

Vous n’êtes pas seulement là, à écouter un orateur exposer toute une série d’idées que vous accueillez, puis vous remémorez, en disant : « J’ai appris ».

Nous sommes en train d’observer ensemble, en ce moment même, avec attention.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

20.11.2007

J.K - 11/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Nous posons donc la question suivante : qu’est-ce que l’action, et qu’est-ce qui est juste, précis, correct ?

Qu’est-ce qu’une action qui n’entraîne pas de conflit ? Une telle action existe-t-elle ?

La matinée est splendide.
Que c’est beau d’être là, sous les arbres.
De contempler, dans la lumière diaprée, les montagnes, leur pureté, leur profil si délicat, si net, si pur.
Et celui qui vit parmi tout cela, dans ce pays merveilleux, soumis de jour en jour à la ruine et à la dévastation, l’homme – qui devrait être l’entité la plus extraordinaire, la plus parfaite – a apporté le chaos dans le monde.


C’est une immense tragédie dont vous n’avez pas conscience ; car nous n’avons pas conscience de ce que nous sommes, parce que nous n’avons pas pris conscience de nous-mêmes, nous n’avons pas conscience de nos actions.

Nous nous laissons perpétuellement mener par les politiciens, les prêtres, les évangélistes, les professeurs, les spécialistes.

Nous n’assurons pas nous-mêmes notre éducation ; celle-ci se fait en suivant des schémas préétablis – ce n’est donc nullement une éducation, mais rien qu’une éducation parcellaire.

L’éducation en profondeur, c’est celle qu’on se donne soi-même, c’est se comprendre soi-même, c’est connaître le contenu total de ce qu’on est.


Et c’est à travers la relation que l’on doit observer ce contenu global de l’ego.

Dans la relation, il y a conflit, car le conflit apparaît dès lors que chaque individu se croit séparé, et manifeste son ambition, sa cupidité, sa soif de réussite, son attachement – que ce soit aux croyances, aux dogmes, ou à une personne, un idéal, une expérience.

Et ce genre d’attachement engendre la corruption.

.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

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