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30/11/2007

J.K - "écouter sans effort..."

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photo suna : "abbaye de sénanque - vaucluse"

J.K - extraits entretiens


Vous est-il déjà arrivé de rester là,

assis dans le plus grand silence, sans que votre attention soit fixée sur rien,

sans faire aucun effort de concentration,

mais en ayant l'esprit très calme, vraiment silencieux ?

Alors, on entend tout, n'est-ce pas ?

Ce qui signifie que l'on est vraiment attentif à tout.

29/11/2007

J.K - ... obéir !

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photo suna : abbaye de Sénanque (vaucluse)

Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti


"La peur nous pousse à obéir" -

Pourquoi ne faisons-nous qu'obéir,
suivre,
imiter ?
pourquoi ?

...Parce qu'à l'intérieur de nous-mêmes, nous redoutons l'incertitude.


Nous voulons des certitudes, financières, morales...

Nous voulons être approuvés,
être en position de sécurité,
éviter à tout prix d'être confrontés aux problèmes,
à la douleur,
à la souffrance,

Nous voulons être en lieu sûr. Donc,

consciemment ou inconsciemment, la peur nous pousse à obéir au maître, au leader, au prêtre, au gouvernement...

28/11/2007

J.K - 17/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Cette vision n’est pas le souvenir du passé, elle consiste en une perception directe, pure, que rien ne dirige.

En ce regard, en cette perception coïncident l’action totale et la vision pénétrante absolue.

Pouvez-vous donc regarder de cette manière-là le mouvement de la pensée,
c’est-à-dire le contenu de notre conscience ;
autrement dit :

notre cupidité,
notre envie,
notre ambition,
notre nationalisme,
nos croyances,
nos expériences,
nos plaisirs,
notre foi en Dieu,
ou notre absence de foi en Dieu –

cette conscience qu’a élaborée la pensée au travers de l’expérience ?

Regarder,
observer cette conscience dans sa globalité,

c’est observer une action attentivement, complètement.

C’est saisir dans un éclair de vision pénétrante le mouvement de l’action.




Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

27/11/2007

J.K - 16b/17 - "une manière d'agir totalement différente"

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Pouvez-vous donc écouter cette question en mettant en jeu tout votre être, toutes vos aptitudes, toute votre attention ?

Lorsque vous accordez cette attention totale, c’est comme d’éclairer une chose demeurée jusqu’alors obscure, c’est comme de l’inonder de lumière.

Lorsque vous mettez en jeu cette attention, la question est alors en pleine lumière.

Et la question révèle alors sa propre réponse.


Lorsque vous voyez clairement quelque chose, cette clarté est la réponse.

Il existe donc une action,

– mais je vous en prie, n’acquiescez pas,
ne vous laissez pas mystifier,
ne dites pas oui elle existe ou non elle n’existe pas,
mais trouvez par vous-même –,

il existe une action qui naît d’une vision lucide et immédiate.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

26/11/2007

J.K - 16a/17 "une manière d'agir totalement différente."

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Je répète la question : existe-t-il une action juste,
qui ne soit pas issue du temps,
c’est-à-dire de la pensée,
c’est-à-dire du savoir ?

Peut-être qu’une action de ce type existe, ou peut-être pas.

Notre esprit, notre cerveau a donc toute liberté de regard.

Notre cerveau, étant sensible, attentif, en éveil, est à l’écoute, il prête une attention extrême à la question, il n’essaie pas de la résoudre.

Donc, lorsque vous agissez ainsi, en accordant votre pleine attention, en étant pleinement en éveil, alors, au sein de cette action-là, il n’est nullement question de temps.

Mais si vous dites : « Il me faut du temps pour être attentif », c’est-à-dire pour apprendre à être attentif, alors vous agissez sur la base du savoir, qui consiste à apprendre à être attentif.

Alors, vous n’êtes pas attentif.

Je vous en prie, voyez-le.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

25/11/2007

J.K - 15/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Comment faut-il donc aborder la question ?

Est-ce que vous l’abordez avec un esprit, un cerveau qui dit :

« C’est une question que je ne comprends pas tout à fait. Je vais d’abord l’observer, l’entendre, sans chercher de réponse. Voyons quel est le contenu de ces mots ».

C’est-à-dire : y-a-t-il une action qui ne soit pas issue de la mémoire, donc du temps ?

Je sais que le temps est nécessaire, que le savoir est nécessaire, pour conduire une voiture, ou devenir charpentier, chirurgien ; quoiqu’on veuille devenir, le savoir est nécessaire.

Mais est-il possible de répondre à cette question à l’aide de la pensée, qui est le mouvement de la mémoire ?

Si vous cherchez à répondre en termes de vrai ou faux, de possible ou d’impossible, vous dépendez de la mémoire.

C’est donc la pensée qui vous dicte la réponse.

Et la pensée étant limitée, votre réponse sera invariablement limitée, et donc source de conflit.

Si tout cela est bien clair, voulez-vous donc, s’il vous plaît, être ouverts à la question, l’écouter, l’observer sans le moindre mouvement de la pensée ?

.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

24/11/2007

J.K - 14/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Ensemble, nous essayons ici de découvrir s’il existe une action qui soit entière, holistique.

Ce mot « holistique » signifie sensé, sain, rationnel,
et le mot « entier, total » signifie aussi saint.

C’est tout cela qu’implique l’expression « holistique ».

Existe-t-elle, cette action, qui ne serait source d’aucun conflit, ne serait pas source perpétuelle de problèmes ?

Comment allons-nous le découvrir ensemble ?

Comment aborde-t-on une question comme celle-ci ?

Comment regarder, ou écouter une question pareille posée en votre présence ?

Soit vous dites qu’une action de ce type n’existe pas, et vous vous bloquez,
soit vous dites qu’elle est éventuellement possible.

Mais encore une fois, la possibilité, l’éventualité, ce n’est pas la réalité.

Donc, pour savoir si cette action existe, il est très important de découvrir comment vous entendez,
comment vous écoutez le contenu de la question, et,
lorsque la question est posée, de savoir si votre esprit, votre cerveau s’efforce de trouver une réponse,
ou bien s’il est vraiment à l’écoute, attentif à la signification des mots.

Le mot n’est qu’un moyen de communication : le mot n’est pas la chose, jamais il n’y a identité entre les deux ;
le symbole n’est pas le réel.

La façon dont vous entendez ce défi est donc capitale – ce défi dont la solution passe éventuellement par des voies intellectuelles, rationnelles, raisonnables.

Si vous avez recours pour le résoudre à des méthodes de l’ordre de la raison, vous arriverez inévitablement à la conclusion que c’est impossible.

Le processus logique est une activité de la pensée, toujours limitée,
par conséquent votre réponse au défi sera limitée,
et vous ne trouverez pas de réponse à la question.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

23/11/2007

J.K - 13/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Le temps est donc le facteur-clé de la connaissance et de l’accomplissement personnels, du progrès individuel.

Le temps est utilisé en termes de : « Je suis seul, mais je vais échapper à la solitude », ou : « Je vais la comprendre », ou : « Je vais faire en sorte que les choses changent ».

Tout cela implique le temps.

Et nous disons qu’après avoir accumulé des connaissances, nous agirons avec compétence.

Je veux être un bon charpentier, donc je deviens l’apprenti d’un maître charpentier, et j’apprends, grâce à des années d’apprentissage, tout comme le chirurgien, l’homme d’affaires, le prêtre, etc.

Le temps, c’est le savoir.

C’est sur la base de ce savoir que nous agissons.

Ou bien nous agissons, puis nous tirons ensuite les leçons de cette action – ce qui, là encore, se transforme en savoir.

Il y a deux façons d’agir : soit en accumulant le savoir au préalable – comme le chirurgien...


.../...


Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

22/11/2007

J.K - 12/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Notre question, c’est donc de savoir s’il existe une action juste.

Pas quelque chose de superficiel, qui apporte une satisfaction immédiate, mais une action qui ne soit pas issue du temps.

Il faut comprendre ce qu’est le temps.

Pour la plupart d’entre nous, le temps a beaucoup d’importance – et pas seulement le lever et le coucher du soleil, ou la transition d’hier à aujourd’hui puis à demain, le temps des horloges, le temps solaire, mais aussi tout le concept du temps psychologique.

Notre cerveau a évolué au fil du temps – depuis la cellule unique des origines jusqu’à ce jour.

Ce cerveau fonctionne dans le temps, il est conditionné par le temps. C’est clair.

Et nous nous servons du temps comme d’un moyen d’accomplissement personnel, moyen d’apprendre une langue, moyen d’accumuler des connaissances en vue d’agir avec compétence – ou sans.

Le temps est donc dans notre vie un facteur de conditionnement fondamental.

Il y a l’espoir, il y a l’avenir – qui est lui-même espoir ; et le temps sous forme de passé, avec ses souvenirs, ses expériences.

Et le savoir procède du temps. Qu’il s’agisse de connaissances scientifiques, psychologiques, ou de la connaissance de soi, tout ce savoir est inclus dans le cadre du temps.

Lorsqu’on dit : « Je vais devenir meilleur », « Je ne vais plus être comme ceci, mais comme cela », tout cela implique le temps.

Je vous en prie, pensons et observons ensemble.

Vous n’êtes pas seulement là, à écouter un orateur exposer toute une série d’idées que vous accueillez, puis vous remémorez, en disant : « J’ai appris ».

Nous sommes en train d’observer ensemble, en ce moment même, avec attention.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

20/11/2007

J.K - 11/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Nous posons donc la question suivante : qu’est-ce que l’action, et qu’est-ce qui est juste, précis, correct ?

Qu’est-ce qu’une action qui n’entraîne pas de conflit ? Une telle action existe-t-elle ?

La matinée est splendide.
Que c’est beau d’être là, sous les arbres.
De contempler, dans la lumière diaprée, les montagnes, leur pureté, leur profil si délicat, si net, si pur.
Et celui qui vit parmi tout cela, dans ce pays merveilleux, soumis de jour en jour à la ruine et à la dévastation, l’homme – qui devrait être l’entité la plus extraordinaire, la plus parfaite – a apporté le chaos dans le monde.


C’est une immense tragédie dont vous n’avez pas conscience ; car nous n’avons pas conscience de ce que nous sommes, parce que nous n’avons pas pris conscience de nous-mêmes, nous n’avons pas conscience de nos actions.

Nous nous laissons perpétuellement mener par les politiciens, les prêtres, les évangélistes, les professeurs, les spécialistes.

Nous n’assurons pas nous-mêmes notre éducation ; celle-ci se fait en suivant des schémas préétablis – ce n’est donc nullement une éducation, mais rien qu’une éducation parcellaire.

L’éducation en profondeur, c’est celle qu’on se donne soi-même, c’est se comprendre soi-même, c’est connaître le contenu total de ce qu’on est.


Et c’est à travers la relation que l’on doit observer ce contenu global de l’ego.

Dans la relation, il y a conflit, car le conflit apparaît dès lors que chaque individu se croit séparé, et manifeste son ambition, sa cupidité, sa soif de réussite, son attachement – que ce soit aux croyances, aux dogmes, ou à une personne, un idéal, une expérience.

Et ce genre d’attachement engendre la corruption.

.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

19/11/2007

JK - 10/17 "une manière d'agir totalement différente"

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Krishnamurti assis dans l'herbe.

Il faut donc tout d’abord découvrir de nous-mêmes s’il existe une action qui soit juste, correcte en toutes circonstances.

La pensée peut-elle être à l’origine d’une telle action juste ?

Ce que nous entendons par « juste », c’est une action précise, objective, ni personnelle ni romantique, une action qui ne contribue pas à l’aggravation du conflit.

Nous allons enquêter ensemble, afin de découvrir si une telle action juste existe.

Car à l’heure actuelle, dans notre civilisation contemporaine, chacun est persuadé que l’accomplissement de son désir, de ses plaisirs, sans aucune restriction, sans aucune notion de compréhension, constitue l’action juste.

Mais ce type d’action mène à des conflits accrus, à un chaos accru - c’est ce qui se passe de nos jours sur cette malheureuse terre.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

18/11/2007

J.K - (9/17) "une manière d'agir totalement différente"

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En quoi consiste l’activité de la pensée ?

Toute notre action est basée sur cette activité de la pensée. En d’autres termes, notre action naît de l’expérience, du savoir accumulé et de la mémoire stockés dans le cerveau.

Et la pensée est partie intégrante de cette mémoire, de ce savoir, de cette expérience.

Mais puisque l’expérience et le savoir, quelles que soient les circonstances, ne peuvent jamais être complets, la pensée, inévitablement, et quelles que soient les conditions, reste limitée.

La pensée n’est pas non plus sacrée.

Toutes ces émanations de la pensée qu’abritent les temples, les mosquées, les églises, n’étant rien d’autre que le résultat de la pensée, n’ont aucun caractère sacré.


Existe-t-il quoi que ce soit dans la vie qui soit sacré, qui n’émane pas de la pensée ?

La pensée est un processus matériel — les savants eux-mêmes commencent à l’admettre, mais, bien entendu, les gens de religion s’y refusent.

Seul un esprit religieux peut découvrir ce qui est sacré ; et ce qu’il faut pour le découvrir, c’est la méditation
.


Mais la méditation, si elle ne va pas de pair avec la compréhension du monde et de soi-même, n’a pas de sens.

Car cette méditation n’est alors qu’une fuite devant « ce qui est ».

Et s’il n’y a point d’ordre dans notre vie — un ordre total, absolu — la méditation n’est qu’un penchant à se complaire dans les délices d’une activité névrotique.

.../...

Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

17/11/2007

J.K - (8/17) "une manière totalement diférente d'agir"

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Je vous en prie, ne vous contentez pas d’acquiescer aux propos de l’orateur, mais menez votre investigation, réfléchissez, observez.

Ne soyez le disciple de personne — surtout dans le domaine de l’esprit — pas plus des gourous de l’Inde que des gourous à l’occidentale, ne vous fiez pas non plus aux soi-disant méditations que ces gens-là ont inventées.

Ils se sont inspirés de bases anciennes qu’ils ont reformulées ; et les gens, qui sont généralement crédules et cherchent à être sécurisés d’une manière ou d’une autre, gobent facilement toutes ces fadaises.


Ne vous laissez donc pas influencer par l’orateur, je vous en conjure, n’adhérez pas à ses propos.

Mais observez le monde tel qu’il est. Observez-le en dehors de toute directive, de tout mobile, de toute idée préconçue.

Regardez-le.

La conscience, comme nous l’avons dit, est élaborée par la pensée.

Or, la pensée est un processus matériel.

C’est la pensée qui a construit les édifices magnifiques à l’architecture superbe ; c’est elle qui est l’auteur des peintures, des poèmes, des statues.

La pensée peut détruire la nature, mais ce n’est pas la pensée qui a créé ce bel animal dynamique qu’est le tigre.

La pensée n’a pas fait les fleuves, les montagnes, le ciel, et pourtant la pensée peut les dévaster.

Il est essentiel de comprendre clairement la nature de la pensée, car c’est la pensée qui a élaboré le contenu de notre conscience et comme c’est en elle que réside la crise, la pensée doit faire l’objet d’une investigation approfondie.

.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

16/11/2007

J.K - (7/17) "une manière totalement différente d'agir"

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photo du val de monet


C’est donc la pensée qui a bâti cet univers, tant dans sa dimension psychologique que technologique.

C’est la pensée qui a suscité la relation homme-femme.

Cette relation est très conflictuelle.

Ensemble, vous explorez, en compagnie de l’orateur, les raisons pour lesquelles l’homme, qui est censé être éduqué, sophistiqué, habile à résoudre les problèmes, en est arrivé là après tous ces millions d’années.

Il est en perpétuel conflit intérieur et extérieur.

Il est en proie à la confusion, à la névrose, il croit en quelque chose qui est dénué de réalité, il s’accroche à certains concepts et à certains idéaux pour lesquels il est prêt à tuer.

Il se peut que ce soit le processus du temps, de l’évolution, qui l’ait amené jusqu’à ce stade. Les philosophes, parmi tant d’autres, disent qu’il faut accepter ce conditionnement de l’homme, qu’il faut vous accepter tels que vous êtes.

Ils disent que vous pouvez modifier ce conditionnement, que vous pouvez le changer quelque peu, superficiellement ; mais tout au fond, au tréfonds même de notre existence, il est impossible de modifier radicalement ce conditionnement.

Ils vous disent, en conséquence, de le modifier, et de vivre de votre mieux, en tirant le meilleur parti de ce monde ; aussi malheureux soit-il, acceptez-le, et efforcez-vous d’y vivre sans trop de conflit.

Mais nous, nous affirmons que ce conditionnement, que cette crise au sein de la conscience, peuvent être à l’origine d’une transformation radicale.

.../...


Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

15/11/2007

J.K - (6/17) "une manière totalement différente d'agir"

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photo alain : "le monet"



Sans vous laisser imposer quoi que ce soit par un tiers, ou par l’orateur, observez vous-même, en toute lucidité, en toute objectivité, observez les faits, d’une manière qui ne soit ni personnelle ni émotionnelle.

Nous ne sommes pas identiques physiquement — on peut être homme ou femme, plus ou moins clair ou foncé de peau, avoir des yeux de couleur différente, et ainsi de suite, mais intérieurement, tout au fond de nous, nous sommes exposés aux mêmes phénomènes que le reste de l’humanité.

C’est une constatation logique, raisonnable, sensée.

Et si l’on comprend, si l’on perçoit en profondeur ce fait, alors nous sommes totalement responsables de tout ce qui se passe dans le monde. Nous abordons là une situation extrêmement sérieuse ; car en effet les êtres humains sont en voie de dégénérescence, en passe de se détruire.

Cette conscience, où la crise a son siège — et nulle part ailleurs — est une élaboration de la pensée.

Notre conscience, avec tout son contenu, est le produit de la pensée.

En Occident, la pensée a accepté une propagande religieuse vieille de deux mille ans.

En Orient, tout comme à l’Ouest, la pensée a créé des images, des rituels, des symboles, des superstitions religieuses, des croyances dogmatiques, une foi, etc.

C’est irréfutable, la raison en prend note. On peut constater les limites de la raison, mais il faut être capable de raisonner de manière très claire.

.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

14/11/2007

J.K - (5/17) "une manière d'agir totalement différente"

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photo Alain : "val du monet"



Où que l’on vive dans le monde, ce sentiment d’individualité a toujours été mis en valeur.

Les religions l’ont soutenu, l’éducation l’a maintenu.

Et cette liberté, censément individuelle, a suscité dans l’univers un formidable chaos.

La constatation est claire. Nous nous croyons libres parce que nous pouvons choisir ; mais le choix implique l’incertitude, le manque de clarté.

La clarté ne peut apparaître qu’en l’absence de conflit, et cette clarté-là ne relève pas du choix. Seul un esprit obscur, confus, incertain entreprend de choisir.

Je vous en prie, menez votre propre enquête à mesure que nous avançons.

Nous n’édictons pas la loi ; nous ne vous menons nulle part ; il ne s’agit ici ni d’acceptation ni de soumission ; il s’agit en fait d’une réflexion commune que nous menons ensemble.

En matière d’esprit, en matière d’investigation psychologique approfondie, il faut être libre de tout sentiment d’allégeance envers qui que ce soit.

Car c’est un royaume où il n’y a ni chef ni guide.

Il faut observer, constater, voir de soi-même avec lucidité qui l’on est vraiment — sans suivre les vues d’aucun philosophe, psychothérapeute ou psychologue.

Eux aussi sont des êtres humains, eux aussi connaissent la souffrance, l’angoisse, le désespoir de la solitude. Ils contribuent donc eux aussi à cette confusion.

Eux aussi partagent cette conscience commune.

.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

13/11/2007

J.K - (4/17) "une manière d'agir totalement différente"

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photo suna : "Val du Monet - Sarthe"


Cette conscience est donc commune à l’humanité toute entière.

Ceci doit être clairement compris.

Il n’y a là nulle contradiction ; il ne s’agit pas d’un point de vue, de quelque invention de l’auteur.

Si nous examinons les choses très à fond, d’une manière objective et non personnelle, nous constatons que, psychologiquement, tel est bien le fond commun de l’humanité toute entière.

Cette nouvelle ne nous réjouit pas forcément, car nous croyons tous êtres des individus, distincts de tous les autres, et nous nous efforçons de nous identifier à quelque chose, de nous réaliser, de devenir.

Nous sommes tous individualistes, étriqués, limités.

Mais la réalité, sur le plan psychologique, c’est que nous ne sommes pas des individus.

Vous êtes le collectif. Nous sommes le résultat de ces millions et millions d’années.

Notre conscience est la conscience commune de toute l’humanité.

Et si nous ne comprenons pas cela très clairement, nous ne serons pas en mesure de poursuivre cette investigation de manière lucide.


.../...



Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

12/11/2007

J.K - (3/17) "une manière d'agir totalement différente"

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Identifier cette conscience comme étant la mienne et la vôtre, est une erreur totale, car notre conscience est la conscience de l’humanité.

L’homme, la femme, où qu’ils se trouvent dans l’univers, sont en perpétuel effort, en perpétuel conflit, sans jamais résoudre aucun des problèmes tels que la peur, la souffrance, la solitude, mais toujours en quête de plaisir.

Cette solitude, ce chagrin, cette douleur,cette souffrance, ponctués d’éclairs occasionnels de joie et d’amour, sont le lot commun de l’humanité.

C’est une réalité psychologique patente, mais la plupart d’entre nous répugnent à la voir, tant nous nous identifions à notre conscience spécifique, à notre chagrin spécifique, à notre félicité spécifique.

Mais la réalité psychologique — pour peu que l’on observe attentivement, avec toute la finesse d’une conscience aiguisée — le fait, donc c’est que partout dans l’univers, aux quatre points cardinaux, les êtres humains passent par des épreuves, des expériences rigoureusement identiques aux vôtres.

.../...


Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

11/11/2007

J.K - (2/17) "une manière d'agir totalement différente"

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Ce ne sont ni la politique, ni les religions en place, ni l’accumulation de connaissances scientifiques qui vont résoudre nos problèmes — pas plus que les psychologues, les prêtres, les spécialistes.

La crise, elle est dans notre conscience, c’est-à-dire dans notre esprit, dans la manière que nous avons de considérer le monde sous un angle étriqué et limité.

C’est là qu’est la crise.

L’esprit humain a évolué sur des millions et des millions d’années, il est conditionné par le temps et l’évolution.

Un esprit conditionné de la sorte, avec la conscience étroite, limitée, exclusive qui est la sienne — considérant la crise qu’il traverse dans le monde actuel — peut-il jamais être changé ?

Peut-il amener un changement radical au sein de ce conditionnement ?

.../...





Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

10/11/2007

J.K - (1 /17) "une manière d'agir totalement différente"

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Une manière d’agir totalement différente


Krishnamurti - Il ne s’agit pas ici d’une propagande idéologique, ni d’une forme de croyance, ni de conclusions d’ordre philosophique, ni d’une religion dans l’acception communément admise du terme.

Nous observons ce qui se passe dans le monde. Il ne s’agit pas d’un point de vue personnel mis en avant par l’orateur ; c’est ensemble que nous observons lucidement — sans aucun préjugé, sans nous identifier à une portion spécifique de l’univers, ni à aucune croyance, à aucun dogme religieux — nous observons donc l’extrême violence à l’oeuvre dans le monde : les guerres, la menace de la bombe atomique, les dissensions religieuses, les divisions nationalistes avec leur panoplie d’armements.

L’univers dans lequel nous vivons est un univers dangereux, et la plupart des gens ne se rendent pas compte, je le crains, de l’immense dégradation, de l’immense dégénérescence en marche dans le monde entier.

Et nous nous efforçons d’appliquer à ces problèmes des solutions politiques, économiques, sociales ou évangéliques — ce qui, bien entendu, ne fait qu’accroître encore la confusion, la séparation, la division et donc le confit.

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Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.

Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).

09/11/2007

J.K - "... aux enseignants"

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L’essence de l’enseignement



Cette déclaration a été rédigée, à l’origine par Krishnamurti lui-même le 21 octobre 1980, pour figurer dans le second volume - « Les années d’accomplissement » - de la biographie de Krishnamurti par Mary Lutyens (Editions Arista (1984) , épuisée, pour la traduction française). En la relisant, Krishnamurti a ajouté quelques phrases au texte.

Krishnamurti 1969


L’essence de l’enseignement de Krishnamurti est contenu dans sa déclaration de 1929 où il dit « la Vérité est un pays sans chemin ».

Aucune organisation, aucune foi, nul dogme, prêtre ou rituel, nulle connaissance philosophique ou technique de psychologie ne peuvent y conduire l’homme.

l lui faut la trouver dans le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l’observation et non par l’analyse intellectuelle ou la dissection introspective.

L’homme s’est construit des images religieuses, politiques ou personnelles, lui procurant un sentiment de sécurité. Celles-ci se manifestent en symboles, idées et croyances.
Le fardeau qu’elles constituent domine la pensée de l’homme, ses relations et sa vie quotidienne.

Ce sont là les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l’homme de l’homme.


Sa perception de la vie est façonnée par les concepts préétablis dans son esprit.

Le contenu de sa conscience est cette conscience.

Ce contenu est commun à toute l’humanité.

L’individualité est le nom, la forme et la culture superficielle que l’homme acquiert au contact de son environnement.

La nature unique de l’individu ne réside pas dans cet aspect superficiel, mais dans une liberté totale à l’égard du contenu de la conscience.

La liberté n’est pas une réaction ; la liberté n’est pas le choix.
C’est la vanité de l’homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose.

La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense.
La liberté n’a pas de motif ; la liberté ne se trouve pas au terme de l’évolution de l’homme mais réside dans le premier pas de son existence.

C’est dans l’observation que l’on commence à découvrir le manque de liberté.

La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne.

La pensée est temps.

La pensée est née de l’expérience, du savoir, inséparables du temps.

Le temps est l’ennemi psychologique de l’homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l’homme se trouve toujours esclave du passé.

Quand l’homme percevra le mouvement de sa propre conscience il verra la division entre le penseur et la pensée, l’observateur et l’observé, l’expérimentateur et l’expérience.

Il découvrira que cette division est une illusion.


Alors seulement apparaît la pure observation qui est vision directe, sans aucune ombre provenant du passé.

Cette vision pénétrante, hors du temps, produit dans l’esprit un changement profond et radical.

La négation totale est l’essence de l’affirmation.

Quand il y a négation de tout ce qui n’est pas amour - le désir, le plaisir - alors l’amour est, avec sa compassion et son intelligence.

08/11/2007

J.K - "... aux enseignants"

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Pour voir clairement il faut qu’il y ait liberté et non une vision contrôlée


Question. - Ne dites-vous pas tout simplement que pour regarder convenablement il faut être objectif ?

Réponse. - Oui, mais le mot objectif ne suffit pas.

Ce dont nous parlons n’est pas l’impitoyable objectivité du microscope mais un état où il y a compassion, sensibilité et profondeur.

La discipline, comme nous l’avons dit, c’est connaître, connaître l’austérité n’entraîne pas la violence, ni vis-à-vis de soi-même ni vis-à-vis des autres.
Or, la discipline telle qu’elle est comprise habituellement est une action de la volonté, laquelle est violente.

La plupart des gens à travers le monde semblent croire que la liberté est le fruit d’une longue discipline.

Voir clairement est sa propre discipline.
Pour voir clairement il faut qu’il y ait liberté et non une vision contrôlée.
Et c’est ainsi que la liberté n’est pas à la fin, mais la compréhension de la liberté comporte sa propre discipline.

Ce sont deux choses inséparables ; si vous prétendez les séparer il y a conflit.
Pour surmonter ce conflit, il faut une action de la volonté qui engendre de nouveaux conflits.
C’est une chaîne sans fin.

Ainsi, la liberté est au commencement et non à la fin : ou encore le commencement est la fin.
Connaître tout ceci est une discipline spontanée.
Cela exige de la sensitivité.

Si vous n’êtes pas sensitif à vous-même - à votre milieu, à vos rapports - si vous n’êtes pas sensitif à tout ce qui se passe autour de vous, à la cuisine ou dans le monde extérieur, alors, quelque discipline que vous vous imposerez, vous ne ferez que devenir de plus en plus insensitif, de plus en plus centré sur vous-même - et alors vous verrez proliférer les problèmes.

Connaître c’est être sensitif à l’égard de soi-même, du monde qui vous entoure, parce que le monde qui vous entoure c’est vous-même.
Si vous êtes sensitif vis-à-vis de vous-même, forcément vous le serez vis-à-vis du monde.

Cette sensitivité est la cime de l’intelligence, ce n’est pas la sensitivité d’un spécialiste - docteur, savant ou artiste.

De telles fragmentations font obstacle à la sensibilité.


Le changement créateur. Pages 99 et 100. Chapître : Discipline. Editions Delachaux et Niestlé.1972.

07/11/2007

J.K - "féminin/masculin"

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Le masculin et le féminin, en tant que positif et négatif, sont de par leur nature même dualistes, alors que l’équilibre complet, une harmonie entre les deux, comporte une qualité différente


Kr. - Le masculin, en général, est l’élément agressif, violent, dominateur ; le féminin est l’élément calme, lequel, prenant l’apparence de la soumission, est exploité par l’autre.

Mais cette soumission, qui est en général considérée comme une qualité féminine, est en réalité une douceur qui, petit à petit, conquiert le principe opposé.

Quand les deux principes sont en harmonie complète, la qualité de chacun d’eux subit un changement.
l n’est plus masculin ou féminin.

Il est quelque chose d’entièrement différent, en regard de ce qui est caractérisé habituellement par ces termes.

Le masculin et le féminin, en tant que positif et négatif, sont de par leur nature même dualistes, alors que l’équilibre complet, une harmonie entre les deux, comporte une qualité différente.

Puis-je le dire... c’est comme celle de la terre où toutes choses vivent sans pourtant lui appartenir.
J’ai vu cela survenir très souvent.

Quand l’esprit tout entier se retire du physique et de l’environnement, il semble se tenir très loin, non pas dans le temps et dans l’espace, mais dans dans un état que rien ne peut toucher. Cet état n’est pas une abstraction ni un recul, mais c’est un état intérieur, absolu, de « non-être ».

Quand naît cette parfaite harmonie, elle comporte sa propre vitalité, parce qu’elle est sans conflit. Elle ne détruit pas l’autre.

Ainsi, le conflit n’existe pas seulement à l’extérieur, mais encore à l’intérieur, et quand ce conflit prend fin complètement, il y a une mutation qui n’est pas touchée par le temps.

P. - L’alchimiste l’appelait la naissance de Kumara, l’enfant magique - celui qui ne vieillit jamais, celui dont l’innocence est complète.

Kr. - C’est très intéressant. Mais voyez-vous, l’alchimie est devenue synonyme de tellement de magies
« à la noix ».

Tradition et Révolution.Pages 25 et 26. Chapître Alchimie et mutation. Editions Stock/Monde ouvert. 1978

06/11/2007

J.K - "... aux enseignants"

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"La vérité naît lorsqu'il y a cessation complète de la pensée; et la pensée ne disparaît que lorsque le moi est absent."

(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / De l'Education / 1967)

05/11/2007

J.K - "... aux enseignants"

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"Si nous voulons changer les conditions existantes, nous devons d'abord nous transformer nous-mêmes, c'est-à-dire devenir conscients de nos actions, de nos pensées, de nos sentiments dans notre vie quotidienne."

(Jiddu Krishnamurti / 1895-1986 / De l'Education / 1967)

04/11/2007

J.K - "féminin/masculin"

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Le masculin et le féminin, en tant que positif et négatif, sont de par leur nature même dualistes, alors que l’équilibre complet, une harmonie entre les deux, comporte une qualité différente

Krishnamurti.

03/11/2007

J.K - "féminin/masculin"

Quand existe cet équilibre complet entre le principe masculin et le principe féminin, alors l’organisme ne tombe jamais vraiment malade

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02/11/2007

J.K - "... aux enseignants"

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« Le but de l’éducation est d’amener de justes rapports, non seulement entre les individus, mais aussi entre l’indi­vidu et la société, et c’est pourquoi il est essentiel qu’avant toute chose, l’éducation aide l’individu à comprendre ses propres processus psychologiques.

L’intelligence consiste à se comprendre soi-même et à s’élever au-dessus et au-delà de soi-même ; mais il ne peut y avoir d’intelligence tant qu’il y a de la peur.

Celle-ci pervertit l’intelligence et est une des causes de notre action autocentrique.

L’éducation juste doit approfondir cette question de la peur, parce que celle-ci dénature toute notre vision de la vie.

Etre sans peur est le commencement de la sagesse, et seule une éducation juste peut instaurer cette libération de la peur qui comprend toute intelligence profonde et créatrice. »


Krishnamurti

01/11/2007

J.K - "L'amour a-t-il des responsabilités et des devoirs ?"

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L’amour ne comporte ni devoir ni responsabilité

L’amour a-t-il des responsabilités et des devoirs, et se sert-il de ces mots ?

Lorsqu’on agit par devoir, y a-t-il de l’amour ?

La notion de devoir ne l’exclut-elle pas ?

La structure du devoir emprisonne l’homme et le détruit.

Tant qu’on s’oblige à agir par devoir, on n’aime pas ce que l’on fait.

L’amour ne comporte ni devoir ni responsabilité.

La plupart des parents se sentent, malheureusement, responsables de leurs enfants, et ce sens de responsabilité les pousse à leur dire ce qu’ils doivent faire, ce qu’ils ne doivent pas faire, ce qu’ils doivent devenir.

Les parents veulent que leurs enfants aient une situation sûre dans la société. Ce qu’ils appellent responsabilité fait partie de cette respectabilité pour laquelle ils ont un culte, et il me semble que là où est cette respectabilité il n’y a pas d’amour.

Ils n’aspirent, en fait, qu’à devenir de parfaits bourgeois.

Lorsqu’ils éduquent leurs enfants en vue de les adapter à la société, ils perpétuent les conflits, les guerres, la brutalité.

Est-ce cela que vous appelez protection et amour ?


J. Krishnamurti Se libérer du connu Chapitre 10 (p. 83)