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31/12/2007

J.K - Nous ne savons pas si nous sommes riches...

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Le monde est un bon endroit,
nous mettons tout en œuvre pour y échapper par le culte,
la prière,
nos amours
et nos peurs.

Nous ne savons pas si nous sommes riches ou pauvres,

nous ne sommes jamais allés en profondeur en nous-mêmes
et n’avons découvert ce qui est.

Nous existons à la surface,
satisfaits de si peu,
et rendus heureux et malheureux par de si petites choses.

Nos petits esprits ont de petits problèmes
et de petites réponses,
et c’est ainsi que nous passons nos journées.

Nous n’aimons pas,
et quand nous le faisons c’est toujours avec la peur et la frustration,
avec la peine et la nostalgie.


Lettres à un jeune ami -

30/12/2007

J.K - Qu’est-ce que c’est qu’être centré sur soi ?

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Quand êtes-vous conscients d’être le « moi » ?

Comme je l’ai souvent suggéré au cours de ces entretiens,
ne m’écoutez pas simplement verbalement,
mais utilisez les mots comme un miroir dans lequel vous voyez votre propre esprit en activité.

Si vous écoutez simplement mes mots, alors vous êtes très superficiel,
et vos réactions seront très superficielles.

Mais si vous pouvez écouter,
non pas pour me comprendre ou comprendre ce que je dis,
mais pour vous voir vous-même dans le miroir de mes mots ;
si vous m’utilisez comme un miroir dans lequel vous découvrez votre propre activité,
alors cela aura un effet extraordinaire et profond.

Mais si vous écoutez simplement comme dans des conférences de politique ou de tout autre sujet,
je crains alors que vous ne manquiez l’implication entière de la découverte par vous-même de cette vérité qui dissout le centre du « moi ».



Œuvres collectées, Vol. VI - 321

29/12/2007

J.K - "Vous travaillez dur…"

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Vous travaillez dur… œuvrer pour que l’esprit soit libre est beaucoup plus ardu.


Vous travaillez dur pour votre vie quotidienne,
vous consacrez des années entières à cette affaire qui consiste à être dirigé pour gagner votre vie,
en supportant les insultes,
l’inconfort,
l’indignité,
la flagornerie.

Mais œuvrer pour que l’esprit soit libre est beaucoup plus ardu ;
cela requiert une grande pénétration d’esprit,
une grande compréhension,
une conscience large dans laquelle l’esprit connaît tous ses obstacles,
ses blocages,
ses mouvements d’aveuglement,
ses fantasmes,
ses illusions,
ses mythes.

Une fois que l’esprit est libre, il peut commencer à enquêter, à rechercher, mais pour un esprit, chercher alors qu’il n’est pas libre n’a pas de sens.

Est-ce que vous comprenez ?

L’esprit qui voudrait trouver la vérité,
Dieu,
cette extraordinaire beauté et la profondeur de la vie,
la plénitude de l’amour,
doit d’abord être libre.

Cela n’a pas de sens pour un esprit qui est mis en forme,
qui est conditionné,
tenu dans les limites de la tradition,
de dire

« Je cherche la vérité, Dieu ».

Un tel esprit est comme un âne attaché à un poteau :

il ne peut aller plus loin que la longueur de sa corde.


Œuvres collectées, Vol X - 164

28/12/2007

J.K - 4/4 - "Le penseur réalise-t-il qu’il est limité, ou est-ce la pensée qui réalise qu’elle est limitée ?"

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.../...

P : Je n’ai pas dit cela.
Je n’ai jamais dit que vous inventiez Dieu.

J’ai dit que jusqu’à ce point votre position est matérielle, logique, rationnelle ;
soudain vous introduisez un autre élément.

Krishnamurti
: Non.

Regardez.

La pensée elle-même réalise
- pas le penseur qui pense qu’il ne peut pas,
et de ce fait postule une superconscience,
un moi plus grand,
Dieu ou ce qu’il veut

- mais la pensée elle-même réalise que tout mouvement qu’elle fait est à l’intérieur du champ du temps.

Alors que se passe-t-il ?

Alors la pensée devient complètement silencieuse
- c’est un fait observable,
que l’on peut tester.

Le silence n’est pas le résultat de la discipline.

Alors, que se passe-t-il ?



TRADITION ET REVOLUTION DIALOGUE 25 - BOMBAY 9 Février 1971 'DIEU'

J.K - 3/4 - "Le penseur réalise-t-il qu’il est limité, ou est-ce la pensée qui réalise qu’elle est limitée ?"

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.../...

Krishnamurti
: Je réalise que la pensée et le penseur sont très très limités et je ne m’arrête pas là.

Le faire serait de la pure philosophie matérialiste.

Ce à quoi aboutissent beaucoup d’intellectuels de l’Est et de l’Ouest.

Mais ils sont toujours limités, et étant limités,
ils avancent mais restent liés à un pôle qui est leur expérience, leur croyance.

Maintenant, si je peux répondre à la question

- la pensée elle-même réalise ses propres limitations, alors qu’est-ce qui a lieu ?

Sachant que la pensée est énergie,
que la pensée est mémoire,
que la pensée est le passé,
le temps,
la souffrance,
alors qu’est-ce qui a lieu ?

Elle réalise que tout mouvement de pensée est la conscience,
est le contenu de la conscience,
et sans le contenu il n’y a pas de conscience.

Maintenant qu’est-ce qui a lieu ?

Est-ce observable, ou non ?

Je n’invente pas Dieu.

.../...

TRADITION ET REVOLUTION DIALOGUE 25 - BOMBAY 9 Février 1971 'DIEU'

27/12/2007

J.K - 2/4 - "Le penseur réalise-t-il qu’il est limité, ou est-ce la pensée qui réalise qu’elle est limitée ?"

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.../...

P : Voyez-vous Monsieur, c’est toute la question.
Si vous arrêtiez votre enseignement à ce point précis, je comprendrais.
Si vous l’arrêtiez à ce point,
disant que la pensée elle-même voit cela,
que les cellules cérébrales elles-mêmes voient cela et s’arrêtent là,
alors il y a une logique et une cohérence totale ;
mais vous poursuivez, allant au-delà de ce propos,
et vous ne pouvez plus utiliser aucun mot.
Appelez-le comme vous voulez,
mais la notion de Dieu est introduite à ce moment-là.

Krishnamurti : Je n’accepterais pas le mot « Dieu »

P : Vous nous amenez à ce point par le raisonnement, par la logique.
Vous ne nous laissez pas à ce stade.

Krishnamurti
: Naturellement pas.

P : C’est le vrai paradoxe.

Krishnamurti
: Je refuse de considérer cela comme un paradoxe.

F : La matière de quelque chose et sa signification ne peuvent pas être interchangés.
« P » mélange les deux.

Krishnamurti
: Ce qu’elle dit est assez simple :
le penseur et la pensée - nous pouvons voir la logique entière de cela,
de ce que vous dites,
mais vous ne vous arrêtez pas là.
Vous poussez plus loin.

P : Dans une abstraction.
Je dis que la pensée et le penseur étant essentiellement un,
l’homme les a séparé pour son propre bien-être,
sa propre permanence,
sa sécurité.

Nous nous demandons si le penseur pense que la pensée est limitée et ainsi postule qu’il existe quelque chose au-delà,
parce qu’il doit obtenir la sécurité ;
ou si la pensée dit que quelque soit le mouvement aussi subtil, clair, raisonnable qu’il soit,
la pensée est toujours limitée.
Mais K ne dit pas cela.
K va plus loin, dans des abstractions.

.../...

TRADITION ET REVOLUTION DIALOGUE 25 - BOMBAY 9 Février 1971 'DIEU'

J.K - 1/4 - "Le penseur réalise-t-il qu’il est limité, ou est-ce la pensée qui réalise qu’elle est limitée ?"

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Krishnamurti
: (...) Ainsi nous posons la question :
le penseur réalise-t-il qu’il est limité,
ou est-ce la pensée qui réalise qu’elle est limitée ?
Les deux propositions sont entièrement différentes.

F
: Nous connaissons seulement un état de penseur qui pense des pensées.

Krishnamurti
: C’est tout ce que nous connaissons.
Donc, le penseur dit invariablement que nous devons aller au-delà de la pensée ;
de ce fait il pose la question :
Peut-on tuer l’esprit ?
Est-ce que Dieu existe ?

F
: Vous donnez une existence au penseur plutôt qu’à la pensée.

Krishnamurti
: le penseur modifie, ajoute.

Le penseur n’est pas une entité permanente, tout comme la pensée n’est pas permanente,
mais c’est le penseur qui ajuste, qui modifie.

C’est important.
Je peux me tromper.
Il est important de découvrir si le penseur voit qu’il est limité,
ou si c’est la pensée en tant qu’idée – l’idée étant de la pensée organisée – qui pense qu’elle est limitée.

A présent, qui le dit ?

Si le penseur dit qu’il est limité,
alors le penseur dit qu’il doit y avoir quelque chose au-delà.

Alors le penseur dit qu’il doit exister Dieu,
qu’il doit y avoir quelque chose au-delà du fait de penser.
D’accord ?
Si c’est la pensée elle-même qui réalise qu’elle ne peut aller au-delà de ses propres limites,
au-delà de ses propres cellules cérébrales,
cellules en tant que matière cérébrale,
en tant que racine du mécanisme de la pensée ;
si c’est la pensée qui réalise cela, qu’est-ce qui a lieu ?

.../...


TRADITION ET REVOLUTION DIALOGUE 25 - BOMBAY 9 Février 1971 'DIEU'

26/12/2007

J.K - "La peur n’est pas simplement à la surface de l’esprit"

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Pour comprendre ce problème de la peur,
vous devez y entrer le plus profondément possible,
parce que la peur n’est pas simplement à la surface de l’esprit.

La peur ce n’est pas seulement être effrayé par votre voisin ou perdre un emploi ;
c’est beaucoup plus profond que cela,
et comprendre cela requiert une pénétration en profondeur.

Pour pénétrer profondément, vous avez besoin d’un esprit très aiguisé,
et l’esprit n’est pas rendu aiguisé par de simples argumentations ou évitements.

On doit entrer dans le problème pas à pas, et c’est pourquoi il est très important de comprendre ce processus entier de donner un nom.

Quand vous nommez un groupe entier de gens en les appelant Musulmans, ou ce que vous voulez,
vous vous débarrassez d’eux ;
vous n’avez pas besoin de les regarder comme des individus,
ainsi le nom,
le mot,
vous a empêché d’être un être humain dans une relation avec d’autres êtres humains.

De la même façon, quand vous nommez un sentiment,
vous n’observez pas le sentiment,

vous n’êtes pas totalement avec le fait.



Oeuvre collectées, Vol. XI - 151

25/12/2007

J.K - "Etes-vous quelque chose en vous-même ?"

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Interlocuteur
: Si je n’ai aucune image de moi-même, alors je ne suis rien.

Krishnamurti
: Mais êtes-vous quelque chose de toutes façons ? [Rires]

S’il vous plaît ne riez pas, c’est bien trop sérieux.

Etes-vous quelque chose en vous-même ?

Retirez de vous-même votre nom, vos titres, argent, position, votre petite capacité à écrire un livre et en être flatté – alors qu’êtes-vous ?

Ainsi pourquoi ne pas réaliser et être cela ?

Vous voyez, nous avons une image de ce qu’est n’être rien,
et nous n’aimons pas cette image ;
mais le fait réel de n’être rien,
quand vous n’avez pas d’image,
peut être entièrement différent.

Et c’est entièrement différent.

Ce n’est pas un état qui peut être réalisé en termes de n’être rien ou d’être quelque chose.

C’est entièrement différent quand il n’y a aucune image de vous-même.

Et n’avoir aucune image de vous-même exige une attention immense, un sérieux immense.

C’est uniquement celui qui est attentif, celui qui est sérieux, qui vit, pas les gens qui ont des images d’eux-mêmes.


Oeuvres collectées, Vol. XV - 196

23/12/2007

J.K - 2/2 - "Puis-je regarder la vie - la vie toute entière - sans l’image ?"

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.../...

Mais est-ce que je peux regarder - sans l’image - un être humain avec lequel je suis intime,

que je considère comme ma femme, mon mari, mon enfant ?

Si je ne le peux pas, il n’y a pas de véritable relation : la seule relation est entre les images que nous avons réciproquement.

Ainsi puis-je regarder la vie - les nuages, les étoiles, les arbres, la rivière, l’oiseau dans son vol, ma femme, mon enfant, mon voisin, cette terre entière

- puis-je voir tout cela sans l’image ?

Bien que vous m’ayez insulté,
bien que vous m’ayez blessé,
bien que vous ayez dit des choses méchantes à mon propos ou que vous ayez fait mon éloge,

puis-je vous regarder sans l’image ou la mémoire de ce que vous avez fait ou dit de moi ?


Oeuvres complètes, Vol. XVI - 169

J.K - 1/2 - "Puis-je regarder la vie - la vie toute entière - sans l’image ?"

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Est-il possible d’observer sans le penseur ?

Je regarde toutes choses avec une image,
avec un symbole,
avec la mémoire,
avec le savoir.

Je regarde mon ami, ma femme, mon voisin, le patron, avec une image que la pensée a construite.

Je regarde ma femme avec l’image que j’ai d’elle, et elle me regarde avec l’image qu’elle a de moi : la relation est entre ces deux images.

C’est un fait - ce n’est pas une invention de ma part
- c’est un fait !

La pensée a construit ces symboles, images, idées.

Puis-je regarder, d’abord, un arbre, le sol, le ciel, les nuages, sans une image ?

L’image de l’arbre est le mot que j’ai appris qui donne un certain nom à l’arbre, énonce son espèce, et évoque sa beauté.

Puis-je regarder cet arbre, ce ciel, ce sol, sans pensée, sans l’image ?

C’est assez simple, si vous l’avez déjà fait.

.../...


Oeuvres complètes, Vol. XVI - 169

22/12/2007

J.K - "le philosophe inclassable de l'amour et de la simplicité"

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J.K - "Pourquoi crée-t-on une image de soi ?"

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On a une idée, un symbole de soi, une image de soi,
de ce qu’on devrait être,
de ce qu’on est,
ou de ce qu’on ne devrait pas être.

Pourquoi crée-t-on une image au sujet de soi ?

Parce qu’on a jamais étudié ce que l’on est, réellement.

Nous pensons que nous devrions être ceci ou cela : l’idéal, le héros, l’exemple.

Ce qui réveille la colère c’est que notre idéal, l’idée que nous avons de nous-même, est attaquée.

Et notre idée à propos de nous-même est notre évasion du fait de ce que nous sommes.

Mais quand vous observez le fait réel de ce que vous êtes, rien ne peut vous blesser.

Alors, si on est menteur et qu’on s’entend dire qu’on est menteur, cela ne signifie pas qu’on est blessé :
c’est un fait.

Mais, quand vous prétendez que vous n’êtes pas menteur et que vous entendez dire que vous l’êtes, alors vous êtes en colère, violent.

Ainsi nous vivons toujours dans un monde idéal, un monde de mythes, et jamais dans le monde de la réalité.

Pour observer ce qui est, pour le voir, être réellement familier avec cela, il ne doit y avoir aucun jugement, aucune évaluation, aucune opinion, aucune peur.



Oeuvres collectées, Vol. XII - 246

21/12/2007

J.K - "Il est important de comprendre comment observer un fait"

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S’il vous plaît, écoutez ceci, ce n’est pas compliqué.

Cela demande de l’attention, et l’attention est sa propre discipline ; vous n’avez pas besoin d’introduire un système de discipline.

Voyez-vous, messieurs, ce dont ce monde a besoin ce n’est pas de politiciens ou de plus d’ingénieurs, mais d’êtres humains libres.

Les ingénieurs et les scientifiques peuvent être nécessaires, mais il me semble que ce dont le monde a besoin ce sont des êtres humains qui soient libres, qui soient créatifs, qui n’aient pas peur.

Et la plupart d’entres nous sommes tourmentés par la peur.

Si vous pouvez entrer profondément dans la peur et la comprendre vraiment, vous en ressortirez avec l’innocence, et votre esprit sera clair.

C’est ce dont nous avons besoin, et c’est pourquoi il est si important de comprendre comment observer un fait, comment regarder votre peur.

Le problème entier c’est cela - non pas comment se débarrasser de la peur, non pas comment être courageux, non pas quoi faire à propos de la peur, mais être complètement avec le fait.



Oeuvres collectées, Vol. XI - 349

20/12/2007

J.K - 2/2 - "La révolution doit commencer avec vous et moi."

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.../...

La compréhension de soi ne vient pas par le processus de retrait de la société, ou en se retirant dans une tour d’ivoire.

Si vous et moi entrons réellement dans ce sujet avec prudence et intelligence, nous verrons que c’est seulement dans la relation que nous pouvons nous comprendre , et non dans l’isolement.

Personne ne peut vivre isolé.

Vivre, c’est être relié.

C’est uniquement dans le miroir de la relation que je me comprends moi-même, ce qui signifie que je dois être extraordinairement alerte avec toutes mes pensées, mes sentiments, et mes actions dans la relation.

Ce n’est pas un processus difficile, ou un comportement surhumain ; et comme avec tous les fleuves, alors que la source est à peine perceptible, les eaux s’accélèrent à mesure qu’elles progressent et qu’elles s’approfondissent.

Dans ce monde fou et chaotique, si vous allez dans ce processus à bon escient, avec prudence, avec patience, sans condamner, vous verrez comment cela commence à s’accélérer et ce n’est pas une question de temps.


Œuvres collectées, Vol. VI - 38

19/12/2007

J.K - 1/2 - "La révolution doit commencer avec vous et moi"

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La révolution doit commencer avec vous et moi.

Cette révolution, cette transformation individuelle, peut avoir lieu seulement si nous comprenons la relation, ce qui est le processus de la connaissance de soi.

Sans connaître le processus complet de ma relation, à tous les niveaux différents, ce que je pense et ce que je fais n’a aucune valeur.

Quelle base ai-je pour penser, si je ne me connais pas moi-même ?

Nous sommes si désireux d’agir,
si impatients de faire quelque chose,
d’apporter un certain type de révolution,
un certain type d’amélioration,
un certain changement dans le monde ;
mais sans connaître le processus de nous-même,
à la fois à la périphérie et intérieurement,
nous n’avons aucune base pour l’action,
et ce que nous faisons est condamné à créer plus de misère, plus de discorde.


.../...


Œuvres collectées, Vol. VI - 38

18/12/2007

JK - 2/2 - "Savoir est une prison. "

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.../...

Je sais que ce que j’ai ici, ce n’est pas « cela ».

Ici, il n’existe aucune liberté.

Il y a des réformes, mais pas de liberté.

Jamais une réforme ne pourra apporter la liberté.

Et pourtant l’homme se révolte contre l’idée qu’il ne sera jamais libre, qu’il est condamné à vivre dans ce monde.

Ce n’est pas le mental, l’intellect qui est en révolte contre cette idée, mais c’est tout l’organisme, la perception tout entière.

D’accord ?

Et par conséquent, j’en viens à constater que puisque ceci n’est pas la liberté, je ne sais pas ce qu’est la liberté.

Je n’attends rien, n’espère rien et n’essaie même pas de découvrir ce qu’est la liberté.

Véritablement, je ne sais pas.

Cet état de non-savoir est la liberté.

Savoir est une prison.

C’est parfaitement juste.

Je ne sais pas ce qui va se passer demain.

Et par le fait même, je suis libéré aussi de tout le passé, libéré de ce domaine.

Connaître ce domaine, c’est la prison, mais ne pas le connaître, c’est aussi la prison.

Monsieur, regardez.

Je connais hier.
Je sais ce qui s’est passé hier.

C’est la connaissance de ce qui s’est passé hier qui est la prison. Ainsi, l’esprit qui vit dans un état de non savoir est un esprit libre,

d’accord ?



De la liberté. Pages 159 et 160. Madras, le 16 janvier 1971. Editions du Rocher

JK - 1/2 - "Savoir est une prison."

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../...

J’ai compris.

Je vois que cette préoccupation au sujet de la liberté
- d’une liberté qui ne serait pas une formule, une conclusion -
n’est pas en elle-même la liberté, d’accord ?

L’esprit se dit : « Si ce n’est pas la liberté, qu’est-ce alors ? »

Et il répond : « Je ne sais pas ».

Il voit que tout en ne sachant rien, il s’attend à savoir.

Quand j’affirme que je ne sais pas ce qu’est la liberté, il y a en moi une attente, l’espoir que je pourrais le découvrir.

Cela signifie que l’esprit ne se dit pas réellement qu’il ignore, mais qu’il attend qu’il se passe quelque chose.

Cette attitude, je la vois et je la rejette.

Donc, vraiment, je ne sais pas.

Je n’attends rien, je ne suis pas venu dans l’expectative.

Je n’espère pas que quelque chose se passe, qu’une réponse vienne d’un agent extérieur.

Je n’attends rien du tout.

La voilà, la clé.

Elle est là.


.../...



De la liberté. Pages 159 et 160. Madras, le 16 janvier 1971. Editions du Rocher

17/12/2007

J.K - "s'éduquer soi-même..."

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Nous sommes donc ici en train d’apprendre, d’observer l’état de notre propre esprit.

Car c’est par là que commence l’éducation authentique - qui consiste à s’éduquer soi- même.

Tant de choses qui nous concernent nous ont été apprises par d’autres que nous, nous ne cessons de recourir aux autres, censés nous guider non seulement sur le plan extérieur, mais surtout dans le domaine psychologique, intérieur.

Au moindre problème, à la moindre perturbation, nous nous tournons immédiatement vers quelqu’un d’autre pour nous aider à les régler.

Nous sommes les otages volontaires d’institutions et d’organisations diverses,
qui, nous l’espérons, vont nous aider à résoudre nos problèmes, à clarifier notre esprit.

Nous sommes donc toujours dépendants d’autrui, et cette dépendance engendre inévitablement une forme de corruption.

Alors qu’ici, nous ne dépendons de personne - et surtout pas de l’orateur, car toute intention de vous inciter à penser selon une ligne donnée, ou de vous abreuver de paroles et de théories fantaisistes, est exclue.

Observez plutôt ce qui se passe effectivement dans le monde, et toute cette confusion qui règne en vous, mais tout en observant de la sorte, ne transformez pas en idées, en abstractions, le fruit de cette observation.

Soyons très clairs sur ce point.

Lorsque nous observons un arbre, le mot arbre est une notion abstraite - et non pas la réalité de l’arbre.

J’espère que c’est clair.



L’esprit et la pensée. Pages 169 et 170. Ojai, le 3 mai 1981.Editions Stock. Actuellement en livre de poche

16/12/2007

J.K - 2/2 - "Entretiens avec Lakshmi Prasad"

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.../...


Krishnamurti
- Or, il ne s’agit pas de répandre l’enseignement, mais de le vivre.

Vous étiez dans la salle tout à l’heure lorsque je me suis adressé à ce groupe.

( Krishnamurti fait allusion aux enseignants des écoles de Rishi Valley et Bangalore Valley.)

Imaginez que ces cinquante personnes soient capables de vivre réellement ce que je dis...

Prasad
- L’enseignement se répandrait alors de lui-même...

Krishnamurti - S’il vit la vérité au plus profond de lui, un seul être peut changer la conscience de tous.

A mes yeux, la propagande n’est autre q’un processus de destruction de la vérité.




Ultimes paroles. Entretiens avec Lakshmi Prasad ; Pages 122 et 123. La propagande religieuse. Editions Albin Michel. 1997.

J.K - 1/2 - "Entretiens avec Lakshmi Prasad"

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"J.K : A mes yeux, la propagande n’est qu’un processus de destruction de la vérité."



Prasad - Le dévelopement de la foi s’effectue toujours à travers des compromis avec les pouvoirs publics locaux.

Ce faisant, elle peut devenir un véritable mouvement de masse.

Mais les enseignements de Krishnamurti, qui se fondent sur le coeur authentique de la religion, ne permettent aucun compromis.

Ils se restreignent nécessairement à quelques groupes attentifs.

Comment résoudre cette difficulté et faire connaître plus largement votre parole ?

Krishnamurti
- Nous devons d’abord établir une différence entre la propagande et l’enseignement.

Prasad
- Vous voulez dire qu’il faut vivre directement l’enseignement.

Krishnamurti - Si je fais la propagande, en me contentant de répéter les paroles d’un auteur, je tombe dans la compromission.

Voyez le christianisme.

Les enseignements du Christ ont été « révélés » quelques soixante années après sa mort - et l’on peut s’interroger à bon droit sur leur degré d’exactitude.


Puis, les disciples ont cherché à les propager.

Or, ce n’est pas une question de propagande, mais de destin personnel.

Je ne me suis jamais préoccupé de « répandre » mon enseignement.

Tout comme le Bouddha du reste - mais les bouddhistes ont commencé à prêcher, détruisant ainsi le sens même de ses paroles.

Ce qui est advenu aux enseignements du Christ est advenu aux paroles du Bouddha.

Leurs disciples les ont trahis en faisant de la propagande.

.../...




Ultimes paroles. Entretiens avec Lakshmi Prasad ; Pages 122 et 123. La propagande religieuse. Editions Albin Michel. 1997.

14/12/2007

J.K - 2/2 - "Le refus du temps est l'essence de l'intemporalité"

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On peut toutes les écarter et demeurer seul,
non dans le sens d’isolement,
de frustration,
mais seul du fait d’une compréhension et,
par suite d’un éloignement naturel,
sans aucun sentiment de supériorité.

Ce sont choses mortes, l’on n’a pas à y revenir.

Mais aller jusqu’au bout du refus est une tout autre affaire ; l’essence du refus est la liberté dans la solitude.

Peu s’aventurent aussi loin, écartant tout refuge, toute formule, toute idée, tout symbole, pour être nus, sans brûlure, et lucides.

Mais combien ce refus est nécessaire ;
refuser sans rien rechercher,
sans l’amertume de l’expérience,
ni l’espoir du savoir.

Refuser et rester seul, sans lendemain, sans avenir.

Le bouleversement du refus est nudité.

Il est essentiel de se tenir seul, sans engagement aucun dans le mouvement de l’action, de l’expérience,
car cela seul libère la conscience des entraves du temps.

Toute forme d’influence est comprise et refusée, ne laissant point la pensée passer dans le temps.

Le refus du temps est l’essence de l’intemporalité.



Carnets. Pages 118 et 119. 29 août 1961. Editions du Rocher. 1976.

13/12/2007

J.K - 1/2 - "Le refus du temps est l'essence de l'intemporalité"

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Il est essentiel de se tenir seul, sans engagement dans le mouvement de l’action, de l’expérience, car cela seul libère la conscience des entraves du temps...


La plupart des gens refusent certaines choses faciles, superficielles ;
certains vont loin dans leur refus, et il y a ceux qui refusent totalement.

Le refus de certaines choses est relativement simple, l’église et ses dieux, l’autorité et le pouvoir de ceux qui la détiennent, l’homme politique et ses habitudes etc...

On peut aller assez loin dans le refus des choses qui semblent avoir de l’importance telles que
les relations mondaines,
les absurdités de la société,
la conception de la beauté telle qu’elle est établie par les critiques
et ceux qui prétendent au savoir.

.../...


Carnets. Pages 118 et 119. 29 août 1961. Editions du Rocher. 1976.

J.K - 2/2 - "laisser la porte ouverte..."

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.../..

Quand il n’y a aucune déformation, il y a ordre et cet ordre établit sa propre discipline extraordinaire et subtile.

Tout ce que l’on peut faire c’est de laisser cette porte ouverte.

Que la réalité survienne ou non, on ne peut pas l’inviter.

Mais si l’on a beaucoup de chance, par l’effet d’un hasard étrange, elle peut survenir, elle est sa propre bénédiction.

Vous ne pouvez pas la rechercher.

Après tout, tels sont la beauté et l’amour, vous ne pouvez pas les rechercher, si vous les recherchez ce sont simplement des prolongations du plaisir, qui n’ont rien de commun avec l’amour.

Il existe une félicité qui n’est pas plaisir ; quand l’esprit est dans cet état de méditation, il règne une immense félicité, et la vie quotidienne faite de contradiction, de violence et de brutalité n’a plus aucune place.

Mais il faut y travailler très dur, tous les jours, pour poser cette base ; voilà ce qui importe et rien d’autre.

Et par ce silence qui est la nature même d’un esprit en méditation la beauté et l’amour peuvent prendre naissance.



Au seuil du silence. Page 158. Entretien IX. 25 juillet 1968. Editions Le Courrier du Livre. Actuellement réédité.

11/12/2007

J.K - 1/2 - "laisser la porte ouverte..."

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photo suna : "lavandes au pied du Ventoux"

.../...

Voyez-vous, jusqu’à un certain point, point auquel nous sommes arrivés,
les explications et la communication verbales sont possibles.

Mais au-delà il n’y a plus de communication verbale - ce qui n’implique pas l’avènement de quelque phénomène mystérieux, métaphysique ou parapsychologique.

Les mots n’existent que pour des buts de communication : pour communiquer une chose que l’on peut exprimer en paroles, ou par un geste, ou par un silence.

Mais il est impossible d’exprimer en paroles ce qui se trouve au-delà de tout cela, toute description est complètement dépourvue de sens.

Tout ce que l’on peut faire c’est d’ouvrir la porte,
une porte qui reste ouverte seulement quand existe cet ordre -
non pas l’ordre de la société lequel est désordre -,
mais l’ordre qui prend naissance dès l’instant où vous voyez véritablement « ce qui est »,
sans qu’existe aucune déformation créée par « l’observateur ».


.../...



Au seuil du silence. Page 158. Entretien IX. 25 juillet 1968. Editions Le Courrier du Livre. Actuellement réédité.

10/12/2007

J.K - "Si je m’intéresse à la compassion..."

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photo suna : "...le pays de Sault"


Si je m’intéresse à la compassion...

à l’amour, au sentiment réel du sacré, alors comment ce sentiment peut-il se transmettre ?

Suivez bien cela, je vous en prie.

Si je le transmets par l’intermédiaire d’un microphone, par les rouages de la propagande, et parviens de la sorte à convaincre quelqu’un d’autre, son coeur restera pourtant toujours aussi vide.

La flamme de l’idéologie agira, mais elle ne fera que répéter, comme vous le faites tous, qu’il faut être bon, généreux, libre - toutes ces absurdités comme en débitent les politiciens, les socialistes et tous les autres.

Ainsi, voyant que toute forme de contrainte, si subtile soit-elle, ne fait pas éclore cette beauté, cette floraison de justesse, de compassion, que peut faire l’individu ?...

Quelle relation peut-il y avoir entre celui qui a ce sens de la compassion et l’homme qui reste terré au sein d’une collectivité, d’une tradition ?

Comment pouvons-nous découvrir, et ce, non pas en théorie, mais réellement,
la relation qui lie ces deux êtres-là ?...

Ce qui cherche à se conformer ne peut fleurir dans le bien, le juste.

Pour cela, la liberté est nécessaire, et elle ne vient que lorsqu’on comprend dans toute son ampleur le problème de l’envie, de l’avidité, de l’ambition, et la soif de pouvoir.

C’est en se libérant de tout cela que peut fleurir cette chose extraordinaire qui s’appelle le caractère.

Un homme qui a ce caractère-là est plein de compassion, il sait ce qu’est aimer - contrairement à celui qui répète des flots de paroles moralisatrices.



Le livre de la Méditation et de la Vie. Pages 360 et 361.
29 novembre. Transmettre la compassion. Editions Stock. 1997.

09/12/2007

J.K - "L’expérience met à mort cet incommunicable mystère..."

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photo suna : "... dans le parc de l'Abbaye de L'Epau - sarthe"


... Il existe un grand mystère dans le silence de la nuit profonde et le calme du matin immobile lorsque le soleil baigne ses collines.

On le trouve dans tout ce qui vit.

Si l’on s’assoit tranquillement au pied d’un arbre, on sent l’insondable mystère qui entoure la terre millénaire.

Au cours d’une nuit paisible, lorsque les étoiles étincellent tout près de vous, on prend conscience de l’espace en expansion et de l’ordre mystérieux qui régit toutes choses, conscience de l’incommensurable et du rien, du mouvement des collines sombres et du cri du hibou.

C’est dans le silence absolu de l’esprit que ce mystère se développe hors du temps et de l’espace.

Il y a un mystère dans ces anciens temples édifiés avec un soin infini, une attention qui est amour.

Les mosquées élancées et les imposantes cathédrales perdent cette ombre de mystère en raison de la bigotterie, du dogme et des fastes militaires.

Le mythe enfoui au plus profond de l’esprit n’est pas mystérieux : il est romantique, traditionnel et conditionné.

La vérité a été repoussée dans les recoins les plus secrets de l’esprit pour faire place aux symboles, aux mots, aux images.

Ceux-ci ne renferment aucun mystère, ce sont les bouillonnements de la pensée. Le savoir et ses actions peuvent susciter émerveillement, appréciation et délectation.

Mais le mystère est tout autre.

Ce n’est pas une expérience, quelque chose que l’on reconnaît, que l’on emmagasine et dont on se souvient.

L’expérience met à mort cet incommunicable mystère.


Journal de Krishnamurti. Pages 178 et 179. 10 avril 1975. Editions Buchet/Chastel. 1995.

08/12/2007

J.K - "la prison est le prisonnier..."

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photo alain : "il est toujours là le petit rouge-gorge du monet"





Krishnamurti. - Et maintenant, quel est ce « je » qui se propose de se détruire lui-même ?

Alors la pensée dit encore : « Je ne dois pas diviser. »

Sw. - Il faut tuer le tueur.

Kr. - La prison est le prisonnier - le tueur est le tué.

Peut-il être mis un terme à moi-même sans qu’il y ait division ?

La division signifie contradiction.

Est-ce possible, une fin de moi-même sans qu’il y ait effort ?

Et c’est là que réside la qualité d’une véritable sensibilité.

Pour saisir tout cela, en venir au point où nous sommes, il a fallu une immense subtilité qui est de la sensibilité.

La pensée peut-elle mettre fin à elle-même ?

Tout ce qui précède a requis une immense attention, une sensibilité intense.

Il a fallu avancer pas à pas, sans rien oublier, sans rien négliger - ce qui comporte sa propre discipline, son ordre propre.

Et maintenant, le cerveau vit un état d’ordre complet parce qu’il s’est avancé avec justesse, parce qu’il a observé ses propres attitudes logiques, parce qu’il a creusé et dépisté les éléments d’une fausse sécurité dans la division, et qu’en celle-ci la sécurité n’existe pas.

Alors chaque pas qu’il a fait était un pas dans l’ordre, et cet ordre est sa propre sécurité.

Donc l’ordre, c’est la perception des choses telles qu’elles sont, la perception de ce que vous êtes et non pas une conclusion au sujet de ce que vous êtes.

J’affirme que la perception consiste à voir les choses telles qu’elles sont.

Et je suis incapable de voir les choses telles qu’elles sont si je nourris une conclusion.

Dans toute conclusion, il y a donc un élément de désordre.

La pensée a recherché la sécurité dans des conclusions qui n’ont fait que répandre le désordre.



Tradition et révolution. Pages 254 et 255. La liberté et la prison. Stock/Monde ouvert.1978

07/12/2007

J.K - "Le changement créateur..."

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photo alain : "encore le petit rouge gorge du monet !"



"Le changement créateur", dans ce livre de dialogues, Krishnamurti continue d'approfondir les problèmes qui nous sont posés par un monde pénétré de violence.



- Q
: Le conflit est-il chose nécessaire ? Après tout c'est peut-être l'ordre naturel des choses ?

- JK
: En acceptant ce point de vue, il faudrait accepter tout ce que représente la société :
les guerres,
la concurrence ambitieuse,
un mode de vie agressif,
toute la violente brutalité des hommes à la fois autour et au sein de ses prétendus sanctuaires.

Est-ce naturel ?

Tout ceci peut-il nous amener à aucune espèce d'unité ?

Ne vaudrait-il pas mieux que nous considérions ces deux faits,

- le fait du conflit impliquant tout le réseau compliqué des antagonismes,

et le fait de ce désir d'ordre, d'harmonie, de paix, de beauté et d'amour auquel aspire l'esprit humain ?

06/12/2007

J.K - "...L’important est de mettre en doute, d’examiner, de ne jamais accepter "

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photo alain bordeau : "le rouge gorge du monet"


- Interlocuteur : Vous dites qu’il y a très peu de grands hommes sur la Terre.
Alors qui êtes-vous ?

- J.K : Ce que je suis n’a pas d’importance.

Ce qui compte, c’est la vérité ou l’erreur de ce qui se dit ici.

Si vous pensez que telle ou telle chose est importante parce qu’elle est dite par telle ou telle personne, c’est que vous n’essayez pas de voir par vous-même où est la vérité et où est l’erreur.

En général, on a peur de voir par soi-même et c’est pour cela qu’on accepte ce que disent les uns ou les autres.

L’important est de mettre en doute, d’examiner, de ne jamais accepter. Malheureusement, on n’écoute que les gens que l’on juge importants, ou quelque autorité établie, les Upanishads, la Gîta ou autre chose.

On n’écoute ni les oiseaux, ni le bruit de la mer, ni le mendiant.

Il pourrait y avoir de la vérité dans ce que dit le mendiant, et il pourrait n’y en avoir aucune dans ce que dit le riche et le puissant.

- Interlocuteur : Nous lisons des livres parce que nous avons de la curiosité.
En aviez-vous, étant jeune ?

- J.K : Pensez-vous trouver la vérité en vous contentant de lire des livres ?

Découvrirez-vous quoi que ce soit en répétant ce que d’autres ont dit ?

On ne peut faire des découvertes qu’en cherchant soi-même, en doutant.

Beaucoup de personnes lisent des livres de philosophie ; ces lectures façonnent leur esprit, de sorte qu’il leur devient très difficile de discerner le vrai du faux.

Lorsque l’esprit est ainsi influencé, façonné, il ne peut découvrir la vérité qu’avec la plus grande difficulté.


Face à la vie. Deuxième série, chapître III.Pages 229 et 230. Editions Adyar.1990