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31.01.2008

J.K - "Si vous n’êtes pas en relation ..."

Dernier journal 1983

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...avec les êtres vivants de la terre, vous risquez de perdre votre rapport à l’humanité, aux êtres humains.

Près de la rivière,
il y a un arbre que nous avons regardé jour après jour,
pendant plusieurs semaines,
au lever du soleil.

Quand l’astre s’élève lentement au-dessus de l’horizon,
au-dessus des bois,
l’arbre devient brusquement tout doré.

Toutes ses feuilles rayonnent de vie,
et vous voyez,
au fil des heures,
une qualité extraordinaire émaner de lui
(son nom importe peu, ce qui compte, c’est ce bel arbre) ;
elle semble s’étendre par tout le pays,
au-delà de la rivière.

Le soleil monte encore un peu,
et les feuilles se mettent à frissonner,
à danser.

Avant l’aube,
l’arbre est sombre,
silencieux et distant,
empreint de dignité.

Au point du jour,
les feuilles illuminées et dansantes,
il vous donne le sentiment de percevoir une grande beauté.

Vers midi,
son ombre est profonde,
et vous pouvez vous y asseoir à l’abri du soleil.

Alors s’établit un rapport profond,
immuable et sécurisant,
avec une liberté que seuls les arbres connaissent.

Vers le soir,
quand le soleil couchant illumine l’ouest,
l’arbre peu à peu s’assombrit,
se referme sur lui-même.

Le ciel est rouge, jaune, vert,
mais l’arbre reste silencieux,
retranché,
il se repose pour la nuit

à suivre...

30.01.2008

J.K - "Les visions qu’une personne peut avoir..."

« Se libérer du connu », J. Krishnamurti, Chapitre 15 - Stock, 1977.

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"photo alain bordeau pour midiblogs"


... sont déterminées par son conditionnement

La plupart d’entre nous aspirent à des expériences durables,
que la pensée ne peut détruire,
susceptibles de nous satisfaire pleinement.

Ainsi, sous-jacent à cette aspiration,
est un désir de satisfaction qui détermine la nature de l’expérience.

Il nous faut donc comprendre à la fois ce désir et les sensations que l’expérience procure.

C’est un grand plaisir que d’éprouver une grande satisfaction.

Plus une expérience est durable,
profonde,
vaste,
plus elle est agréable.

C’est ce plaisir qui dicte la nature de l’expérience à laquelle nous aspirons,
et qui nous donne sa mesure.

Or tout ce qui est mesurable est dans les limites de la pensée
et susceptible de créer des illusions.

On peut vivre des expériences merveilleuses
et être dupé.

Les visions qu’une personne peut avoir sont déterminées par son conditionnement.

Vous pouvez voir le Christ ou le Bouddha
ou tout autre personnage
objet de votre culte,
et plus vous serez croyant,
plus intenses seront vos visions : ces projections de vos désirs.

29.01.2008

J.K - "La méditation est un des arts majeurs dans la vie,"

« Se libérer du connu », J. Krishnamurti, Chapitre 15 - Stock, 1977.

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"photo alain bordeau pour midiblogs"


...peut-être « l’art suprême », et on ne peut l’apprendre de personne : c’est sa beauté.

Il n’a pas de technique,
donc pas d’autorité.

Lorsque vous apprenez à vous connaître,
observez-vous,
observez la façon dont vous marchez,
dont vous mangez,
ce que vous dites,
les commérages,
la haine,
la jalousie

—être conscients de tout cela en vous,
sans option,
fait partie de la méditation.

Ainsi la méditation peut avoir lieu alors que vous êtes assis dans un autobus,
ou pendant que vous marchez dans un bois plein de lumière et d’ombres,
ou lorsque vous écoutez le chant des oiseaux,
ou lorsque vous regardez le visage de votre femme ou de votre enfant.

Comprendre ce qu’est la méditation implique l’amour :

l’amour qui n’est pas le produit de systèmes,
d’habitudes,
d’une méthode.

L’amour ne peut pas être cultivé par la pensée ;
mais il peut —peut-être— naître dans un silence complet
en lequel celui qui médite est entièrement absent.

Un esprit ne peut être silencieux
que lorsqu’il comprend son propre mouvement
en tant que penser et sentir,
et,
pour le comprendre,
il ne doit rien condamner au cours de son observation.

Observer de cette façon est une discipline fluide,
libre,
ui n’est pas celle du conformisme.

28.01.2008

J.K - "On ne reconnaît que ce que l’on connaît déjà..."

« Se libérer du connu », J. Krishnamurti, Chapitre 15 - Stock, 1977.

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"photo alain bordeau - midiblogs"

..., donc lorsque nous déclarons avoir eu une expérience nouvelle,
elle n’est pas du tout neuve

Nous voulons vivre l’expérience du réel
—c’est ce que nous voulons tous, n’est-ce pas ?—
mais vivre le réel c’est le connaître et dès que nous le reconnaissons,
nous l’avons déjà projeté
et il n’est plus réel parce qu’il est dans le champ de la pensée et du temps.

Ce que l’on peut penser au sujet de la réalité n’est pas le réel.

Nous ne pouvons pas reconnaître une expérience neuve : c’est impossible.

On ne reconnaît que ce que l’on connaît déjà,
donc lorsque nous déclarons avoir eu une expérience nouvelle,
elle n’est pas du tout neuve.

Chercher des expériences nouvelles au moyen d’une expansion de la conscience
ainsi qu’on le fait avec des drogues psychédéliques,
c’est encore demeurer dans le champ limité de la conscience.

Nous découvrons maintenant une vérité fondamentale,
qui est qu’un esprit à la recherche des expériences vastes et profondes auxquelles il aspire est très creux et obtus,
car il ne vit qu’avec des souvenirs.

27.01.2008

J.K - "Peut-on vivre en ce monde sans le « plus »"

« Se libérer du connu », J. Krishnamurti, Chapitre 15 - Stock, 1977.

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...sans ces sempiternelles comparaisons ?

Ce ne sont que des esprits frustrés,
étroits,
creux,
conditionnés,
qui recherchent le « plus ».

Peut-on vivre en ce monde sans le « plus »,
sans ces sempiternelles comparaisons ?

Assurément, c’est possible.

Mais on doit l’apprendre par soi-même.

Mener une enquête dans toute cette sphère,
c’est méditer.

Ce mot a été employé,
en Orient et en Occident,
d’une façon malheureuse.

Il existe différentes écoles et différents systèmes de méditation.

Certaines écoles disent :
« Observez le mouvement de votre gros orteil,
observez-le,
observez-le,
observez-le »,
d’autres recommandent que l’on s’assoie dans certaines postures,
que l’on respire régulièrement,
ou que l’on s’exerce à être lucide.

Tout cela est purement mécanique.

Une autre méthode consiste à vous donner un certain mot
et à vous dire que si vous le répétez très longtemps,
vous aurez une expérience transcendantale extraordinaire.

C’est une absurdité.

C’est de l’auto-hypnotisme.

Il est certain qu’en répétant indéfiniment Amen,
Om,
ou Coca-Cola,
vous aurez une certaine expérience,
parce qu’au moyen de répétitions on se calme l’esprit.

C’est un phénomène bien connu en Inde depuis des milliers d’années,
que l’on appelle Mantra-Yoga.

Avec des répétitions vous pouvez inciter votre esprit à être aimable et doux,
mais il n’en sera pas moins un petit esprit mesquin,
misérable.

Vous pourriez aussi bien placer sur votre cheminée un morceau de bois ramassé dans le jardin
et lui présenter tous les jours une fleur en offrande.

Au bout d’un mois vous seriez en train de l’adorer,
et ne pas lui offrir une fleur serait un péché.

26.01.2008

J.K -"La méditation ne consiste pas à suivre un système"

« Se libérer du connu », J. Krishnamurti, Chapitre 15 - Stock, 1977.

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La méditation ne consiste pas à suivre un système ;
ce n’est pas une constante répétition ou imitation ;
ce n’est pas une concentration.

Une des méthodes favorites de certaines personnes
qui enseignent la méditation
est d’insister auprès de leurs élèves
sur la nécessité de se concentrer,

c’est-à-dire de fixer leur esprit sur une pensée
et d’expulser toutes les autres.

C’est la chose la plus stupide,
la plus nocive que puisse faire n’importe quel écolier,
lorsqu’on l’y oblige.

Cela veut dire que pendant tout ce temps
on est le lieu d’un combat entre la volonté insistante de se concentrer
et l’esprit qui vagabonde,
tandis qu’il faudrait être attentif à tous les mouvements de la pensée,
partout où elle va.

Lorsque votre esprit erre à l’aventure,
c’est que vous êtes intéressé par autre chose que ce que vous faites.

La méditation exige un esprit étonnamment agile ;
c’est une compréhension de la totalité de la vie,
où toute fragmentation a cessé,
et non une volonté dirigeant la pensée.

Lorsque celle-ci est dirigée,
elle provoque un conflit dans l’esprit
mais lorsqu’on comprend sa structure et son origine
—que nous avons déjà examinées—
elle cesse d’intervenir.

Cette compréhension de la structure de la pensée est sa propre discipline,
qui est méditation.

25.01.2008

J.K -"Personne ne peut vous apprendre à être attentif"

« Se libérer du connu », J. Krishnamurti, Chapitre 15 - Stock, 1977.

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La méditation consiste à être conscient de chaque pensée,
de chaque sentiment ;
à ne jamais les juger en bien ou en mal,
mais à les observer et à se mouvoir avec eux.

En cet état d’observation,
on commence à comprendre tout le mouvement du penser et du sentir.

De cette lucidité naît le silence.

Un silence composé par la pensée est stagnation,
une chose morte,
mais le silence qui vient lorsque la pensée a compris sa propre origine,
sa propre nature et qu’aucune pensée n’est jamais libre mais toujours vieille,
ce silence est une méditation où celui qui médite est totalement absent,
du fait que l’esprit s’est vidé du passé.

Si vous avez lu ce livre attentivement pendant une heure,
c’est cela,
la méditation.

Si vous n’avez fait qu’en extraire quelques mots
et que rassembler quelques idées afin d’y penser plus tard,

ce n’est pas de la méditation.

La méditation est un état d’esprit
qui considère avec une attention complète chaque chose en sa totalité,
non en quelques-unes seulement de ses parties.

Et personne ne peut vous apprendre à être attentif.

Si un quelconque système vous enseigne la façon d’être attentifs,
c’est au système que vous êtes attentif,
et ce n’est pas cela,
l’attention.

24.01.2008

J.K - "Existe-t-il une perception ..."

La voie de l’intelligence, p.59 - chapitre 2 - partie 3 - 3° séminaire. Madra 16 janvier 1981 - « C’est dans l’écoute qu’est la transformation. » J. Krishnamurti

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...qui n’est pas né du savoir, le savoir étant l’expérience, la mémoire, la pensée, l’action ?


K
: Tout d’abord,
nous connaissons la perception ordinaire de la pensée :
la discrimination,
l’aptitude à équilibrer,
la construction et la destruction,
le mouvement dans toutes les activités humaines de choix,
la liberté,
l’obéissance,
l’autorité,
et tout cela.

C’est le mouvement de la pensée qui perçoit.
Nous demandons
– nous n’affirmons pas -
y a-t-il une perception qui n’est pas la pensée ?

PJ : je me demande souvent quelle est la valeur d’une question comme cela.
Vous voyez, vous posez une question,
vous dites qu’aucune réponse n’est possible.

K : Non

PJ
: Est-ce qu’une réponse est possible ?

K : Oui.
Nous connaissons la nature de la pensée.
La pensée discerne,
distingue,
choisit ;
la pensée crée la structure.

Il y a un mouvement de pensée dans la perception pour faire la distinction entre le bien et le mal,
le vrai et le faux,
la haine et la bonté.
Et nous savons, comme nous l’avons dit,
celui-ci a une continuité dans le temps.

Maintenant, est-ce que nous en restons là,
ce qui veut dire, est-ce que nous restons en perpétuel conflit ?

Donc, vous demandez,
y a-t-il une enquête qui nous conduira à un état de non-conflit ?
Qui est quoi ?
Existe-t-il une perception qui n’est pas né du savoir,
le savoir étant l’expérience,
la mémoire,
la pensée,
l’action ?

Je demande, y a-t-il une action qui n’est pas fondée sur la remémoration,
la remémoration étant le passé ?

Existe-t-il une perception qui est totalement dénuée du passé ?

Est-ce que vous investiguez avec moi de cette façon ?

Je sais cela,
et je me rends compte que ceci implique un conflit éternel.

23.01.2008

J.K - "Pour comprendre..."

Entretien 4, Madras, 26 Décembre 1973

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... c’est-à-dire pour pouvoir avoir un « insight », l’esprit doit être libre et avoir de l’espace

L’espace est nécessaire
et l’espace ne peut se produire naturellement que lorsque vous utilisez l’esprit de façon logique,
rationnelle,
saine,
et que vous voyez les limites de la raison.

Après tout,
la rationalité veut dire la capacité de penser objectivement,
non de façon personnelle,
non pour un profit personnel,
non selon un certain modèle de croyance,
d’idées ou de conclusions,
mais penser avec clarté,
objectivité,
sainement,
ce qui veut dire avec santé et force,
une telle capacité donne beaucoup de sécurité,
non seulement extérieurement
mais intérieurement.

Puis vous n’avez plus rien dont vous puissiez avoir peur,
vous pouvez penser logiquement.

Et quand nous sommes...
quand nous pénétrons dans cette question de la méditation,
qui est très complexe,
qui nécessite une grande sensibilité pour comprendre,
comprendre c’est-à-dire pouvoir avoir un « insight »,
l’esprit doit être libre
et avoir de l’espace pour observer et ne pas être envahi.

Est-ce juste ?

22.01.2008

J.K - "Pouvons-nous faire cela, ce matin..."

J. Krishnamurti Last talk in Saanen 21 juillet 1985, 5th public talk (audio et video) Event ID/Serial No BKID60090/EP86SA85-05

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... – faire face aux choses telles qu’elles sont ?

Pourquoi abordons-nous toujours les choses en termes d’accord ou de désaccord.

Pouvons-nous écarter complètement de notre vocabulaire,
de notre cerveau,
« je suis d’accord »
ou « je ne suis pas d’accord »
et simplement faire face aux faits tels qu’ils sont,
non seulement dans le monde,
mais aussi en nous-même  ?

Cela demande une grande honnêteté,
l’urgence de l’honnêteté.

Pouvons-nous faire cela,
ce matin - faire face aux choses telles quelles sont ?

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