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29/02/2008

J.K ( 2 ) "... aux enseignants"

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Un jour que nous marchions le long d’un chemin,
nous avons entendu derrière nous une psalmodie mélodieuse,
rythmée,
empreinte de la force immémoriale du sanskrit.

Nous étant arrêtés,
nous avons vu le fils aîné,
nu jusqu’à la taille,
qui portait un récipient de terre cuite dans lequel brûlait un feu.

Derrière lui venaient deux hommes portant son père mort,
dont le corps était recouvert d’un linceul blanc.

Tous marchaient en psalmodiant et,
comme nous connaissions ce chant,
nous avons failli nous joindre à eux.

Comme ils nous dépassaient,
nous les avons suivis quand ils ont descendu la route,
toujours psalmodiant.

Le fils aîné pleurait.

Ils ont porté le père jusqu’au rivage
où ils avaient déjà amassé un grand tas de bois.

Ayant posé le corps au sommet de ce tas,
ils y ont mis le feu.

Tout était si naturel,
si extraordinairement simple.

Point de fleurs, de corbillard,
point de voiture attelée de chevaux noirs.

Tout cela se déroulait dans un grand calme,
dans une parfaite dignité.

Et devant cette feuille surgissaient à l’esprit les milliers de feuilles de l’arbre.

L’hiver l’avait conduite de sa branche-mère
jusqu’à ce chemin où elle se dessécherait complètement,
se fanerait pour disparaître,
emportée par les vents,
perdue pour toujours.

à suivre ...

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