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29.02.2008

J.K ( 2 ) "... aux enseignants"

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Un jour que nous marchions le long d’un chemin,
nous avons entendu derrière nous une psalmodie mélodieuse,
rythmée,
empreinte de la force immémoriale du sanskrit.

Nous étant arrêtés,
nous avons vu le fils aîné,
nu jusqu’à la taille,
qui portait un récipient de terre cuite dans lequel brûlait un feu.

Derrière lui venaient deux hommes portant son père mort,
dont le corps était recouvert d’un linceul blanc.

Tous marchaient en psalmodiant et,
comme nous connaissions ce chant,
nous avons failli nous joindre à eux.

Comme ils nous dépassaient,
nous les avons suivis quand ils ont descendu la route,
toujours psalmodiant.

Le fils aîné pleurait.

Ils ont porté le père jusqu’au rivage
où ils avaient déjà amassé un grand tas de bois.

Ayant posé le corps au sommet de ce tas,
ils y ont mis le feu.

Tout était si naturel,
si extraordinairement simple.

Point de fleurs, de corbillard,
point de voiture attelée de chevaux noirs.

Tout cela se déroulait dans un grand calme,
dans une parfaite dignité.

Et devant cette feuille surgissaient à l’esprit les milliers de feuilles de l’arbre.

L’hiver l’avait conduite de sa branche-mère
jusqu’à ce chemin où elle se dessécherait complètement,
se fanerait pour disparaître,
emportée par les vents,
perdue pour toujours.

à suivre ...

28.02.2008

J.K ( 1 ) "... aux enseignants"

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Comme on enseigne aux enfants les mathématiques,
l’écriture,
la lecture
et tout ce qui a trait à l’acquisition du savoir,
il faudrait aussi leur apprendre la grande dignité de la mort.

à suivre ...

27.02.2008

J.K - Malgré le grand nombre de médecins...

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Ce matin, nous descendions sur la route.
C’était le printemps et le ciel était exceptionnellement bleu,
sans le moindre nuage,
le soleil chaud sans excès.
On se sentait bien.
Les feuilles brillaient dans l’air étincelant.
Tout était vraiment d’une beauté extraordinaire.
La haute montagne était là, impénétrable,
entourée de collines verdoyantes.

Comme nous marchions tranquillement, sans trop penser,
nous avons aperçu à nos pieds une feuille morte,
marquée de jaune et de rouge éclatant,
une feuille d’automne.

Comme elle était belle, si simple dans sa mort,
si vivante,
pleine de la beauté de la vitalité de son arbre,
de l’été.

Elle ne s’était pas fanée.

En la regardant de près, on pouvait distinguer toutes ses nervures,
sa tige et sa forme parfaite.

Dans cette feuille s’inscrivait l’arbre entier.

Pourquoi les hommes meurent-ils si lamentablement,
dans une telle affliction,
dans la maladie,
les infirmités du grand âge,
la sénilité et cette affreuse décrépitude du corps ?
Pourquoi ne peuvent-ils pas mourir naturellement,
aussi beaux dans la mort que cette feuille ?
Qu’est-ce qui ne va pas en nous ?

Malgré le grand nombre de médecins,
les médicaments et les hôpitaux,
les opérations
t tous les efforts de l’existence comme ses plaisirs,
nous ne semblons pas capables de mourir dans la dignité et la simplicité,
avec le sourire.

Dernier Journal - Vendredi 30 mars 1984

J.K - Malgré le grand nombre de médecins...

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... suite demain

26.02.2008

J.K - Il a faim ... (1)

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A : Si je soulage sa misère, n’est-ce pas de l’amour ?

K : Il a faim et vous lui procurez de la nourriture.
Est-ce de l’amour ?

Pourquoi voulez-vous le secourir ?

N’avez-vous pas d’autre motif,
pas d’autre mobile que le désir de venir à son aide ?

N’en obtenez-vous aucun bénéfice ?
Pensez-y.

Ne dites pas tout de suite oui ou non.

Si vous en attendez un bénéfice, politique ou autre,
matériel ou psychologique,
c’est que vous n’aimez pas.

Vous désirez une certaine popularité, ou que des amis vous aident <>.

Est-ce de l’amour ?

Si vous aimez vous secourrez ce malheureux sans aucun autre motif,
sans rien vouloir en échange.

Si l’ingratitude vous affecte, c’est que vous n’aimez pas.

Si quand on vous remercie avec effusion, et que l’on chante vos louanges,
vous vous sentez flatté,
c’est que vous pensez à vous-mêmes
et ce n’est certainement pas de l’amour.

On doit être très éveillé
pour découvrir si l’on retire un bénéfice quelconque de sa charité
et pour comprendre les mobiles profonds
qui nous font agir.

Face à la vie. P.102 - ADYAR – PARIS.

25.02.2008

J.K - Il a faim ...

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... et vous lui procurez de la nourriture.

Est-ce de l’amour ?

24.02.2008

J.K - 3 - Nous sommes toujours des hôtes sur cette terre

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Les gouvernements seront nécessaires
tant que l’homme ne sera pas sa propre lumière,
tant qu’il ne mettra pas de l’ordre
et de l’affection dans sa vie quotidienne,
et qu’il ne portera pas un soin attentif à son travail,
à ses observations,
à son apprentissage.

Il préfère être dirigé dans ses actes,
comme il l’a été depuis toujours, par les anciens,
les prêtres,
les gourous.

Et il accepte les ordres de ceux-ci,
leurs curieuses pratiques destructrices,
comme s’ils étaient des dieux incarnés,
comme s’ils connaissaient toutes les conséquences de cette vie
si extraordinairement complexe.

J. Krishnamurti - Dernier Journal

23.02.2008

J.K - 2 - Nous sommes toujours des hôtes sur cette terre

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Le monde, la terre est divisée, en morceaux.

Nous nous battons et nous disputons pour la possession,
et les politiciens exultent de pouvoir maintenir cette division,
sans jamais considérer le monde comme un tout.

Ils n’ont pas l’esprit global.

Jamais ils ne ressentent ni ne perçoivent l’immense potentiel
de n’avoir pas de nationalité ni de division.

Ils ne s’aperçoivent jamais de la laideur de leur pouvoir,
de leur position,
de leur sentiment de supériorité.

Ils sont comme vous et moi,
mais ils occupent le siège du pouvoir
avec toute la mesquinerie de leurs désirs et de leurs ambitions.

Ainsi, ils assurent la survivance d’un comportement « tribal »
que l’homme a toujours eu à l’égard de l’existence.

Ils n’ont pas l’esprit libre de tout idéal ou idéologie,
l’esprit qui dépasse les divisions entre les races, les cultures,
et les religions que l’homme a inventées.

suite demain...

22.02.2008

J.K - 1 - Nous sommes toujours des hôtes sur cette terre

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Nous sommes toujours des hôtes sur cette terre,
avec l’austérité que cela implique.

L’austérité est plus profonde que le renoncement des possessions.

Ce mot d’austérité a été spolié par les moines, les ermites, les sannyasi.

Il n’avait pas de sens là-haut, dans la solitude des choses,
des multitudes de pierres, de petits animaux, de fourmis.

Et dans le lointain, au-delà des collines,
la grande mer brillait, étincelait.

Nous avons scindé la terre comme si elle nous appartenait
- votre pays, le mien,
votre drapeau, son drapeau,
la religion d’ici et celle de l’autre, là-bas.

suite demain...

21.02.2008

J.K - 2 - " Je me demande si nous nous posons jamais la question..."

Dernier journal _ Mardi 19 avril 1983

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Comme nous l’avons souvent dit,
le savoir et la pensée sont limités.

Ce qui est limité ne peut avoir de relation avec l’illimité.

Toutefois,
l’illimité peut avoir une sorte de rapport avec ce qui est limité,
mais cette communication sera toujours partielle,
étroite et fragmentaire.

Si l’on a l’esprit mercantile,
on peut se demander l’utilité de tout ceci,
l’utilité de l’illimité,
en quoi cela peut être utile à l’homme.

Nous voulons toujours une récompense.

Nous vivons sur le principe de la punition et de la récompense,
comme des chiens dressés
que l’on récompense quand ils obéissent.

Et nous sommes presque semblables à eux
puisque nous voulons être récompensés
pour nos actions,
notre obéissance,
etc.

Une telle exigence naît du cerveau limité.

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