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29/04/2008

J.K - Quelle chose étrange que la solitude, et comme elle est effrayante !

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28/04/2008

J.K - (2) Il est infiniment plus important de comprendre notre pouvoir de créer l’illusion que de comprendre la réalité.

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Psychologiquement, intérieurement, si ardent qu’en soit notre désir,
il n’est point de certitude, point de permanence,
pas plus dans notre relation avec autrui
que dans nos croyances ou les dieux de notre cerveau.

Le désir intense de certitude, d’une certaine permanence,
et le fait que celle-ci n’existe absolument pas,
telle est l’essence du conflit, l’illusion face à la réalité.

Il est infiniment plus important de comprendre notre pouvoir de créer l’illusion que de comprendre la réalité.

Ce pouvoir doit cesser complètement,
mais non pas en vue d’obtenir la réalité ; on ne discute pas avec le fait.

La réalité n’est pas récompense,
le faux doit disparaître parce qu’il est faux et non dans le but de trouver la vérité.

J. Krishnamurti Carnets 1er septembre 1961 à Gstaad (p.130-131)

27/04/2008

J.K - (1) Il est infiniment plus important de comprendre notre pouvoir de créer l’illusion que de comprendre la réalité.

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Le connu est toujours détail, fragment,
et de là nous essayons d’appréhender l’inconnu.

Nous ne lâchons jamais le détail,
car nous sommes certains de lui et croyons y trouver la sécurité.

Mais en réalité, rien ne nous offre de certitude,
sinon probablement les choses superficielles et mécaniques auxquelles il arrive aussi de faillir.

Pour agir,
nous pouvons plus ou moins compter sur des choses extérieures,
comme les trains par exemple.

26/04/2008

J.K - Il est infiniment plus important de comprendre notre pouvoir de créer l’illusion que de comprendre la réalité.

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25/04/2008

J.K-Quelle idée avez-vous d’un monde nouveau ?

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Question : Quelle idée avez-vous d’un monde nouveau ?

Krishnamurti : Je n’en ai aucune.

Un monde nouveau ne serait pas neuf si j’avais d’avance des idées à son sujet.

Je ne m’esquive pas : c’est un fait.

Si j’avais une idée, elle serait le résultat de mes études,
de mon expérience, de ce que j’aurais lu, appris ou entendu dire.

Le « nouveau » ne peut jamais être neuf s’il est une création de l’esprit,
parce que l’esprit est vieux.

On ne peut pas savoir ce qui arrivera demain.

On peut, bien sûr, savoir que demain, dimanche, il n’y aura pas d’école
et que lundi vous serez de nouveau ici,
mais on ne peut pas savoir ce qui se passera dans le monde,
quels sentiments nous aurons les uns et les autres,
ni à quels événements nous assisterons.

Si nous refusons de prévoir ce que sera l’avenir,
lorsqu’il sera là il sera neuf
et ce qui importe c’est de pouvoir faire face au neuf.

J. Krishnamurti Face à la vie Seconde série, chapitre 1 (p. 209)

24/04/2008

J.K - L’ignorance n’est point le manque de savoir, mais le manque de connaissance de soi.

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Sans connaissance de soi il n’est point d’intelligence.
Contrairement au savoir,
la connaissance de soi n’accumule pas ;
apprendre se fait d’instant en instant.

Ce n’est pas un processus additif ; dans le processus d’accumulation,
il se forme un centre qui est celui du savoir, de l’expérience.

Dans ce processus, qu’il soit positif ou négatif,
il ne peut y avoir de compréhension.

Le mouvement de la pensée, du sentiment, ne peut être compris,
et il ne peut y avoir de connaissance de soi tant que subsiste l’intention d’amasser ou de résister.

Il n’y a pas d’intelligence sans connaissance de soi.

La connaissance de soi est un présent actif, non un jugement ;
toute autocritique implique une accumulation,
une évaluation à partir d’un centre d’expérience et de savoir.

C’est ce passé qui fait obstacle à la compréhension du présent actif.

La poursuite de la connaissance de soi est un acte d’intelligence.

J. Krishnamurti Carnets 11 septembre 1961 à Paris (p.148-149)

23/04/2008

J.K - L’ignorance n’est point le manque de savoir, mais le manque de connaissance de soi.

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21/04/2008

J.K - Jamais la description ne peut être la réalité décrite.

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L’aigle dans son vol ne laisse aucune trace - à l’encontre du savant.

En examinant cette question de la liberté,
il faut qu’existe non seulement une observation scientifique rigoureuse,
mais encore ce vol de l’aigle qui ne laisse aucune trace derrière lui ;
il faut les deux choses ;
il faut l’explication verbale et la perception non verbale
- car jamais la description ne peut être la réalité décrite ;
très évidemment,
l’explication n’est jamais la chose que l’on explique ;
jamais le mot n’est la chose.

J. Krishnamurti Le vol de l’aigle Pensée, chapitre 1, Londres, 16 mars 1969 (p. 13-14)

19/04/2008

J.K - (3) Est-ce que l’on ne s’intéresse qu’à sa propre vie,

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Nous, êtres humains séparés et isolés, n’avons pas pu résoudre nos problèmes.

Bien que nous soyions très bien éduqués, astucieux,
égoïstes et capables d’étonnantes réalisations à l’extérieur ;
intérieurement, nous sommes plus ou moins identiques,
depuis des milliers d’années.

Nous sommes en rivalité, nous haïssons, nous nous entre-détruisons ;
c’est ce qui arrive réellement à l’heure actuelle.

Vous avez entendu les experts parler de guerres récentes ;
ils ne parlent pas des êtres humains qui se font tuer,
mais des terrains d’aviation à détruire, des objectifs à faire sauter.

Il y a cette confusion totale dans le monde,
ce dont, j’en suis bien sûr, nous sommes tous conscients ;
qu’allons-nous donc faire ?

Comme un ami l’a dit à l’orateur,

il y a quelque temps : "Vous ne pouvez rien faire,
vous vous cognez la tête contre un mur.
Il en sera toujours ainsi : on continuera à se battre, à s’entre-tuer,
à rivaliser et à rester prisonnier de toutes sortes d’illusions.
Cela continuera toujours.
Ne perdez pas votre vie et votre temps."

Conscient de la tragédie du monde,
des événements effroyables qui surviendront si un fou appuie sur un bouton,
les ordinateurs qui prennent la relève des capacités de l’homme,
qui pensent plus vite et plus précisément
- que va-t-il arriver à l’être humain ?

C’est le vaste problème que nous examinons.


J. Krishnamurti La flamme de l’attention Chapitre 7, Ojai, p. 117-119

18/04/2008

J.K - (2) Est-ce que l’on ne s’intéresse qu’à sa propre vie,

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Technologiquement, les scientifiques ont permis de réduire les maladies,
d’améliorer la communication ;
mais en même temps, ils ont augmenté le pouvoir dévastateur des armes de guerre,
la possibilité de massacrer,
d’un seul coup,
un grand nombre de personnes.

Les scientifiques ne sauveront pas l’humanité ;
les politiciens non plus,
aussi bien à l’est qu’à l’ouest ou dans n’importe quelle partie du monde.

Les hommes politiques recherchent le pouvoir,
une situation et ils jouent toutes sortes de tours pour mystifier notre pensée.

Il en est de même dans le monde soi-disant religieux ;
l’autorité de la hiérarchie,
celle du Pape,
des archevêques,
des évêques
et des prêtres locaux,
au nom des images créées par la pensée.

17/04/2008

J.K - (1) Est-ce que l’on ne s’intéresse qu’à sa propre vie,

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... ou bien est-ce que l’on s’occupe de la totalité de l’existence humaine,
de toute l’humanité ?

Si l’on est seulement concerné par notre vie personnelle,
même si c’est difficile, même si c’est limité,
même si cela apporte beaucoup de douleur et de peine,
on ne réalise pas que cela fait partie du tout.

On doit regarder la vie,
pas la vie américaine ou la vie orientale,
mais la vie comme un tout : une observation holistique ;
une observation qui ne soit pas personnelle ;
ce n’est pas notre propre observation,
mais l’observation qui comprend la totalité, la vision holistique de la vie.

Chacun est concerné par ses propres problèmes
- problèmes d’argent, de travail, de rechercher ses propres satisfactions,
l’éternelle recherche du plaisir ;
le fait d’avoir peur, d’être isolé, seul, déprimé,
souffrant et créant un sauveur à l’extérieur
qui transformera ou amènera le salut pour chacun de nous.

C’est la tradition en Occident depuis deux mille ans ;
et en Orient,
on a soutenu la même idée avec des mots et des symboles différents,
des conclusions différentes ;
mais c’est la même recherche d’un salut individuel,
d’un bonheur personnel,
pour résoudre tous nos problèmes nombreux et complexes.

Il y a des spécialistes de toutes sortes, les spécialistes en psychologie,
vers lesquels on se tourne pour résoudre nos problèmes.
Eux non plus n’ont pas réussi.

16/04/2008

J.K - Est-ce que l’on ne s’intéresse qu’à sa propre vie,

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... à une façon de vivre tranquille, sereine, paisible dans un coin.

15/04/2008

J.K - (3) Le passé agissant dans le présent crée ce que nous appelons l’avenir, le futur.

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Question. - Mais le connu, le passé, agit peut-être aussi quand il n’y a pas lieu de le faire ;
il agit encore de façon à engendrer le conflit.

Réponse. - Prendre conscience de ceci c’est encore être dans un état d’inaction à l’égard du passé qui agit.

Ainsi, la libération du connu est véritablement la vie religieuse.

Ceci ne veut pas dire que l’on efface le connu
mais que l’on pénètre dans une dimension entièrement différente à partir de laquelle on l’observe.

Cette action de vision, d’où tout choix est absent, est l’action de l’amour.

La vie religieuse est cette action, toute vie est cette action,
et cet esprit religieux est cette action.

Ainsi la religion, l’esprit, la vie et l’amour, sont une seule et même chose.


J. Krishnamurti Le changement créateur La vie religieuse (p. 68-69)

14/04/2008

J.K - (2) Le passé agissant dans le présent crée ce que nous appelons l’avenir, le futur.

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Question. - Dans ce cas, comment pourrons-nous jamais nous en libérer ?

Réponse. - Percevoir ce mouvement,
en prendre conscience avec une totale lucidité sans qu’existe la moindre nuance de choix
- parce que le choix appartient à ce mouvement du passé -
c’est observer le passé en pleine activité : une telle observation n’est pas un mouvement du passé.

Observer sans aucune image créée par la pensée c’est une action où le passé a pris fin.

Observer l’arbre en dehors de toute pensée c’est une action dégagée du passé.

Observer cette activité du passé est encore une action affranchie du passé.

La nature de la vision est plus importante que ce qui est vu.

Prendre conscience du passé par une observation qui n’est entachée d’aucun choix n’est pas seulement agir différemment,
c’est être différent.

Dans une telle prise de conscience, une telle perception,
la mémoire peut agir sans obstacle et avec efficacité.

Etre religieux,
c’est percevoir sans qu’il y ait choix et ainsi il y a libération du connu,
alors même que le connu agit là où il y a lieu de le faire.

13/04/2008

J.K - (1) Le passé agissant dans le présent crée ce que nous appelons l’avenir, le futur.

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Question. - Mais qu’entendez-vous par être libéré du passé ?

Réponse. - Le passé c’est l’accumulation de tous nos souvenirs.

Ces souvenirs, ces mémoires agissent sur le présent et donnent naissance à des espérances
et des craintes pour l’avenir.

Ces espérances et ces craintes sont l’avenir psychologique ;
sans elles pas d’avenir.

Ainsi le présent c’est l’action du passé,
et l’esprit est ce mouvement du passé.

Le passé agissant dans le présent crée ce que nous appelons l’avenir, le futur.

Cette réaction du passé est involontaire,
elle n’est ni sollicitée ni invitée,
elle est sur nous avant même que nous ne le sachions.

12/04/2008

J.K - Le passé agissant dans le présent crée ce que nous appelons l’avenir, le futur.

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11/04/2008

J.K - Toute nouvelle expérience dépend de la précédente, du passé.

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Il n’y a de liberté que chez l’esprit lavé de toute expérience.

Quand le cerveau cesse de se nourrir de la mémoire, de la pensée,
quand il meurt à l’expérience, son activité n’est plus égocentrique.

Alors, il s’alimente ailleurs.

C’est cette nourriture qui rend l’esprit religieux.

Au réveil ce matin, au-delà de toute méditation,
de toute pensée et des illusions nées des sentiments,
dans le centre du cerveau et plus loin, au centre de la conscience, de l’être lui-même,
brillait une intense et vive lumière qui ne comportait aucun point d’ombre,
ne procédait d’aucune dimension.

Elle était là, immobile.

Et avec elle, cette puissance incommensurable,
et une beauté dépassant la pensée, le sentiment.

J. Krishnamurti Carnets 11 août 1961 à Gstaad (p.66-67)

10/04/2008

J.K - Lorsqu’on rejette une erreur dont on a porté le fardeau pendant des générations, qu’est-ce qui a lieu ?

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... N’arrive-t-il pas que l’on est animé d’un surcroît d’énergie ?
On se sent davantage capable d’agir,
on a plus d’élan, plus d’intensité, plus de vitalité.

Si ce n’est pas cela que vous ressentez,
c’est que vous n’avez pas rejeté le fardeau,
c’est que vous ne vous êtes pas débarrassés du poids mort de l’autorité.

Mais lorsqu’on s’en est débarrassé
et que l’on possède cette énergie en laquelle ne subsiste aucune peur,
aucune crainte de se tromper,
de ne pas savoir choisir entre le bien et le mal,
cette énergie n’est-elle pas, alors, la mutation ?

Une immense énergie nous est nécessaire,
et nous la dissipons dans la peur ;
mais lorsque cette vitalité survient
du fait que nous avons rejeté la peur sous toutes ses formes,
c’est elle-même, cette énergie,
qui provoque en nous une révolution radicale : nous n’avons pas à intervenir du tout.

J. Krishnamurti Se libérer du connu Chapitre 1 (p. 16-17)

09/04/2008

J.K - Lorsqu’on rejette une erreur dont on a porté le fardeau pendant des générations, qu’est-ce qui a lieu ?

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02/04/2008

J.K - Doit-on s’enivrer pour savoir ce qu’est la sobriété ?

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01/04/2008

J.K - Ce que je suis dans mes rapports avec autrui crée la société.

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N’est-ce donc pas un fait évident
que ce que je suis dans mes rapports avec autrui crée la société et que,
si je ne me transforme pas moi-même radicalement
il ne peut y avoir aucune transformation dans la fonction essentielle de la société ?

Lorsque nous comptons sur un système pour transformer la société,
nous ne faisons qu’éluder la question ;
un système ne peut pas modifier l’homme,
c’est l’homme qui altère toujours le système,
ainsi que le démontre l’Histoire.

Tant que dans mes rapports avec vous,
je ne me comprends pas moi-même,
je suis la cause du chaos, des malheurs, des destructions,
de la peur, de la brutalité.

Et me comprendre n’est pas affaire de temps ;
je puis me comprendre en ce moment même.

J. Krishnamurti La première et dernière liberté Introduction (p. 33)