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30/03/2010

J.K - (4) Commentaires sur la vie...

 

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Il n’y avait pas d’observateur qui les écoutait, les prenait en pitié et marchait derrière elles.

Ce n’était pas son amour ou sa pitié qui lui permettait de faire partie d’elles : il était elles ;

il avait cessé d’être et elles existaient.

Elles n’étaient plus ces étrangères qu’il avait rencontrées sur la colline,

elles faisaient partie intégrante de lui.

C’étaient ses mains à lui qui maintenaient les fagots,

et la sueur, la fatique intense et les mauvaises odeurs n’étaient plus leurs caractéristiques propres,

qu’on pouvait partager en s’affligeant.

Le temps et l’espace n’existaient plus.

Nous n’avions plus en tête la moindre idée, trop fatiguées pour penser.

Et si d’aventure nous pensions encore, c’était à la façon dont le bois serait vendu,

c’était à la nourriture, au repos,

et à l’obligation de tout recommencer le lendemain.

Nos pieds ne sentaient pas les cailloux du sentier et le soleil de plomb ne brûlait pas nos têtes.

Nous étions toutes deux seules à descendre ce sentier familier,

à nous arrêter comme d’habitude pour boire un peu d’eau au puits

et à reprendre notre route en traversant le lit desséché d’un cours d’eau presque oublié.

 

J. Krishnamurti Commentaires sur la vie.

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