Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/06/2011

J. K- (3) La continuité

 814405513.jpg

Les collines et les arbres,

les prairies et les bois

dureront aussi longtemps que la terre,

à moins que l’homme ne les détruise par cruauté et désespoir.

Le ruisseau, la source d’où il vient, ont une continuité,

mais nous ne nous demandons jamais si les collines et l’au-delà des collines ont leur propre continuité.

S’il n’y a pas de continuité,

qu’y a-t-il ?

Il n’y a rien.

Nous avons peur de n’être rien.

Rien signifie qu’aucun objet n’existe.

Aucun objet assemblé par la pensée,

rien qui puisse être reconstitué par la mémoire, les souvenirs,

rien qui puisse se décrire par les mots puis se mesurer.

.../...

28/06/2011

J. K- (2) La continuité

1155594413.jpg

Et quand on a examiné tout cela avec soin, sainement,

la question inévitable est celle-ci : existe-t-il une zone dans le cerveau,

dans la profondeur de ses replis,

ou dans la nature et la structure intérieure de l’homme

et non dans ses activités extérieures,

qui ne soit pas le résultat de la mémoire et du mouvement de la continuité ?

 

.../...

27/06/2011

J. K- (1) La continuité

 

457337777.jpg

Alors que la continuité n’existe nulle part,

sauf dans la mémoire,

existe-t-il dans l’être humain, dans son cerveau,

un endroit, une zone, petite ou grande, d’où la mémoire soit absente,

qu’elle n’ait jamais effleurée ?

Il vaut la peine d’observer tout cela,

d’avancer sainement, rationnellement, de voir la complexité

et les replis de la mémoire ainsi que sa continuité

qui est, somme toute, le savoir.

Le savoir est toujours dans le passé, il est le passé.

Le passé est une immense mémoire accumulée, la tradition.

 

.../...

24/06/2011

J. K - La continuité

DSCF3135.jpgA.jpg

 

la continuité n’existe nulle part, sauf dans la mémoire

 

***

La crise, elle est dans notre conscience, c’est-à-dire dans notre esprit, dans la manière que nous avons de considérer le monde sous un angle étriqué et limité.

jiddu1.jpg

Il ne s’agit pas ici d’une propagande idéologique, ni d’une forme de croyance, ni de conclusions d’ordre philosophique, ni d’une religion dans

l’acception communément admise du terme. Nous observons ce qui se passe dans le monde. Il ne s’agit pas d’un point de vue personnel mis

en avant par l’orateur ; c’est ensemble que nous observons lucidement — sans aucun préjugé, sans nous identifier à une portion spécifique de

l’univers, ni à aucune croyance, à aucun dogme religieux — nous observons donc l’extrême violence à l’oeuvre dans le monde : les guerres, la

menace de la bombe atomique, les dissensions religieuses, les divisions nationalistes avec leur panoplie d’armements. L’univers dans lequel

nous vivons est un univers dangereux, et la plupart des gens ne se rendent pas compte, je le crains, de l’immense dégradation, de l’immense

dégénérescence en marche dans le monde entier. Et nous nous efforçons d’appliquer à ces problèmes des solutions politiques, économiques,

sociales ou évangéliques — ce qui, bien entendu, ne fait qu’accroître encore la confusion, la séparation, la division et donc le confit.

 

Ce ne sont ni la politique, ni les religions en place, ni l’accumulation de connaissances scientifiques qui vont résoudre nos problèmes — pas

plus que les psychologues, les prêtres, les spécialistes. La crise, elle est dans notre conscience, c’est-à-dire dans notre esprit, dans la manière

que nous avons de considérer le monde sous un angle étriqué et limité. C’est là qu’est la crise. L’esprit humain a évolué sur des millions et des

millions d’années, il est conditionné par le temps et l’évolution. Un esprit conditionné de la sorte, avec la conscience étroite, limitée, exclusive

qui est la sienne — considérant la crise qu’il traverse dans le monde actuel — peut-il jamais être changé ? Peut-il amener un changement

radical au sein de ce conditionnement ?

 

Identifier cette conscience comme étant la mienne et la vôtre, est une erreur totale, car notre conscience est la conscience de l’humanité.

L’homme, la femme, où qu’ils se trouvent dans l’univers, sont en perpétuel effort, en perpétuel conflit, sans jamais résoudre aucun des

problèmes tels que la peur, la souffrance, la solitude, mais toujours en quête de plaisir. Cette solitude, ce chagrin, cette douleur,cette

souffrance, ponctués d’éclairs occasionnels de joie et d’amour, sont le lot commun de l’humanité. C’est une réalité psychologique patente, mais

la plupart d’entre nous répugnent à la voir, tant nous nous identifions à notre conscience spécifique, à notre chagrin spécifique, à notre félicité

spécifique. Mais la réalité psychologique — pour peu que l’on observe attentivement, avec toute la finesse d’une conscience aiguisée — le fait,

donc c’est que partout dans l’univers, aux quatre points cardinaux, les êtres humains passent par des épreuves, des expériences

rigoureusement identiques aux vôtres.

 

Cette conscience est donc commune à l’humanité toute entière. Ceci doit être clairement compris. Il n’y a là nulle contradiction ; il ne s’agit

pas d’un point de vue, de quelque invention de l’auteur. Si nous examinons les choses très à fond, d’une manière objective et non personnelle,

nous constatons que, psychologiquement, tel est bien le fond commun de l’humanité toute entière. Cette nouvelle ne nous réjouit pas

forcément, car nous croyons tous êtres des individus, distincts de tous les autres, et nous nous efforçons de nous identifier à quelque chose,

de nous réaliser, de devenir. Nous sommes tous individualistes, étriqués, limités. Mais la réalité, sur le plan psychologique, c’est que nous ne

sommes pas des individus. Vous êtes le collectif. Nous sommes le résultat de ces millions et millions d’années. Notre conscience est la

conscience commune de toute l’humanité. Et si nous ne comprenons pas cela très clairement, nous ne serons pas en mesure de poursuivre

cette investigation de manière lucide.

 

Où que l’on vive dans le monde, ce sentiment d’individualité a toujours été mis en valeur. Les religions l’ont soutenu, l’éducation l’a maintenu.

Et cette liberté, censément individuelle, a suscité dans l’univers un formidable chaos. La constatation est claire. Nous nous croyons libres parce

que nous pouvons choisir ; mais le choix implique l’incertitude, le manque de clarté. La clarté ne peut apparaître qu’en l’absence de conflit, et

cette clarté-là ne relève pas du choix. Seul un esprit obscur, confus, incertain entreprend de choisir.