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15/02/2014

J.K - La sexualité (2/3)

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... l'acte sexuel prend une importance extrême. N'est-ce-pas exact ?

Parce que c'est quelque chose qui me procure une joie sans mélange, l'oubli total de moi, j'en redemande encore et encore.

Pourquoi j'en redemande ?

Parce que partout ailleurs je suis en conflit, à tous les niveaux divers de l'existence, l'égo ne cesse de se renforcer.

Sur le plan économique, social, religieux, tout concourt à cet épaississement constant de la conscience de soi qu'est le conflit.

En définitive, on n'a conscience de soi-même que lorsqu'il y a conflit.

...

14/02/2014

J.K - La sexualité (1/3)

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La sexualité pose un problème car c'est, selon toute vraisemblance dans l'acte sexuel que le moi est le plus totalement absent.

Dans ces moments-là on est heureux, parce que la conscience de soi, la conscience du "moi" cesse d'exister; et le désir de renouveler cette expérience de renonciation au moi qui apporte le bonheur parfait, sans passé ni futur, l'exigence de ce bonheur complet qu'apporte la fusion, l'intégration totale, font que naturellement l'acte sexuel prend une importance extrême.

N'est-ce pas exact ?

...

13/02/2014

J.K - mourir à toutes ces petites choses (3/3)

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 S'il ne meurt à tout ce qu'il connaît.

Donc, pour voir la pleine vérité de tout cela, il faut absolument avoir un esprit jeune - un esprit qui ne fonctionne pas simplement dans le champ du temps.

L'esprit qui est jeune meurt à toute chose.

Etes-vous capables de voir cette vérité, de la percevoir, instantanément ?

Peut-être ne saisirez-vous pas entièrement la portée extraordinaire de tout cela, son immense subtilité, la beauté de cette mort, sa richesse,

...mais par le simple fait d'écouter, ces paroles seront comme une semence qui va prendre racine, et ce, non seulement au niveau superficiel de la conscience claire, mais jusque dans les couches profondes de l'inconscient.

12/02/2014

J.K - mourir à toutes ces petites choses (2/3)

"

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 Ce n'est qu'un jeu intellectuel.

Si vous faites l'expérience de la mort aux petites choses de la vie - c'est déjà bien.

Essayez simplement de mourir aux petits plaisirs - avec facilité, avec aisance, avec le sourire -, cela suffit déjà, car vous verrez alors que votre esprit est capable de mourir à des quantités de choses, de mourir à tous les souvenirs.

Des machines - les ordinateurs - remplissent actuellement les fonctions de la mémoire, mais l'esprit humain est bien plus qu'un simple mécanisme routinier d'association et de mémoire.

L'esprit ne peut pourtant pas devenir cet "autre chose", s'il ne meurt à tout ce qu'il connaît.

...

11/02/2014

J.K - mourir à toutes ces petites choses (1/3)

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti 

Avez-vous déjà essayé de mourir à un plaisir, délibérément et pas sous la contrainte ?

En général, on ne choisit pas de mourir : la mort vient et vous emporte; ce n'est pas un acte volontaire, sauf en cas de suicide.

Mais avez-vous déjà essayé de mourir volontairement, sans effort, avez-vous éprouvé ce sentiment d'abandon du plaisir ?

Evidemment pas !

A l'heure actuelle vos idéaux, vos plaisirs, vos ambitions sont les seules choses à avoir une prétendue signification.

La vie, c'est l'existence vécue, l'abondance, la plénitude, l'abandon - pas la perception de la signification du "je". Ce n'est qu'un jeu intellectuel.

...

09/02/2014

J.K- LE DESIR (4/4)

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti "il n'y a que le désir" 

Le mot est souvenir, et lorsque le mot n'a plus d'importance, la relation entre le sujet et l'objet de l'expérience est radicalement différente; alors cette relation est directe et ne passe plus par le mot, par le souvenir; alors celui qui fait l'expérience est l'expérience, qui seule libère de la peur.

08/02/2014

J.K - LE DESIR (3/4)

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti "il n'y a que le désir"

La peur n'existe que par rapport à une idée, et l'idée est la réponse de la mémoire en tant que pensée.

La pensée est le résultat de l'expérience; et bien qu'elle puisse méditer sur le vide, avoir des sensations à son propos, elle ne peut avoir la connaissance directe de ce vide.

Le mot "solitude", lourd de ses souvenirs de souffrance et de peur, empêche qu'on ait de la solitude une expérience fraîche et neuve.

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07/02/2014

J.K - LE DESIR (2/4)

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti "il n'y a que le désir" 

...elle est ce vide, cette incomplétude, cette solitude.

Elle ne peut pas se fuir elle-même ; tout ce qu'elle peut faire, c'est se comprendre elle-même.

Elle est sa solitude, sa vacuité, et tant qu'elle les considère comme étant séparées d'elle-même,

elle sera dans l'illusion et les conflits sans fin.

Lorsque cette entité fera l'expérience directe du fait qu'elle et sa solitude ne font qu'un, alors seulement pourra disparaître la peur.

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06/02/2014

J.K - LE DESIR (1/4)

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti

"Il n'y a que le désir"

Il n'y a pas d'identité distincte du désir : il n'y a que le désir, il n'y a pas de sujet qui désire.

Le désir prend des masques différents à différentes époques, selon ses intérêts.

Le souvenir de ces intérêts changeants affronte l'inédit, ce qui provoque le conflit, et c'est ainsi que naît celui qui choisit, qui se fonde en entité séparée et distincte du désir;

Mais l'entité n'est pas différente de ses qualités.

L'entité qui essaie de combler ou de fuir le vide, l'incomplétude, la solitude, n'est pas différente de ce à quoi elle cherche à échapper : elle est ce vide, cette incomplétude, cette solitude.

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05/02/2014

J.K - (3/3) "L'intervalle entre les pensées"

 

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J.K - Extraits d'entretiens

Si vous observez soigneusement votre pensée, vous verrez que, bien que ses réactions soient très rapides, il y a des trous, des arrêts entre une pensée et l'autre.

Entre deux pensées il y a une période de silence, laquelle n'est pas reliée au processus de la pensée.

Si vous l'examinez, vous verrez que cette période de silence, que cet intervalle, n'appartient pas au temps, et la découverte de cet intervalle, sa pleine perception, vous libère du conditionnement, ou plutôt il ne "vous" libère pas mais il y a affranchissement du conditionnement.

04/02/2014

J.K - (2/3) "L'intervalle entre les pensées"

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 J.K - Extraits d'entretiens

La compréhension de tout ce processus du conditionnement ne se produit pas par l'analyse et l'introspection; car dès que vous avez l'observateur, celui-ci lui-même fait partie de l'arrière-plan et par conséquent son analyse n'a pas de valeur...

Comment l'esprit peut-il donc être libre ?

Pour être libre, il ne doit pas seulement voir et comprendre son va-et-vient de balancier entre le passé et le futur, mais aussi percevoir les intervalles entre deux pensées...

...

03/02/2014

J.K - (1/3) "L'intervalle entre les pensées"

 

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J.K - Extraits d'entretiens

Je dis qu'il est parfaitement possible à l'esprit d'être libre de tout conditionnement; mais n'acceptez pas mon autorité à ce sujet : si vous l'acceptiez, ce ne serait qu'un processus de substitution sans grande valeur, et vous ne pourriez rien découvrir...

Comment l'esprit peut-il être libre ?

L'esprit, pour ce faire, doit non seulement voir et comprendre le mouvement pendulaire qu'il décrit entre passé et futur, mais également avoir conscience de l'intervalle qui sépare les pensées...

...

02/02/2014

J.K - (6/6) Doit-on s’enivrer pour savoir ce qu’est la sobriété ?

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...

Aucune pilule dorée et dynamique ne résoudra nos problèmes humains.

Ils ne pourront être résolus que par une révolution radicale de l’esprit et du coeur de l’homme.

Elle exige un dur et constant travail, que l’on sache voir et écouter et que l’on acquière ainsi une très grande sensibilité.

La plus haute forme de sensibilité est un summum d’intelligence, qu’aucune drogue que l’homme invente ne lui accordera jamais.

Sans cette intelligence il n’y a pas d’amour et l’amour est relation.

Sans amour il ne peut y avoir dans l’homme aucun équilibre dynamique.

Cet amour ne peut pas être conféré par des prêtres, par leurs dieux, par des philosophes, ou par la drogue dorée.

J. Krishnamurti - La révolution du silence Europe, Chapitre 20 (p. 219-221)

01/02/2014

J.K - (5/6) Doit-on s’enivrer pour savoir ce qu’est la sobriété ?

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...

Cette approche est certainement erronée, n’est-ce pas ?

On dit que ces drogues donnent des expériences proches de la réalité, et que, par conséquent, elles éveillent l’espoir, qu’elles sont un encouragement.

Mais l’ombre n’est pas la réalité, le symbole n’est pas le fait.

Ainsi qu’on le constate dans le monde entier, c’est le symbole qu’on adore, non la vérité.

Dire que le résultat de ces drogues est voisin de la vérité, n’est-ce donc pas vanter une contrefaçon ?

Aucune pilule dorée et dynamique ne résoudra nos problèmes humains.

Ils ne pourront être résolus que par une révolution radicale de l’esprit et du coeur de l’homme.

Elle exige un dur et constant travail, que l’on sache voir et écouter et que l’on acquière ainsi une très grande sensibilité.

.../...

31/01/2014

J.K - (4/6) Doit-on s’enivrer pour savoir ce qu’est la sobriété ?

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...

Mais l’esprit, malgré ses capacités extraordinaires dans le domaine des sciences et de leurs applications, est toujours mesquin, étroit et bigot, et il continuera à l’être, n’est-ce pas ?

Vous pouvez avoir une expérience sensationnelle, explosive, au moyen d’une de ces drogues, mais l’agressivité, la brutalité et la douleur, si profondément enracinées dans l’homme disparaîtront-elles ?

Si les drogues étaient capables de résoudre les problèmes complexes et enchevêtrés des relations humaines, il n’y aurait plus rien à dire, car ces relations, la soif de vérité, la fin de la douleur, seraient bien superficielles, pour avoir été résolues par une pincée de drogue dorée.

.../...

30/01/2014

J.K - (3/6) Doit-on s’enivrer pour savoir ce qu’est la sobriété ?

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...

Il y a, dans l’homme, une telle anarchie, et de telles capacités scientifiques.

Ce déséquilibre produit un chaos dans le monde.

Le fossé infranchissable entre une technologie avancée et la cruauté de l’homme produit de grands bouleversements et de grandes détresses.

Tout cela est évident.

Alors l’intellectuel qui a jonglé avec différentes théories - Vedanta, Zen, idéal communiste, etc. - n’ayant rien trouvé pour échapper à l’impasse de la condition humaine, se tourne maintenant vers une drogue dorée qui apporterait aux esprits une harmonie et une santé dynamiques.

On compte sur les savants pour découvrir cette drogue dorée qui apporterait la réponse complète à tout, et ils la découvriront probablement.

Les écrivains et les intellectuels la prôneront comme ayant le pouvoir de mettre fin à toutes les guerres, ainsi qu’ils l’ont fait pour le communisme ou le fascisme.

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29/01/2014

J.K - (2/6) Doit-on s'enivrer pour savoir ce qu'est la sobriété ?

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J.K : Non, je n’ai pas pris de drogues.

Doit-on s’enivrer pour savoir ce qu’est la sobriété ?

Doit-on se rendre malade pour savoir ce qu’est la santé ?

Comme plusieurs aspects sont inclus dans la question des drogues, abordons-la avec soin.

Quelle est la nécessité de prendre des drogues - des drogues qui promettent une expansion psychédélique de l’esprit, de grandes visions, de l’intensité ?

On les prend, apparemment, parce que la clarté intérieure est faible, parce que l’existence est creuse, médiocre, privée de sens ; on se drogue pour dépasser cette médiocrité.

Les intellectuels ont fait de la drogue un nouveau mode de vie.

On voit de la discorde partout dans le monde, des névroses contraignantes, des conflits, la misère douloureuse de la vie.

On est conscient de l’agressivité de l’homme, de sa brutalité, de son total égoïsme, que nulle religion, nulle loi, nulle morale sociale n’ont pu dompter.

.../...

28/01/2014

J.K - (1/6) - Doit-on s’enivrer pour savoir ce qu’est la sobriété ?

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Interlocuteur : « Pourquoi ne devrait-on pas prendre des drogues ?

Apparemment, vous êtes contre.

Vos amis les plus éminents en ont pris, ont écrit des livres à ce propos, ont encouragé les autres à en prendre, et ont ressenti avec une grande intensité la beauté d’une simple fleur.

Nous aussi en avons pris et nous voudrions savoir pourquoi vous semblez être si opposé aux expériences provoquées par des produits chimiques.

Après tout, notre organisme est un processus biochimique et y ajouter un surplus de produits chimiques pourrait nous faire faire une expérience s’approchant du réel.

Vous n’avez, vous-même, pas pris de drogues, n’est-ce pas ?

Alors comment, sans les avoir essayées, pouvez-vous les connaître ? »

.../...

29/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (11/11)

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...

Cette personne était censée entrer en contact avec eux sur un autre plan que le plan ordinaire, pour leur transmettre des messages, et ainsi de suite.

Une personne ?

C’est hors de question, voyons !

La personne humaine devient bien trop petite lorsqu’il est question de telles dimensions célestes !

Si vous êtes élevé dans un tel contexte, ou bien vous êtes conditionné, ou bien vous êtes détruit.
Comprenez-vous ce que je veux dire ?

Est-ce que vous m’écoutez tous ?

Et pouvez-vous à présent, vous tous, être cela ?

Comprenez-vous ce je veux dire ?

De telle sorte que vous soyez responsables de la chose la plus sacrée qui soit.

Je ne vois pas d’autre façon de le dire.

Comprenez-vous à quoi je fais allusion ?

Tout cela est diablement nouveau, tellement inédit pour vous !
Comprenez-vous ce que je veux dire ?

Je veux que mon fils puise aux eaux de la vie.
Des eaux profondes, pas des fleuves humains ni des eaux humaines, mais des eaux n’ayant ni commencement ni fin, des eaux incommensurablement profondes.

Je veux qu’il s’abreuve à ces eaux, et cette responsabilité vous incombe.

Et je vous dis :
« Ne jouez pas sans fin sur le terrain traditionnel. »

A vous de trouver une autre voie. C’est cela la créativité, ne croyez-vous pas ?


Fin de la causerie

27/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (10/11)

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Ecoutez-moi bien.

Etant enfant, j’ai été élevé dans la tradition hindoue dès l’âge de huit ans ; père et mère se conformaient aux règles de l’orthodoxie la plus stricte, menant une vie très simple, méditant, fréquentant le temple.

Puis, je fus adopté, ainsi que mon frère, par des gens qui disaient :

« Le Maître nous prédit que ce garçon va être etc., etc. »

Ils élevèrent l’enfant avec un soin jaloux, veillant sur lui, ne le laissant jamais seul afin que nul ne puisse le corrompre.

Il fut l’objet d’une attention extrême. Puis tout cela cessa, et ils déclarèrent alors : « Voici le futur Instructeur du Monde ».

Ce n’était pourtant qu’un garçonnet de quatorze, quinze ans, qui ignorait tout de ces choses-là.

Comprenez-vous ce que je dis ?

Elles entraient par une oreille et sortaient par l’autre : je n’ai pas été conditionné – ni en tant qu’hindou ni en tant que théosophe.

Pourtant ils affirmaient que ce Maître, qui est éternel – et que sais-je encore – allait parler par ma bouche.

Vous comprenez ?

Une personne devenait la traduction vivante de toutes leurs croyances.

Saisissez-vous ce que je veux vous dire ?

à suivre...

26/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (9/11)

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...

Il manque cette étincelle de divin, cette étincelle d’éternité – peu importe comment on nomme son origine.

Cette étincelle, peut-elle jaillir soudain en nous ? Sinon, nous ne ferons que jouer sur le ton de la tradition.

Je ne dis pas que cela ne soit pas nécessaire, mais cet ordre primordial fera défaut. C’est ce qui se passe en général.

J’essaie de vous faire comprendre que ces deux voies sont inadéquates à mes yeux.

Je vous dis : « Pour l’amour du ciel, sortez de cette maudite ornière, car dès l’origine, l’humanité n’a cessé de vouloir produire des êtres humains qui allaient réformer la société, l’améliorer.
Mais j’estime que cela ne suffit pas.

Cela ne m’ouvre pas, ne me libère pas le coeur, cela ne donne à mon cerveau aucun espace largement ouvert - voilà tout !

Alors je me dis : »Mon dieu, mais comment obtenir ce résultat ?" Et il y va de ma responsabilité de l’obtenir, et de faire en sorte que cette autre dimension soit mise en acte ici même. Je créerai alors une école à nulle autre pareille.

Certes il est nécessaire de travailler en tenant compte des voies traditionnelles de l’enseignement, mais je ne veux pas que mes racines soient de ce côté-là.

mes racines, j’ignore où elles sont, peut-être n’en ai-je pas du tout — c’est peut-être cela, la vraie réalité.

Et parce que je suis sans racines, c’est au firmament entier que je m’ouvre.
Est-ce que vous comprenez ?
Que puis-je dire d’autre à ce sujet ?
On ne peut donc pas appartenir à ces deux camps.

Mais cela signifie-t-il que l’on tienne la source éternelle ?

à suivre...

25/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (8/11)

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...

C’est au sein de cette sphère que se fait notre éducation et c’est plus ou moins dans la même sphère que nos contacts se nouent.

Alors, je me le demande, est-il possible d’entrer dans une autre dimension, celle d’où jaillissent des miracles ?

Ne sursautez pas au mot de « miracle » - nous disions plutôt : une dimension d’où surgit quelque chose de neuf ?


Je ne sais trop comment dire.
Mais voyons – tout cela, l’homme l’a vécu.

« Je veux découvrir cette dimension, ou cet état qui est la source de toute vie » – voilà ce que dit tout bon scientifique.

Moi, je formule les choses différemment : je parle de ce d’où vient et à partir de quoi commence toute chose.

Cette dimension, c’est à vous de la découvrir.
Pouvons-nous, tous ensemble, y accéder ?

Sinon, nous continuerons à suivre les mêmes ornières familières du « bien ».

Pouvons-nous, tous ensemble, accéder à cette nouvelle dimension, à cette nouvelle approche – au lieu de coller à la tradition ?

Ce n’est pas en devenant de plus en plus juste, ou bon, ou de plus en plus attentionné, que je pourrai avancer.

On peut avoir une école de tout premier ordre, selon les critères traditionnels.
J’entends par là qu’on y trouve des gens vraiment exceptionnels, vraiment bien, au sens le plus profond, le plus large – et pas seulement au sens bourgeois – des gens qui ne tueront jamais, etc.

Mais c’est encore trop peu.

à suivre...

24/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (7/11)

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...

J’ai essayé – je le dis – les deux voies traditionnelles au sein de l’école.

J’ai tout essayé, mais je ne suis satisfait ni de l’une ni de l’autre de ces deux voies.
Elles ne m’insufflent pas la flamme, la passion, l’élan, le feu.

Si elles m’apportent quelque chose, j’en reste cependant toujours au rôle de réformateur social.

Or c’est la passion qu’il me faut, afin de pouvoir créer à partir de cette passion.

Si nous discutons ici de tout cela, c’est pour pouvoir en fin de compte découvrir la réponse.
Nous devons définir clairement le problème et le mettre devant nous.

Le problème est le suivant : nous avons constamment oeuvré — et nous oeuvrons peut-être encore – dans cette Sphère d’inspiration humaine.

à suivre...

22/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (6/11)

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...

« Discerner » au sens d’entrer en contact avec la chose - il ne s’agit ni de spiritualisme ni de mysticisme, ni de tout ce fatras, non ce n’est pas du tout à cela que je fais allusion.

Je reconnais ces deux dimensions comme étant d’origine humaine, et par conséquent tout à fait incomplètes ; existe-t-il donc une chose qui ait une complétude absolue ?

Et cette chose, mon esprit est-il capable d’entrer en contact avec elle, de la capturer, de la regarder en face ?

Ce que les hindous nomment brahman – cet état qui advient lorsqu’on renie totalement ces deux dimensions marquées du sceau de l’homme — en est l’une des traductions.

J’exprime les choses à ma manière, qui n’est pas la leur — les hindous ont leur propre terminologie, leur propre mode d’expression.

Les chrétiens – les vrais, pas les chrétiens de pacotille – ont dit, eux aussi, à leur manière, que l’homme devait transcender tout ce dont il est question ici.

Voilà pourquoi je m’interroge, comme si j’étais en position de maître à élève face à vous.


à suivre...

21/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (5/11)

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...

Voilà pourquoi je demande si c’est toujours à ces deux premiers niveaux que nous fonctionnons.

Nous rejetons la guerre, la haine, l’antagonisme et tout le reste, mais ce, vers quoi nous tendons de toutes nos forces porte encore l’empreinte de l’homme.

Or, il existe une autre énergie qui, elle ne doit rien à l’homme.

J’ai beau pratiquer la méditation, m’exercer à être quelqu’un de bien, à vouer aux autres un amour absolu, tout cela. Quelle est votre réaction, que ressentez-vous ?

Vous connaissez l’univers de la guerre – gardons ce terme pour l’instant. Et vous connaissez l’univers du bien.

Nous savons ce que sous-entendent ces deux univers. Et comme nous l’avons souligné, ils sont tous deux nés de l’homme, ce sont donc des univers matériels, matérialistes.

Et l’homme est depuis toujours en quête de quelque chose qui transcende le matériel, qui transcende ces deux univers.

Car ils sont loin d’être satisfaisants. Un individu profondément intelligent ne saurait s’en contenter,
de toute évidence.

D’où la question que se pose cet individu : « Existe-t-il une sphère dans laquelle les choses issues de l’homme n’aient qu’un rôle mineur ? ».

Les deux autres sphères, je les connais très bien.

Je les ai fréquentées, j’en connais tous les rouages subtils, tous les problèmes, et je sais aussi tout le mal, toutes les souffrances et toutes les affections qui leur sont liées.
Je les connais très bien, et elles sont peu satisfaisantes.

Non que je sois en quête de satisfaction ou de gratification, mais tout cela se résume à une si mince affaire.

Ce que je veux, c’est voir l’immensité du firmament – pas le petit pan de ciel conçu par l’homme.

Pouvons-nous, tous ensemble, discerner cela ?

à suivre...

20/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (4/11)

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Mary Zimbalist : Suggérez-vous que les deux champs en question émanent tous deux de l’homme ?

Krishnamurti : Oui, oui.

M. Z. : Alors que cette autre chose, au contraire

K. : N’est pas issue de l’homme.
Est-ce que vous saisissez ?

Et je crois que nous pouvons entrer en contact avec cette chose, et que lorsque ce contact aura lieu, chacune de nos actions en sera transformée.

En fait, ce que je dis là, c’est ce que disent les gens religieux, mais sous d’autres formes – je ne parle pas des scientifiques, ni des artistes, mais des individus profondément, authentiquement religieux.

Pas des saints – les saints ont été fabriqués de toutes pièces par l’homme – mais de ceux qui sont allés au-delà de ces deux domaines traditionnels.

Or, j’en suis convaincu, si nous parvenons à ouvrir une voie d’accès à cette autre chose, elle agira. Elle est aussi réelle que l’atmosphère, que la structure même de la guerre, du mal, de la destruction, aussi réelle que tous ceux qui s’efforcent d’être bons et justes, aussi réelle que les Quakers ou que sais-je encore – cette chose est aussi réelle que tout ceci.

Est-ce que vous saisissez ?

à suivre...

19/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (3/11)

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...


J.K : Ce ne sont pas là des impressions.

Prenons un exemple : la guerre, avec son cortège de haine, existe, n’est-ce pas ?

Elle n’a pas disparu, la menace plane.
Ce n’est pas juste une impression : elle existe réellement. La haine – la brutalité, la violence, la tuerie – plane dans l’air ambiant, rôde dans les foyers. Elle existe.

Les armées préparent la guerre, les gouvernements font de même, elle existe donc bel et bien.

Que cela passe ou non par l’ignorance – elle existe.

Et il y a aussi un territoire où le bien – gardons ce terme pour l’instant – existe.
Il y a ceux qui sont authentiquement religieux, au bon sens du terme, et qui refusent de tuer. Cela existe aussi.

Ces deux catégories existent donc. Et il y a quelque chose qui les transcende l’une et l’autre.

Cette chose, je ne veux pas encore la nommer, mais seulement l’explorer.

Je déteste parler de cela, mais les faits sont là ; ces deux camps traditionnels existent.
L’homme dédie la plus grande part de son temps et de ses capacités au camp de la haine, de l’antagonisme, de la guerre, etc. Et il en réserve une petite partie – mais pas la totalité – à ce camp du bien.

Ses capacités sont plutôt orientées vers le premier que vers le second. Et puis il existe une énergie – elle existe forcément, mais elle n’appartient ni à un camp ni à l’autre, car ils sont tous les deux sous le contrôle de l’homme.

N’avez-vous pas vous-mêmes constaté les faits ?

Les guerres qui se succèdent aux quatre coins du monde depuis des siècles et des siècles ont créé une certaine atmosphère – n’est-ce pas ? Mais il s’est aussi trouvé des hommes bons et justes, et cela a également créé une certaine atmosphère.

Ces deux camps, ces deux territoires sont dans le périmètre de la perception humaine, des capacités humaines.

Et nous essayons de quitter le premier territoire pour passer dans l’autre – celui du bien. Nous essayons de passer de l’un à l’autre, mais il me semble que nous restons toujours au niveau traditionnel.

Or je veux passer à autre chose.

Nous avons épuisé nos énergies sur ces deux territoires, et je crois qu’il existe une autre dimension qui peut, si nous y avons accès, nous fournir une énergie qui n’appartient ni à l’un ni à l’autre des deux champs précédents.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

à suivre...

18/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (2/11)

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...

J.K : Sommes-nous toujours dans la ligne de cette tradition ? Je ne sais pas, je pose simplement la question.
Certes on peut repousser les limites de la tradition, élargir des traditions trop étroites, mais on reste toujours dans le même domaine, celui de la tradition. Notre action s’effectue-t-elle dans ce cadre restreint de la tradition ?

Un instant, accordez-moi juste un instant pour que je puisse y voir plus clair.
Se pourrait-il, au contraire, que notre action touche une dimension qui échappe à toute tradition ?

Si nous pouvions en arriver là, alors on pourrait soit recourir à la tradition soit ne pas y recourir – et les conséquences seraient tout autres.
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.
Je cherche les mots pour me faire clairement comprendre.

Voyons – puis-je me permettre d’être quelque peu traditionnel ?
Je n’aime guère dire cela, mais voilà, il faut le dire : il existe, partout dans le monde, une tradition qui est valable. Elle est en voie de destruction, mais elle existe et elle a un poids immense.

Et il existe une autre voie, qui n’est pas de même nature, et que nous qualifierons de « sainte » pour l’instant – bien que je déteste ce terme.
Ne soyez pas obnubilés par ce mot. On a donc ces deux courants, l’un, traditionnel, est étranger à toute notion de sainteté, l’autre en est imprégné : pouvons-nous puiser à cette source-là ?
Est-ce que vous me comprenez ?

Car cette source, quand on y puise, a des effets étonnants. Je me demande si le message passe entre nous ? Ces propos semblent-ils insensés ?

à suivre...

17/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (1/11)

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Dans cet extrait, qui comportera plus d'une dizaine de pages publiées jour après jour, J.K s’adresse, lors des rencontres de Saanen (Suisse) en 1974 aux enseignants de l’Ecole de Brockwood Park en Grande Bretagne.

Ces entretiens ont été publiés sur ce site en Août 2007.


J.K
: COMPRENEZ-VOUS CE DONT JE PARLE ?



(…). D’autre part, travaillons-nous toujours dans la ligne traditionnelle ?

Je ne dis pas que ce soit le cas, je pose simplement la question.

Savez-vous à quoi je fais allusion quand je parle de ligne traditionnelle ?

Je songe à tout ce qui est absolument nécessaire : être plein de bonté, avoir le souci de l’autre, donner de son temps à chaque élève – les examens, eux, étant nécessaires ou non en fonction de l’élève.

Je songe aussi à la nourriture, à la qualité d’accueil, etc.

C’est tout cela que je qualifierais volontiers de traditionnel – et cela,

toute équipe d’enseignants intelligents et modernes est désireuse de le réaliser.

à suivre...

03/09/2013

KRISHNAMURTI - La Vérité est un pays sans chemin 2/2

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti

"la racine de toute peur" -


... grâce à la connaissance de soi nous commençons à découvrir et à comprendre les causes de la peur -

Non seulement des peurs superficielles, mais de toutes les peurs accumulées, les peurs profondes, originelles.

La peur est à la fois innée et acquise; elle est liée au passé, et pour délivrer de la peur notre système de pensée-perception, le passé doit être compris à travers le présent.

Le passé ne cesse de vouloir donner naissance au présent qui devient la mémoire identificatrice du "moi" et du "mien", du "je".

L'égo est la racine de toute peur.