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23/01/2014

Citation extraite du site - J.K et son enseignement.

 On ne reconnaît que ce que l'on connaît déjà, donc lorsque nous déclarons avoir eu une expérience nouvelle, elle n'est pas du tout neuve.

 

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04/01/2014

"BRILLER DE SA PROPRE LUMIERE" (3)

Extrait du livre.

"S'affranchir de la douleur."

page 206

Un auditeur :

Nos idées préconçues sont des barrières ; il nous faut les examiner pour nous en défaire et cela peut prendre du temps.

KRISHNAMURTI :

Monsieur, voir qu'on souffre de la solitude et se rendre compte qu'on veut s'en échapper sont des actes instantanés. Le fait de ma  solitude et celui de mon refus de l'affronter, je peux les percevoir immédiatement. Et je peux aussi voir instantanément que les barrières que je découvre en moi ne sont, en vérité, que des moyens de fuir ma solitude, dans laquelle je dois pourtant entrer, que je ne peux pas éloigner de moi.

Notre difficulté, voyez-vous, est que nous sommes attachés aux objets vers lesquels nous fuyons. Ils sont devenus si importants, si extraordinairement respectables ! Et nous nous imaginons que si nous cessions de participer à cette respectabilité, Dieu seul sait ce qui arriverait ! Donc notre attachement à la respectabilité devient suprêmement important, et non le fait qu'il faut comprendre la solitude, ou toute autre chose, complètement.

02/01/2014

"BRILLER DE SA PROPRE LUMIERE" (2)

Extrait du livre.

S'affranchir de la douleur.

page 201

Un Auditeur :

Lorsqu'on souffre, il est inévitable que l'on veuille trouver un remède.

KRISHNAMURTI :

Monsieur, ainsi que nous le disions l'autre jour, nous voulons mener une vie agréable. Nous ne cherchons pas à modifier ce qui est agréable, nous voulons que notre plaisir dure jour et nuit, indéfiniment, et craignons tellement de le voir disparaître ou s'altérer, que nous n'osons pas y toucher, ni même l'effleurer d'un souffle. Nous nous y accrochons, nous nous cramponnons à ce qui nous délecte, nous donne de la joie, du plaisir, des sensations, comme aller à l'église, à la messe. Cela nous stimule, nous donne l'impression de nous rapprocher de l'essence des choses, et nous voulons demeurer dans ce sentiment.

Pourquoi ne pouvons-nous pas vivre aussi intensément avec la douleur sans chercher à y porter remède ? L'avez-vous jamais essayé ? Avez-vous jamais essayé de vivre en compagnie d'une douleur physique ? Ou dans du bruit ?

...

01/01/2014

"BRILLER DE SA PROPRE LUMIERE" - (1)

Extraits du livre.

Comment rompre une habitude.

page 296.

Il n'y a pas de pensée sans passé : la pensée n'est qu'une réaction de la mémoire.

En marge des guerres et de la bombe atomique, il y a, en ce monde, des soi-disant pacifistes qui  ne veulent pas de guerres et parlent d'abolir la bombe atomique - c'est leur idéal.

Mais la bombe n'est qu'un résultat, la conséquence d'un processus historique, déterminé, par nos nationalismes, nos ambitions, nos préjugés, nos distinctions de classe, nos religions.

C'est tout cela qui a produit la bombe, et il est inutile de se quereller autour de cette bombe : il nous faut changer totalement notre mode de vie, notre mode de pensée.

Mais cela personne ne le veut.

Et c'est de cela dont je parle : une révolution totale qui ne soit pas une réaction.

...

29/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (11/11)

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...

Cette personne était censée entrer en contact avec eux sur un autre plan que le plan ordinaire, pour leur transmettre des messages, et ainsi de suite.

Une personne ?

C’est hors de question, voyons !

La personne humaine devient bien trop petite lorsqu’il est question de telles dimensions célestes !

Si vous êtes élevé dans un tel contexte, ou bien vous êtes conditionné, ou bien vous êtes détruit.
Comprenez-vous ce que je veux dire ?

Est-ce que vous m’écoutez tous ?

Et pouvez-vous à présent, vous tous, être cela ?

Comprenez-vous ce je veux dire ?

De telle sorte que vous soyez responsables de la chose la plus sacrée qui soit.

Je ne vois pas d’autre façon de le dire.

Comprenez-vous à quoi je fais allusion ?

Tout cela est diablement nouveau, tellement inédit pour vous !
Comprenez-vous ce que je veux dire ?

Je veux que mon fils puise aux eaux de la vie.
Des eaux profondes, pas des fleuves humains ni des eaux humaines, mais des eaux n’ayant ni commencement ni fin, des eaux incommensurablement profondes.

Je veux qu’il s’abreuve à ces eaux, et cette responsabilité vous incombe.

Et je vous dis :
« Ne jouez pas sans fin sur le terrain traditionnel. »

A vous de trouver une autre voie. C’est cela la créativité, ne croyez-vous pas ?


Fin de la causerie

27/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (10/11)

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Ecoutez-moi bien.

Etant enfant, j’ai été élevé dans la tradition hindoue dès l’âge de huit ans ; père et mère se conformaient aux règles de l’orthodoxie la plus stricte, menant une vie très simple, méditant, fréquentant le temple.

Puis, je fus adopté, ainsi que mon frère, par des gens qui disaient :

« Le Maître nous prédit que ce garçon va être etc., etc. »

Ils élevèrent l’enfant avec un soin jaloux, veillant sur lui, ne le laissant jamais seul afin que nul ne puisse le corrompre.

Il fut l’objet d’une attention extrême. Puis tout cela cessa, et ils déclarèrent alors : « Voici le futur Instructeur du Monde ».

Ce n’était pourtant qu’un garçonnet de quatorze, quinze ans, qui ignorait tout de ces choses-là.

Comprenez-vous ce que je dis ?

Elles entraient par une oreille et sortaient par l’autre : je n’ai pas été conditionné – ni en tant qu’hindou ni en tant que théosophe.

Pourtant ils affirmaient que ce Maître, qui est éternel – et que sais-je encore – allait parler par ma bouche.

Vous comprenez ?

Une personne devenait la traduction vivante de toutes leurs croyances.

Saisissez-vous ce que je veux vous dire ?

à suivre...

26/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (9/11)

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...

Il manque cette étincelle de divin, cette étincelle d’éternité – peu importe comment on nomme son origine.

Cette étincelle, peut-elle jaillir soudain en nous ? Sinon, nous ne ferons que jouer sur le ton de la tradition.

Je ne dis pas que cela ne soit pas nécessaire, mais cet ordre primordial fera défaut. C’est ce qui se passe en général.

J’essaie de vous faire comprendre que ces deux voies sont inadéquates à mes yeux.

Je vous dis : « Pour l’amour du ciel, sortez de cette maudite ornière, car dès l’origine, l’humanité n’a cessé de vouloir produire des êtres humains qui allaient réformer la société, l’améliorer.
Mais j’estime que cela ne suffit pas.

Cela ne m’ouvre pas, ne me libère pas le coeur, cela ne donne à mon cerveau aucun espace largement ouvert - voilà tout !

Alors je me dis : »Mon dieu, mais comment obtenir ce résultat ?" Et il y va de ma responsabilité de l’obtenir, et de faire en sorte que cette autre dimension soit mise en acte ici même. Je créerai alors une école à nulle autre pareille.

Certes il est nécessaire de travailler en tenant compte des voies traditionnelles de l’enseignement, mais je ne veux pas que mes racines soient de ce côté-là.

mes racines, j’ignore où elles sont, peut-être n’en ai-je pas du tout — c’est peut-être cela, la vraie réalité.

Et parce que je suis sans racines, c’est au firmament entier que je m’ouvre.
Est-ce que vous comprenez ?
Que puis-je dire d’autre à ce sujet ?
On ne peut donc pas appartenir à ces deux camps.

Mais cela signifie-t-il que l’on tienne la source éternelle ?

à suivre...

25/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (8/11)

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...

C’est au sein de cette sphère que se fait notre éducation et c’est plus ou moins dans la même sphère que nos contacts se nouent.

Alors, je me le demande, est-il possible d’entrer dans une autre dimension, celle d’où jaillissent des miracles ?

Ne sursautez pas au mot de « miracle » - nous disions plutôt : une dimension d’où surgit quelque chose de neuf ?


Je ne sais trop comment dire.
Mais voyons – tout cela, l’homme l’a vécu.

« Je veux découvrir cette dimension, ou cet état qui est la source de toute vie » – voilà ce que dit tout bon scientifique.

Moi, je formule les choses différemment : je parle de ce d’où vient et à partir de quoi commence toute chose.

Cette dimension, c’est à vous de la découvrir.
Pouvons-nous, tous ensemble, y accéder ?

Sinon, nous continuerons à suivre les mêmes ornières familières du « bien ».

Pouvons-nous, tous ensemble, accéder à cette nouvelle dimension, à cette nouvelle approche – au lieu de coller à la tradition ?

Ce n’est pas en devenant de plus en plus juste, ou bon, ou de plus en plus attentionné, que je pourrai avancer.

On peut avoir une école de tout premier ordre, selon les critères traditionnels.
J’entends par là qu’on y trouve des gens vraiment exceptionnels, vraiment bien, au sens le plus profond, le plus large – et pas seulement au sens bourgeois – des gens qui ne tueront jamais, etc.

Mais c’est encore trop peu.

à suivre...

24/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (7/11)

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...

J’ai essayé – je le dis – les deux voies traditionnelles au sein de l’école.

J’ai tout essayé, mais je ne suis satisfait ni de l’une ni de l’autre de ces deux voies.
Elles ne m’insufflent pas la flamme, la passion, l’élan, le feu.

Si elles m’apportent quelque chose, j’en reste cependant toujours au rôle de réformateur social.

Or c’est la passion qu’il me faut, afin de pouvoir créer à partir de cette passion.

Si nous discutons ici de tout cela, c’est pour pouvoir en fin de compte découvrir la réponse.
Nous devons définir clairement le problème et le mettre devant nous.

Le problème est le suivant : nous avons constamment oeuvré — et nous oeuvrons peut-être encore – dans cette Sphère d’inspiration humaine.

à suivre...

22/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (6/11)

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...

« Discerner » au sens d’entrer en contact avec la chose - il ne s’agit ni de spiritualisme ni de mysticisme, ni de tout ce fatras, non ce n’est pas du tout à cela que je fais allusion.

Je reconnais ces deux dimensions comme étant d’origine humaine, et par conséquent tout à fait incomplètes ; existe-t-il donc une chose qui ait une complétude absolue ?

Et cette chose, mon esprit est-il capable d’entrer en contact avec elle, de la capturer, de la regarder en face ?

Ce que les hindous nomment brahman – cet état qui advient lorsqu’on renie totalement ces deux dimensions marquées du sceau de l’homme — en est l’une des traductions.

J’exprime les choses à ma manière, qui n’est pas la leur — les hindous ont leur propre terminologie, leur propre mode d’expression.

Les chrétiens – les vrais, pas les chrétiens de pacotille – ont dit, eux aussi, à leur manière, que l’homme devait transcender tout ce dont il est question ici.

Voilà pourquoi je m’interroge, comme si j’étais en position de maître à élève face à vous.


à suivre...

21/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (5/11)

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...

Voilà pourquoi je demande si c’est toujours à ces deux premiers niveaux que nous fonctionnons.

Nous rejetons la guerre, la haine, l’antagonisme et tout le reste, mais ce, vers quoi nous tendons de toutes nos forces porte encore l’empreinte de l’homme.

Or, il existe une autre énergie qui, elle ne doit rien à l’homme.

J’ai beau pratiquer la méditation, m’exercer à être quelqu’un de bien, à vouer aux autres un amour absolu, tout cela. Quelle est votre réaction, que ressentez-vous ?

Vous connaissez l’univers de la guerre – gardons ce terme pour l’instant. Et vous connaissez l’univers du bien.

Nous savons ce que sous-entendent ces deux univers. Et comme nous l’avons souligné, ils sont tous deux nés de l’homme, ce sont donc des univers matériels, matérialistes.

Et l’homme est depuis toujours en quête de quelque chose qui transcende le matériel, qui transcende ces deux univers.

Car ils sont loin d’être satisfaisants. Un individu profondément intelligent ne saurait s’en contenter,
de toute évidence.

D’où la question que se pose cet individu : « Existe-t-il une sphère dans laquelle les choses issues de l’homme n’aient qu’un rôle mineur ? ».

Les deux autres sphères, je les connais très bien.

Je les ai fréquentées, j’en connais tous les rouages subtils, tous les problèmes, et je sais aussi tout le mal, toutes les souffrances et toutes les affections qui leur sont liées.
Je les connais très bien, et elles sont peu satisfaisantes.

Non que je sois en quête de satisfaction ou de gratification, mais tout cela se résume à une si mince affaire.

Ce que je veux, c’est voir l’immensité du firmament – pas le petit pan de ciel conçu par l’homme.

Pouvons-nous, tous ensemble, discerner cela ?

à suivre...

20/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (4/11)

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Mary Zimbalist : Suggérez-vous que les deux champs en question émanent tous deux de l’homme ?

Krishnamurti : Oui, oui.

M. Z. : Alors que cette autre chose, au contraire

K. : N’est pas issue de l’homme.
Est-ce que vous saisissez ?

Et je crois que nous pouvons entrer en contact avec cette chose, et que lorsque ce contact aura lieu, chacune de nos actions en sera transformée.

En fait, ce que je dis là, c’est ce que disent les gens religieux, mais sous d’autres formes – je ne parle pas des scientifiques, ni des artistes, mais des individus profondément, authentiquement religieux.

Pas des saints – les saints ont été fabriqués de toutes pièces par l’homme – mais de ceux qui sont allés au-delà de ces deux domaines traditionnels.

Or, j’en suis convaincu, si nous parvenons à ouvrir une voie d’accès à cette autre chose, elle agira. Elle est aussi réelle que l’atmosphère, que la structure même de la guerre, du mal, de la destruction, aussi réelle que tous ceux qui s’efforcent d’être bons et justes, aussi réelle que les Quakers ou que sais-je encore – cette chose est aussi réelle que tout ceci.

Est-ce que vous saisissez ?

à suivre...

19/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (3/11)

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...


J.K : Ce ne sont pas là des impressions.

Prenons un exemple : la guerre, avec son cortège de haine, existe, n’est-ce pas ?

Elle n’a pas disparu, la menace plane.
Ce n’est pas juste une impression : elle existe réellement. La haine – la brutalité, la violence, la tuerie – plane dans l’air ambiant, rôde dans les foyers. Elle existe.

Les armées préparent la guerre, les gouvernements font de même, elle existe donc bel et bien.

Que cela passe ou non par l’ignorance – elle existe.

Et il y a aussi un territoire où le bien – gardons ce terme pour l’instant – existe.
Il y a ceux qui sont authentiquement religieux, au bon sens du terme, et qui refusent de tuer. Cela existe aussi.

Ces deux catégories existent donc. Et il y a quelque chose qui les transcende l’une et l’autre.

Cette chose, je ne veux pas encore la nommer, mais seulement l’explorer.

Je déteste parler de cela, mais les faits sont là ; ces deux camps traditionnels existent.
L’homme dédie la plus grande part de son temps et de ses capacités au camp de la haine, de l’antagonisme, de la guerre, etc. Et il en réserve une petite partie – mais pas la totalité – à ce camp du bien.

Ses capacités sont plutôt orientées vers le premier que vers le second. Et puis il existe une énergie – elle existe forcément, mais elle n’appartient ni à un camp ni à l’autre, car ils sont tous les deux sous le contrôle de l’homme.

N’avez-vous pas vous-mêmes constaté les faits ?

Les guerres qui se succèdent aux quatre coins du monde depuis des siècles et des siècles ont créé une certaine atmosphère – n’est-ce pas ? Mais il s’est aussi trouvé des hommes bons et justes, et cela a également créé une certaine atmosphère.

Ces deux camps, ces deux territoires sont dans le périmètre de la perception humaine, des capacités humaines.

Et nous essayons de quitter le premier territoire pour passer dans l’autre – celui du bien. Nous essayons de passer de l’un à l’autre, mais il me semble que nous restons toujours au niveau traditionnel.

Or je veux passer à autre chose.

Nous avons épuisé nos énergies sur ces deux territoires, et je crois qu’il existe une autre dimension qui peut, si nous y avons accès, nous fournir une énergie qui n’appartient ni à l’un ni à l’autre des deux champs précédents.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

à suivre...

18/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (2/11)

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J.K : Sommes-nous toujours dans la ligne de cette tradition ? Je ne sais pas, je pose simplement la question.
Certes on peut repousser les limites de la tradition, élargir des traditions trop étroites, mais on reste toujours dans le même domaine, celui de la tradition. Notre action s’effectue-t-elle dans ce cadre restreint de la tradition ?

Un instant, accordez-moi juste un instant pour que je puisse y voir plus clair.
Se pourrait-il, au contraire, que notre action touche une dimension qui échappe à toute tradition ?

Si nous pouvions en arriver là, alors on pourrait soit recourir à la tradition soit ne pas y recourir – et les conséquences seraient tout autres.
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.
Je cherche les mots pour me faire clairement comprendre.

Voyons – puis-je me permettre d’être quelque peu traditionnel ?
Je n’aime guère dire cela, mais voilà, il faut le dire : il existe, partout dans le monde, une tradition qui est valable. Elle est en voie de destruction, mais elle existe et elle a un poids immense.

Et il existe une autre voie, qui n’est pas de même nature, et que nous qualifierons de « sainte » pour l’instant – bien que je déteste ce terme.
Ne soyez pas obnubilés par ce mot. On a donc ces deux courants, l’un, traditionnel, est étranger à toute notion de sainteté, l’autre en est imprégné : pouvons-nous puiser à cette source-là ?
Est-ce que vous me comprenez ?

Car cette source, quand on y puise, a des effets étonnants. Je me demande si le message passe entre nous ? Ces propos semblent-ils insensés ?

à suivre...

17/09/2013

J.K - "... aux enseignants" (1/11)

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Dans cet extrait, qui comportera plus d'une dizaine de pages publiées jour après jour, J.K s’adresse, lors des rencontres de Saanen (Suisse) en 1974 aux enseignants de l’Ecole de Brockwood Park en Grande Bretagne.

Ces entretiens ont été publiés sur ce site en Août 2007.


J.K
: COMPRENEZ-VOUS CE DONT JE PARLE ?



(…). D’autre part, travaillons-nous toujours dans la ligne traditionnelle ?

Je ne dis pas que ce soit le cas, je pose simplement la question.

Savez-vous à quoi je fais allusion quand je parle de ligne traditionnelle ?

Je songe à tout ce qui est absolument nécessaire : être plein de bonté, avoir le souci de l’autre, donner de son temps à chaque élève – les examens, eux, étant nécessaires ou non en fonction de l’élève.

Je songe aussi à la nourriture, à la qualité d’accueil, etc.

C’est tout cela que je qualifierais volontiers de traditionnel – et cela,

toute équipe d’enseignants intelligents et modernes est désireuse de le réaliser.

à suivre...

16/09/2013

KRISHNAMURTI - L'esprit et la pensée (6/6)

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L'ego est un problème que la pensée est incapable de résoudre.

Il est impératif qu'intervienne une prise de conscience qui ne procède pas de la pensée : il suffit simplement que l'on soit conscient des activités de l'ego, sans les condamner ni les justifier. Car, si votre prise de conscience est orientée vers un objectif - celui de découvrir comment résoudre le problème, ou de vouloir le transformer et obtenir un résultat -, on ne sort toujours pas du cadre de l'ego, du "moi". 

Tant que nous courons après un résultat, en tablant sur l'analyse, la vigilance, l'examen successif de chacune de nos pensées, nous restons confinés dans la sphère de la pensée, c'est à dire dans la sphère du "moi", du "je", de l'ego.

15/09/2013

KRISHNAMURTI - L'esprit et la pensée (5/6)

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...

Cela ne peut évidemment se faire que lorsque ce processus de pensée - qui a sa source dans le "moi", dans l'égo, dans cet arrière plan de traditions, de conditionnements, de préjugés, d'espoir, de désespoir - a cessé d'exister.

Nous est-il possible de comprendre cet ego, non en l'analysant, mais en voyant les choses telles qu'elles sont, en en prenant conscience en tant que fait, et non en tant que théorie - sans faire de la dissolution de l'égo un but en soi, mais en voyant d'un regard lucide les agissements de ce "moi" perpétuellement en action .

Pouvons nous le regarder, sans le moindre geste susceptible de la détruire ou de l'encourager ? Là est toute la question, n'est-ce pas ?

Si, en chacun d'entre nous, il n'y a pas de centre, s'il n'y a plus de "moi" - avec sa soif de pouvoir, de réussite sociale, d'autorité, et cette aspiration à se perpétuer, à se préserver -, c'est la fin assurée de nos problèmes !

à suivre...

14/09/2013

KRISHNAMURTI - L'esprit et la pensée (4/6)

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...

Plus on réfléchit à un problème, plus on l'"examine, plus on l'analyse, plus on en débat, plus il se complique. Est-il possible de le regarder de manière pleine et entière ? Et comment cela est-il possible ?

Là réside, à mon sens, notre difficulté majeure. Car nos problèmes ne font que se multiplier - que l'on songe au danger d'une guerre imminente, ou aux perturbations de tous ordres qui affectent nos relations -, comment appréhender tout cela de façon extensive et globale, et en avoir une vue d'ensemble ?

Evidemment, le problème ne peut être résolu que si nous pouvons l'embrasser dans sa totalité - et non par fragments isolés. Dans quelles circonstances cela est-il possible ?

 

 à suivre...

13/09/2013

KRISHNAMURTI - L'esprit et la pensée (3/6)

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...

C'est effectivement l'un des problèmes, n'est-ce pas ?

La pensée peut-elle résoudre nos problèmes ? La réflexion est-elle la clé des problèmes ?

A-t-on jamais résolu un problème - qu'il soit d'ordre économique, social ou religieux - en y réfléchissant ?

Dans votre vie de tous les jours, plus vous pensez à un problème, plus il devient complexe, hasardeux et flou. La réalité quotidienne de notre existence n'en témoigne-t-elle pas ?

Certes, en réfléchissant à certains aspects du problème on peut envisager plus lucidement le point de vue de l'autre, mais la pensée est incapable d'embrasser de façon globale et complète toute l'étendue du problème, elle ne peut en avoir qu'une vision partielle, or une réponse partielle ne résout pas pleinement le problème : telle n'est donc pas la solution.

 

à suivre ...

12/09/2013

KRISHNAMURTI - L'Esprit et la Pensée - (2/6)

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...

Tant que cet arrière-plan, ce processus de pensée, ce "moi" qui est à la source du problème n'ont pas été appréhendés, tant qu'il n'y est pas mis fin, nous sommes voués au conflit de toutes parts : en nous, au-dehors, au coeur de nos pensées, de nos émotions et de nos actions.

Nulle solution, de quelque ordre que ce soit, si astucieuse, si élaborée soit-elle, ne peut mettre fin au conflit qui dresse l'homme contre son semblable, qui sévit entre vous et moi.

Lorsque nous prenons acte de la situation, que nous prenons conscience de la façon dont jaillit la pensée et d'où elle tient sa source, une question s'impose à nous ; "La pensée peut-elle jamais prendre fin ?".

                                                  

à suivre...

11/09/2013

KRISHNAMURTI - L'Esprit et la Pensée - (1/6)

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Extrait de causeries publiées chez Stock - "le livre de poche"

2001 pour la traduction française.

 

Londres le 7 avril 1952

Qu'est-ce que penser ?

Lorsqu'on dit : "Je pense", que veut-on dire au juste ? Quand sommes-nous conscients de ce processus de la pensée ?  Assurément, c'est lorsque nous sommes confrontés à un problème, à un défi, à une question, ou que nous sommes en situation de friction : là, nous en prenons acte en tant que processus conscient.

Je vous en prie, ne m'écoutez pas comme un conférencier débitant son discours !

Examinons plutôt, vous et moi, les modes de fonctionnement de notre pensée, qui sont les outils dont nous nous servons dans la vie quotidienne.

J'espère donc qu'en ce moment même, vous observez le fonctionnement de votre pensée, au lieu de vous contenter de m'écouter - ce qui est inutile.

Nous n'arriverons à rien si vous vous contentez de m'écouter, au lieu d'observer vos propres processus mentaux, au lieu d'être attentif à votre pensée et d'observer comment elle naît, comment elle prend corps. Nous essayons ici, vous et moi, de voir ce qu'il en est de ce processus de la pensée.

La pensée est une réaction, cela ne fait aucun doute. Si je vous pose une question, vous y répondez en fonction de votre mémoire, de vos préjugés, de votre éducation, du climat et de l'environnement dans lequel vous avez baigné et qui participent de votre conditionnement - vous répondez et vous pensez en fonction de tout cela.

Si vous êtes chrétien, communiste, hindou ou que sais-je encore, tout cet arrière-plan réagit et répond à travers vous, et c'est évidemment de ce conditionnement que naît le problème.

Le noyau central de cet arrière-plan est le "moi" agissant.

                                                                                                                           à suivre...

03/09/2013

KRISHNAMURTI - La Vérité est un pays sans chemin 2/2

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti

"la racine de toute peur" -


... grâce à la connaissance de soi nous commençons à découvrir et à comprendre les causes de la peur -

Non seulement des peurs superficielles, mais de toutes les peurs accumulées, les peurs profondes, originelles.

La peur est à la fois innée et acquise; elle est liée au passé, et pour délivrer de la peur notre système de pensée-perception, le passé doit être compris à travers le présent.

Le passé ne cesse de vouloir donner naissance au présent qui devient la mémoire identificatrice du "moi" et du "mien", du "je".

L'égo est la racine de toute peur.

11/06/2013

KRISHNAMURTI - La Vérité est un pays sans chemin 1/2

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti

"La racine de toute peur"
-

... car tout devenir porte en lui le germe de la peur.

La dépendance par rapport aux objets, aux personnes ou aux idées a pour origine l'ignorance, l'absence de connaissance de soi, la pauvreté intérieure;

la peur suscite l'incertitude dans notre univers mental et affectif, bloquant toute communication et toute compréhension.

Grace à la connaissance de soi nous commençons à découvrir et à comprendre les causes de la peur -

21/02/2012

KRISHNAMURTI - L'amour (3)

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti

"Tant que nous possédons, nous n'aimons pas" - 3/3


...

Les pensées surviennent lorsque vous êtes perturbé - et vous ne pouvez faire autrement que de l'être, tant que vous confondez vos pensées avec ce que vous appelez l'amour.

Assurément l'amour n'est pas une chose de l'esprit; et c'est parce que les choses de l'esprit envahissent depuis toujours notre coeur que nous n'aimons pas.

Les choses de l'esprit, ce sont la jalousie, l'envie, l'ambition, le désir d'être quelqu'un, d'accéder à la réussite.

Votre coeur est empli de toutes ces choses de l'esprit, et c'est alors que vous dites aimer;mais comment pouvez-vous aimer en ayant dans le coeur tous ces facteurs de confusion ?

Quand il y a de la fumée, comment peut-il y avoir  flamme pure ?

20/02/2012

KRISHNAMURTI - L'amour (2)

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti

"Tant que nous possédons, nous n'aimons pas" - 2/3


...

Nous ne connaîtrons cet autre état d'amour que lorsque cesseront la jalousie, l'envie, la possessivité, la domination; et tant que nous posséderons, jamais nous n'aimerons...

Dans quels moments pensez-vous à la femme aimée ? Vous y pensez quand elle est partie, qu'elle est loin de vous, qu'elle vous a quitté...

La personne que vous dites aimer vous manque donc seulement lorsque vous êtes perturbé, en proie à la souffrance; mais tant que vous possédez cette personne, vous n'avez pas besoin de penser à elle, parce que dans la possession rien ne vient vous perturber...

...

19/02/2012

KRISHNAMURTI - L'amour (1)

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Extraits d'entretien avec J. Krishnamurti

"Que signifie pour vous l'amour ?" - 1/3


L'amour est l'inconnaissable. Il ne peut être appréhendé que lorsque le connu est compris et transcendé.

Seulement lorsque l'esprit est libéré du connu, alors seulement sera l'amour.

Nous devons donc aborder l'amour en le définissant "en négatif", à partir de ce qu'il n'est pas, et non le contraire.

Qu'est-ce que l'amour, pour la majorité d'entre nous ?

...

08/02/2012

(4) - Un petit garçon s'adresse à J.KRISHNAMURTI;

 

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Mais la responsabilité de ce monde brutal et destructeur n’est pas son affaire ;

il est de la responsabilité des personnes plus âgées.

Ce qui relève de notre affaire, c’est de veiller à ce qu’il soit éduqué de façon juste

- pas simplement à passer quelques examens stupides,

à ajouter quelques lettres après son nom,

qui lui permettent d’obtenir un emploi dans un pays surpeuplé comme celui-ci.

Notre affaire est de veiller à ce qu’il ait vraiment une bonne éducation,

de sorte que intellectuellement et dans ses sentiments, il devienne mûr.

Il ne deviendra pas mûr en lisant des livres et en recueillant les idées d’autres personnes,

mais en étant intellectuellement libre de penser,

d’observer,

de raisonner objectivement, avec précision, sainement.

Cette éducation est quelque chose de total, de tous azimuts,

pas uniquement la culture de la mémoire.

Cela signifie qu’il sache qu’il est en contact avec la nature,

avec les arbres, avec les oiseaux, les fleurs, avec la rivière

- et parce qu’il est en contact avec la nature, il est en contact avec les êtres humains.

Alors, peut-être, pourra-t-il créer un monde qui ne soit pas destructeur, qui ne soit pas brutal.

 

Collected Works - VARANASI - 3ème causerie aux étudiants - 17 décembre 1967

07/02/2012

(3) - Un petit garçon s'adresse à J.KRISHNAMURTI;

 

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Si je vous aime parce que vous me haïssez,

ou si je vous aime parce que vous me donnez de la nourriture, des vêtements et un abri,

ou parce que vous me donnez du plaisir, psychologique ou sexuel, y a-t-il amour ?

Alors à la question qu’a posée ce jeune garçon,

savoir si l’on peut être honnête dans ce monde malhonnête

- il découvrira la bonne réponse quand il sera complètement honnête avec lui-même.

Alors, cela n’aura pas d’importance,

qui est honnête ou qui est malhonnête.

 

Collected Works - VARANASI - 3ème causerie aux étudiants - 17 décembre 1967

04/02/2012

(2) - Un petit garçon s'adresse à J.KRISHNAMURTI;

 

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Il demande : si on est honnête et que les autres sont malhonnêtes, que doit-on faire ?

On ne peut pas faire n’importe quoi envers un autre.

Ce que l’on peut faire, c’est d’être honnête en dépit de la malhonnêteté autour de soi.

Si vous êtes honnête parce que d’autres sont honnêtes, c’est malhonnête,

car alors votre honnêteté est une chose rentable,

qui conduit à votre progression, et ainsi vous devenez malhonnête.

Messieurs, dans ce pays, comme ailleurs, il y a beaucoup de corruption,

à la fois intérieurement et extérieurement ;

mais quand on n’est pas corrompu intérieurement,

aucun niveau de corruption extérieure ne peut toucher cette qualité intérieure de l’esprit qui n’est pas corrompu.

.../...

 

 

02/02/2012

(1)- Un petit garçon s'adresse à J.KRISHNAMURTI

 

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Interlocuteur : Monsieur, si un homme est honnête et que les autres sont malhonnêtes,

comment peut-il continuer dans un pays brutal et destructeur ?

 

Krishnamurti : Comment peut-on être honnête, si l’autre est malhonnête ?

- Et comment peut-on être honnête dans un tel pays brutal et destructeur ?

Demande un petit garçon.

Est-ce que vous comprenez l’implication de cette question ?

Ce petit garçon est préoccupé par son avenir, l’avenir que vous, de l’ancienne génération, avez construit.

Vous êtes responsable de ce monde brutal et destructeur,

et ce garçon dit : « Dois-je grandir dans cela ? »

Donc déjà pour lui il y a le désespoir et la peur de faire face à ce monde monstrueux

que l’ancienne génération a construit.

 

Je crois que vous devriez avoir les larmes aux yeux.

.../...


Collected Works - VARANASI - 3ème causerie aux étudiants - 17 décembre 1967